Une partie du pont Morandi (80 mètres), situé sur l'autoroute A10 qui mène à la frontière avec la France, s'est écroulée vers 11h30 ce mardi à Gênes, en Italie.  Plus d'une trentaine de véhicules ont basculé dans le vide, plusieurs conducteurs se sont retrouvés coincés sous les débris. Le bilan provisoire s'élève à 35 morts à l'heure où nous écrivons cet article.

Le viaduc en question, construit en 1967, était un tronçon à péage, géré et entretenu par une société privatisée en 1999. Plusieurs rapports avaient établi qu'il était mal conçu et usé par le trafic.

Nous publions ci-dessous la traduction des premières réactions du Parti Communiste (Partito Comunista) en Italie et de son Secrétaire Général, Marco Rizzo, publiées sur les réseaux sociaux, qui pointent clairement du doigt la gestion par la société privée et exigent l'expropriation et la renationalisation de toutes les grandes infrastructures routières.

Article et traduction NK pour Solidarité Internationale PCF
 

Sur l'affiche du PC, on peut lire "LES VIES DE TOUS, LES PROFITS DE QUELQUES UNS" - Les privatisations tuent encore, personne ne contrôle les grandes infrastructures. L'Italie s'effondre sur la vie de ceux qui travaillent pour remplir les poches de ceux qui spéculent. Il faut immédiatement un plan d'entretien extraordinaire de la part de l'État - NATIONALISATION IMMÉDIATE


Déclaration du PC :

DÉSASTRE DE GÊNES

Il semble que 25 millions d'utilisateurs par an passaient sur ce maudit pont. Il s'agissait de l'une des routes à péage les plus chères. Combien de milliards d’euros ont été empochés par les sociétés privées, sans qu'évidemment ils ne tiennent compte de la sécurité? La tragédie est similaire à celle qui s’est produite dans les Marches en 2017. Ces "seigneurs du marché" privatisent leurs profits en répercutant les dangers et l'insécurité sur l'ensemble de la population. Parfois, ce ne sont même pas des sociétés multinationales, mais des «maîtres» italiens, prouvant que le problème ne réside pas dans la souveraineté mais dans le marché. Le problème est le capitalisme. Les grandes infrastructures doivent être expropriées et nationalisées. Il faut établir un plan d'entretien majeur (également sur tout le territoire) qui garantirait la sécurité et des centaines de nouveaux emplois, brisant toutes les contraintes de compatibilité de l'UE. Récupérons les biens volés. Pour ce faire, nous avons besoin de l’État. Pour ce faire, nous avons besoin du socialisme.

 

Déclaration de Marco Rizzo, secrétaire général du PC :

CATASTROPHE DE L'A10, PAS UNE FATALITÉ MAIS DES RESPONSABILITÉS PRÉCISES

Tout d'abord, je voudrais exprimer mes condoléances aux familles des victimes de cette catastrophe, mais elles ne sont pas le résultat de l'impondérabilité de la nature. Les causes générales sont dues aux processus de privatisation des infrastructures stratégiques. En particulier, ce tronçon d'autoroute est l'un des plus payants et des plus rentables. Pour qui ? Pour les sociétés privées qui gèrent les autoroutes. C'est à dire, pour ceux qui avaient et ont encore l'obligation d'effectuer un entretien extraordinaire et aussi des remplacements (les ponts sont reconstruits quand ils sont vieux). Le problème, comme toujours, c'est le profit. Désormais, en dehors de la responsabilité pénale, le gouvernement doit exiger des dommages-intérêts de "leurs seigneurs" et résilier le contrat de privatisation afin de restituer à la gestion publique les sections rentables des infrastructures (celles qui ne génèrent aucun revenu étant restées publiques). Qui sait si le "changement" passera aussi par Gênes?

 

 

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