Le début des travaux de la 20ème Rencontre internationale des Partis communistes et ouvriers, qui s'est ouverte le vendredi 23 novembre à Athènes, a été marqué par un important discours prononcé par le Secrétaire général du Comité Central du Parti communiste de Grèce, Dimitris Koutsoumbas.

Ci-dessous vous pouvez lire la transcription complète de son discours :

Nous vous souhaitons la bienvenue à la 20ème Rencontre internationale des Partis communistes et ouvriers, ici à Athènes, dans la ville où les Rencontres internationales ont commencé il y a 20 ans, à l'initiative de notre Parti.

Nous sommes aujourd'hui devant vous, en fêtant un siècle de vie et d'action. Nous sommes fiers à juste titre des 100 années honorées et héroïques du KKE.

Parce que nous continuons vigoureusement, avec détermination, sur les traces des morts héroïques et honorables de notre Parti, qui ont donné le plus précieux bien de l'homme, leur propre vie, à la lutte pour que la vie triomphe.

Le Parti a résisté de manière héroïque à tous les tournants de la lutte de classe; dans les années dures d'illégalité, de persécution, d'exécutions, d'emprisonnement, ainsi que dans les années de légalité bourgeoise au cours des 44 dernières années.

Il s'est tenu debout face au grand recul  historique de la contre-révolution de 1991, jusqu’aujourd’hui. Il a trouvé la force à tenir tête.

En montant pas à pas la côte de la reconstruction.

En recherchant les causes qui ont conduit à la victoire de la contre-révolution, en étudiant et en discutant les premières préoccupations de 1996, jusqu'au travail collectif, qui a mis cet effort en évidence, au 18ème Congrès sur les causes générales du renversement de la construction socialiste au 20ème siècle, sur la base surtout de l’expérience de l'URSS.

En étudiant page par page les documents du Parti, les archives historiques, afin de composer cet évolution magnifique, avec les victoires et les défaites, les sauts et les reculs, les erreurs et les faiblesses, ainsi que l'héroïsme sans égal de 100 années entières.

Chers camarades,

Même si les sirènes de la réaction et de l'opportunisme chantent la fin de l'histoire, la fin de la classe ouvrière et de son mouvement, ils sont réfutés par la vie.

La classe ouvrière, tôt ou tard, sera à la hauteur de son rôle historique, de sa mission historique; l'abolition définitive de l'exploitation de l’homme par l'homme et la construction de la société socialiste et communiste.

C'est parce qu'elle a la force associée à la production industrialisée concentrée, ce qui résulte en vertus telles que la collectivité, la discipline consciente, la résistance incomparable aux difficultés, éprouvées dans les grandes luttes de classe.

La Commune de Paris et la Révolution d'Octobre sont les exemples lumineux qui inspirent nos luttes, ainsi que les milliers de travailleurs dans notre pays qui ont donné leur vie, qui sont venus en avant et ont enduré de nombreuses difficultés au cours de ces 100 ans jusqu’à nos jours.

Des batailles, qui ont laissé leurs traces indélébiles sur le mouvement ouvrier grec, au cours de la lutte de classe.

Avec de leçons positives, et bien sur avec des faiblesses, que nous devons étudier, du point de vue de l’avant-garde ouvrière, du développement de la lutte de classe dure.

La classe ouvrière n’acquière pas cette position spontanément; ceci n’est possible que par la théorie révolutionnaire et l’action du Parti communiste, à savoir de son avant-garde consciente et organisée.

Chers camarades,

L'existence d’un programme révolutionnaire, la confiance dans l'idéologie du marxisme - léninisme et de l'internationalisme prolétarien, les principes de création d’un Parti de nouveau type, l'étude raffinée de notre expérience historique, constituent sans aucun doute des armes contemporaines, nous accordent un rôle prééminent, mais la question est de savoir comment nous les utilisons de manière créative et ciblée dans notre action et effort quotidiennes.

Il ne suffit pas d’apprécier la valeur des luttes ouvrières pour des revendications immédiates et le rôle du Parti dans celles-ci. Le critère d’évaluation tient à la contribution ou non au progrès de la conscience politique. Le critère de progrès est le développement de la construction du parti dans les lieux de travail et la composition sociale du parti, la composition par âge et la participation des femmes. Le critère est la montée constante du niveau théorique, politique et organisationnelle du Parti, l’amélioration de la capacité de diriger et de se connecter à la classe ouvrière, du CC à l’Organisation de Base du Parti.

Il ne faut pas que les tâches quotidiennes complexes nous distraient de la question principale et fondamentale, c'est-à-dire de faire un travail d’infrastructure, pour que le Parti soit préparé, pour qu’il ne soit pas pris au dépourvu dans les courbes et les virages serrés, pour qu’il ait toujours la capacité de prévision et d'adaptation rapide sans perdre son objectif principal.

Il est impossible de suivre de manière complète le développement de notre travail, de l’évaluer de manière exigeante, de voir et de corriger en temps utile les erreurs et les omissions, si nous n’avons pas également acquis  au niveau individuel la capacité d’évaluer le facteur subjectif, en prenant en compte les conditions objectives spécifiques aussi, les conditions qui existent indépendamment de notre volonté,de notre propre intervention.

L’expérience grecque et mondiale confirme que, sauf dans les cas où des conditions d’une situation révolutionnaire ont été créées et la classe ouvrière avait pris et avait gardé - aussi longtemps qu’elle avait gardé- le pouvoir, l’influence idéologique-politique et la force du parti ne correspondaient pas à son action militante d’avant-garde dans la lutte, à sa cohérence, son désintéressement et son offre avec d'innombrables sacrifices, au fait que ses prévisions, ses avertissements au peuple sont généralement confirmés.

Ce n'est pas quelque chose d’étrange. La classe ouvrière ne crée les conditions pour la domination de l'idéologie du socialisme que quand elle conquiert le pouvoir politique et à mesure que la construction socialiste avance.

Cela ne signifie pas que le KKE perçoit de manière passive sa propre responsabilité de contribuer au développement de la conscience politique de la classe ouvrière. La nécessité que le Parti fasse face à et se débarrasse au plus vite de ses propres faiblesses, lacunes et erreurs, c’est une chose; avoir l'illusion que la conscience socialiste puisse dominer dans les conditions du capitalisme en est une autre. L’exigence du Parti envers soi-même, l’examen critique et autocritique des résultats de son action ne peuvent pas être effectués  selon les mêmes critères, du même point de vue des partis bourgeois, des partis qui ont accepté de lutter dans les limites du système capitaliste ou qui propagent dans les masses que c’est possible que le capitalisme soit réformé et transformé en socialisme.

Ce qui est primordial pour le KKE, c'est de savoir si ses liens se développent et se renforcent, en mettant l’accent sur les usines, les grands centres bourgeois, les secteurs d'importance stratégique.

Nous rejetons des classifications et des inventions idéologiques qui obscurcissent l’essence de classe, dissimulent la ligne de démarcation entre les deux classes principales, la classe bourgeoise et la classe ouvrière.

Le KKE se batte pour que la lutte de classe prenne la direction du renversement du système capitaliste, et dans cette direction, il cherche à lier la lutte de toutes les couches de la classe ouvrière et des couches populaires de la classe moyenne pour l’amélioration des conditions de travail et de vie.

L'objectif de notre effort quotidien est l’émergence dans la pratique de la classe ouvrière en tant qu’avant-garde révolutionnaire et pas seulement d’une avant-garde dans les luttes syndicales, de pousser autant de couches populaires de la classe moyenne que possible à une action commune et à une alliance avec la classe ouvrière,pour que l'alliance sociale soit exprimé en termes massives, autant que possible.

Nous sommes conscients que le mouvement ouvrier et ses alliés en Europe et en Grèce se trouvent dans une phase de recul relatif, d'insatisfaction et d'immobilité relative, malgré les fréquentes manifestations de crise économique.

La tendance à la perte de leur caractère massif et à la modification de l’orientation de classe a été créée pendant de nombreuses années, bien avant la restauration capitaliste en URSS et dans d’autres pays de construction socialiste, principalement du fait de la gestion social-démocrate.

L'eurocommunisme a été l'un des principaux canaux par lequel le capitalisme d'Europe occidentale, à l’aide de la démocratie sociale qui était son bras droit,a frappé fortement le mouvement syndical ouvrier, en entraînant son recul progressif, même sa dégénérescence. Des luttes ont eu lieu, mais elles n’étaient pas en mesure de modifier de façon positive le rapport des forces, l'inverse s'est produit au niveau européen.

En Grèce, une partie importante des travailleurs, des masses populaires sont« fatiguées » ou déçues parce que les luttes syndicales n'ont pas apporté de résultats immédiats.

Une autre partie continue d'attendre, en vain bien sûr, que les mesures barbares cessent, dans l'espoir qu'un changement puisse se produire d'en haut.

L’approche des demandes réduites prévaut. Ces entraves  sont « tissées » autour du travailleur, du salarié, du travailleur indépendant pauvre et du paysan dès les premiers pas de sa vie, et sont bien sûr fermement renforcées dans le lieu de travail, tandis que la conscience est préparée en vue de considérer le capitaliste comme celui qui donne le travail, qui distribue des revenus.

La peur et l'illusion, l'apathie et la déception reflètent l'incapacité de comprendre la relation entre l'économie et la politique, le caractère de classe des partis; elles reflètent l’ignorance ou les semi-connaissances sur ce qu'est le système capitaliste et comment il fonctionne, sur le rôle révolutionnaire de la classe ouvrière; elles reflètent les illusions parlementaires établies. En effet, il y a des responsabilités dans le mouvement communiste international ainsi que dans notre Parti, qui n’ont pas pu en temps opportun se désengager du réseau bourgeois d'intégration, en participant ou soutenant des majorités parlementaires et des gouvernements bourgeois.

Il ne suffit pas de faire du travail idéologique et de l’édification à l'occasion de ce qui se passe dans l’actualité, sous la forme de répétition des slogans généraux et des positions de la stratégie révolutionnaire, sans vitalité, combativité, sans enrichissement à travers des développements.

La présentation de nos positions sous forme d’axiome ou de critique générale aux autres partis, comme une leçon venue d’en haut, n'attire pas,puisque tous les autres partis sont sur une voie à sens unique tandis que nous suivons une voie complètement différente qui exige un engagement volontaire et des sacrifices,et ceci dans une période de victoire de la contre-révolution dans les pays socialistes.

Tout semble être contre nous, alors que l’évolution du capitalisme aujourd'hui produit beaucoup plus de preuves de la nécessité de l’objectif stratégique du KKE concernant le socialisme; de plus l'histoire a démontré la nécessité de la correction des erreurs du passé, non seulement dans la stratégie du Parti communiste, mais au niveau international.

Le traitement de la stratégie nécessite l'unité de la théorie et de la pratique. Mais ce n'est pas une tâche facile que cela devienne l’affaire de l’avant-garde communiste, une guide pour l'action et le développement des masses ouvriers-populaires plus larges.

Nous ne faisons preuve de complaisance à l’égard du fait que nous avons réussi à naviguer avec succès entre le Scylla du bourgeoisisme et le Charybde du réformisme, de l'opportunisme, et de tenir notre parti debout par l'action continue, la présence quotidienne dans les luttes et les développements politiques, car aujourd’hui les conditions d'action et les exigences sont particulièrement compliquées et complexes.

Notre élaboration programmatique et surtout notre position politique ont provoqué l’attaque systématique contre le Parti, non seulement par l'ennemi de classe, mais par l'opportunisme aussi. Elle est insidieuse et élaborée, puisque ses acteurs ne peuvent pas utiliser les arguments provocateurs primitifs, utilisés dans la période de ‘90-’91, quand ils avaient cru que la victoire de la contre-révolution a été la chance or pour le mouvement communiste de «se débarrasser» du marxisme-léninisme ou maintenir quelques idées marxistes sans leur caractère socialiste révolutionnaire.

Depuis 2012, l'opportunisme a choisi de nous affronter ayant pour arme principale la déception et l'inquiétude sur le résultat électoral négatif et la forte hausse de SYRIZA. Ayant pour ligne un faux espoir que SYRIZA en particulier pourrait bloquer l’attaque antipopulaire, ils ont tenté d'attirer le KKE vers la ligne de la coopération politique gouvernementale, des réformes et de la soi-disant sortie de la zone euro, avec un gouvernement composé des forces politiques prétendument « de gauche ».

Il a attribué à la ligne du parti et à son Statut la manque d’un tel déplacement, du regroupement, dans une période où le parti avait en effet enregistré des pertes électorales qui ont un caractère politique et idéologique. L'opportunisme a promu un tel choix comme indispensable, à cause de la corrélation négative; il soutenait qu'il deviendrait le tremplin pour son changement, en accusant le KKE pour un manque de tactique. Bien sûr, à l’époque, on n’avait pas encore relevé complètement les relations étroites de SYRIZA avec les centres impérialistes.

Bien sûr, l’opportunisme a une base sociale, qui est la formation d’une aristocratie ouvrière étendue, aussi à cause de l'expansion des entreprises de l'état, de l'expansion des scientifiques et des artistes salariés, des enseignants, des travailleurs aux médias etc. L’aristocratie ouvrière forme la tendance de compromis avec le rival de classe, de la recherche des solutions politiques dans le système, l'opportunisme dans le mouvement ouvrier lui-même, dans le parti de la classe ouvrière. C’est pour cela que la lutte contre l'opportunisme est une condition préalable pour la préservation du caractère ouvrier révolutionnaire du parti, dans toutes les périodes et dans toutes les phases de la lutte des classes, de la corrélation des forces.

De cette lutte, de sa cohérence et sa capacité Idéologique et politique, de sa cohérence organisationnelle dépend la non-décommunisation des partis communistes.

L'expérience dans l'Europe capitaliste, en Amérique Latine, a montré que quand un PC décide de participer à un gouvernement de gestion, au nom d’un choix transitoire, il a déjà lié ses propres mains, même s’il n’est pas lié par un accord officiel ou s’il a proclamé la préservation de son autonomie. Aucune garantie n’est donnée par des engagements écrits ou pas. Les lois du marché capitaliste ne dépendent pas des accords politiques. Il y a de l’expérience négative par la participation de quelques mois du parti aux gouvernements bourgeois en 1944 et en 1989.

Si on n’a pas conquis de réfléchir et de juger chaque problème politique et chaque phénomène économique et politique, p. ex. la manifestation d’un scandale, d’un nouveau parti etc., ayant comme critère la relation entre l’économie et la politique, il y a une séparation du problème par la nécessité de lutter contre le capitalisme ; cette nécessité n’est pas entendue par une grande partie de la classe ouvrière aujourd’hui, ce qui est justifié.

Le critère essentiel pour identifier la position des forces sociales dans le conflit se trouve dans l’aggravation de la contradiction essentielle du capitalisme : d’une côté, la socialisation de la production, du travail, l’homme en tant que la force productrice la plus importante, et de l’autre côté, l’appropriation individuelle du produit, sur la base de la propriété individuelle des moyens de production. Cette contradiction est la matrice de toutes les contradictions du système et doit être donc l’axe qui détermine le Programme du Parti.

Bien sûr, la classe ouvrière en total ne prend pas conscience de cette contradiction du système capitaliste. Au contraire, la classe ouvrière adopte l’idéologie bourgeoise que le moyen de production capitaliste et le moyen capitaliste d’organisation de toute la société est le plus élevé historiquement, ainsi il ne peut pas être remplacé.

C’est un aspect du pouvoir capitaliste, qui est imposé non pas seulement avec la violence du patronat et de l’état, mais aussi avec la manipulation idéologique et politique (l’éducation, les médias, l’église, les mécanismes des partis bourgeois, des mécanismes de l’état qui sont liés aux masses, tels que ceux de l’Administration Locale, les organisations semi-étatiques (comme les NGOs), même à travers des organisations syndicales qui sont intégrées au système (p.ex. GSEE, ADEDY). La manipulation idéologique de la classe ouvrière se reflète à sa conscience politique perverse, à son attachement politique aux partis bourgeois ou aux partis provenant de ses lignes mais ultérieurement deviennent bourgeois.

Ainsi, la corrélation des forces politique reflète toujours la dominance de la bourgeoisie ; elle l’exprime aux organes de son pouvoir – le parlement se trouvant entre elles – et fixe des procédures, comme les élections, pour désigner ses organes.

Un vrai changement de la corrélation des forces signifie qu’une partie importante de la classe ouvrière, aussi à cause de l’impotence du pouvoir bourgeois, a brisé les liens de la manipulation idéologique bourgeoise.

Le problème de la corrélation des forces est aussi jugé par le cours de maturation de la conscience politique de la classe ouvrière, dans des conditions non-révolutionnaires, au moins pour le PC, mais aussi par le regroupement ouvrier populaire autour du parti, qui ne cesse à révéler et à confronter le capital, les monopoles, le système politique bourgeois, les lois, les structures de la justice et de l’oppression, les perceptions dominantes dans l’éducation, religieuses et morales, les unions impérialistes transnationales de l’UE et de l’OTAN.

La considération critique et autocritique exigeante de la performance et du cours de l’efficacité du facteur subjectif, de notre parti, ne peut pas se faire séparément par la corrélation internationale de la lutte des classes, qui a pris une tournure dramatique et négative avec la victoire de la contre-révolution dans des pays de la construction socialiste. Bien sûr, des ruptures dans la dominance du capitalisme, avec les crises, les guerres, les antagonismes, se concentrent et forment prospectivement des nouvelles conditions, des opportunités qui demandent que le mouvement communiste soit préparé.

Le progrès de la lutte des classes, de la force motrice des développements positifs, ne dépend ni des trucs, ni des tactiques, ni du soi-disant réalisme de la fatalité, ni de l’angoisse pour les taux électorales ou pour la substitution du mouvement, par des « instantanés » et « happenings » soi-disant révolutionnaires. Il dépend par l’intervention organisée et orientée pour l’organisation des forces ouvrières et populaires de l’avant-garde.

L’objectif est le développement du parti par les ouvriers et les ouvrières qui sont à l’avant-garde, son renouvellement avec des jeunes, l’augmentation des femmes organisées. Aussi, le recrutement des militants les plus bons parmi les couches populaires des agriculteurs, des travailleurs indépendants, des scientifiques et des artistes salariés. Un travail spécial systématique est nécessaire, n’importe si on se trouve dans une période de luttes ou de stagnation. Ni l’augmentation des lignes du parti n’apporte automatiquement de luttes plus fortes. Il y a une interaction, mais elle est systématiquement et avec un plan, avec des tâches combinées, avec des critères et des moyens, et non pas de manière spontanée et mécanique.

Une vraie altération de la corrélation entre les deux classes rivales ne peut que se manifester par un regroupement de masse au parti de la classe ouvrière, et par le conflit, l’affaiblissement apparent et l’incapacité des mécanismes bourgeois, des institutions bourgeoises et de leurs gouvernements de fonctionner.

La corrélation internationale négative commencera à être frappée dans la mesure où au niveau nationale se développera la lutte des classes, elle aura une direction anticapitaliste et anti-monopole et s’opposera décisivement à la politique de la sortie par la crise et aux choix stratégiques de l’UE.

Il est aussi notre responsabilité de limiter – dans la mesure où cela est en notre pouvoir – les réserves du capitalisme, de lui trimmer les opportunités, de le frapper, de ramasser des forces pour la contre-attaque et le renversement.

La route de la force du parti est déterminée par des critères combinés ; il y en a quelques qui jouent un rôle plus décisif que d’autres, ils sont liés à la nécessité pour le regroupement du mouvement ouvrier, la promotion de l’Alliance Sociale anti-monopole – anticapitaliste, la lutte pour le socialisme-communisme.

La classe ouvrière est la plus responsable pour le niveau de l’orientation et de l’action commune avec ses alliés. Le niveau et l’ampleur de l’alliance seront jugés dans chaque phase par la capacité du mouvement ouvrier de résister à la pression exercée par les couches petite-bourgeoises et à leurs hésitations.

Un critère est aussi la tolérance dans des conditions d’intimidation par le patronat et l’état, de violence, de crise économique capitaliste et de guerre impérialiste. Le dynamisme constant de la lutte quotidienne qui est déterminé par la stratégie du parti puisse être une bonne graine qui portera des fruits, tôt ou tard.

Devant les élections à venir, notre slogan d’offensive est celui que nous avons déjà promu, qui est le besoin de renforcer le KKE, afin de renforcer l’opposition ouvrière populaire à la politique bourgeoise, à la politique de l’UE considéré comme une voie à sens unique, soit dans des conditions de crise économique capitaliste, soit dans des conditions d’une certaine reprise du capitalisme grec, dans des conditions de cohérence de l’UE, soit grande ou petite.

Le regroupement du mouvement ouvrier-syndical concerne le renforcement davantage du mouvement de classe, du PAME qui constitue la conquête la plus importante pendant les dernières décennies pour la classe ouvrière et notre mouvement, qui est à la première ligne des luttes des ouvriers et de la promotion de l’alliance sociale. Le regroupement concerne aussi le changement de la corrélation des forces aux élections des syndicats et l’organisation de la lutte pour les problèmes aggravés, afin que les forces de classe cohérentes deviennent la majorité ; mais en même temps, il est une question de compréhension de la nécessité pour l’organisation en masse et la participation aux syndicats, au mouvement, ainsi qu’une question sur la ligne de lutte qui domine dans le mouvement syndical.

Nous croyons fermement que la vue que le mouvement ouvrier, le mouvement populaire en général, ne doit pas prendre position à la question du gouvernement et du pouvoir, parce qu’il s’agit d’un mouvement de masse et doit garder une ligne neutre est erronée et dictée par les bourgeois et les opportunistes. Pour eux, la neutralité est la coopération des classes, le partenariat social, la reconnaissance de la priorité du capital contre la force ouvrière, la logique que la politique de l’UE est une voie à sens unique. Les capitalistes, leurs représentants politiques et technocrates accusent les luttes comme politiquement motivées, dangereuses et perturbatrices, parce que supposément elles ne tiennent pas compte du fait que les travailleurs supportent plusieurs partis ou même tous les partis. Pourtant, le contexte de la notion « politisation »  est liée à l’objectif de la politisation dont le noyau est le renversement du pouvoir du capital.

La question si les travailleurs doivent choisir à s’unir face à leurs problèmes immédiats ou pour le pouvoir ouvrier populaire est un dilemme trompeur, qui sépare la lutte intentionnellement, afin de la compromettre et la battre. Dans la mesure où la plupart de la classe ouvrière a de la conscience politique, la lutte pour les problèmes immédiats a de la chance pour empêcher le pire ou détacher le meilleur.

C’est une question de stratégique et de tactique, qui ne sont pas séparées l’une de l’autre, mais la dernière est déterminée par la première quant à sa flexibilité.

Aujourd’hui, nous pouvons dire avec sûreté : l’esprit pour la résistance et la contre-attaque n’est pas totalement battu. Cet esprit existe et n’a pas été frappé malgré les efforts systématiques qui ont été faits. Cet esprit ne s’éteindra pas grâce au KKE et aux forces radicales qui existent et se rallient au mouvement. Même si la corrélation reste négative, la dynamique du KKE existe toujours, liée à son expérience de longtemps, aux leçons prises, mais aussi à la capacité de résister aux pièges de l’intégration.

C’est aussi un serment de foi à notre peuple, aux peuples de tout le monde, à la classe ouvrière internationale, qui mène les mêmes luttes dans tous les pays et tous les continents, afin que la possibilité d’une société vraiment supérieure socialiste-communiste devienne enfin, une fois pour toutes, une réalité.

 

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