Meeting du TKP le 10 mars 2019 à Istanbul

Meeting du TKP le 10 mars 2019 à Istanbul

Interview réalisée par la revue américaine « Liberation News », reprise du site du TKP, 19 mars 2019, traduction ML pour « Solidarité internationale PCF – vivelepcf ».

Aux élections locales du 31 mars 2019, le TKP présente des candidats dans les 81 provinces de Turquie, dans 85 districts et dans plusieurs villes. Considérant qu’il est le seul parti représentant réellement les travailleurs, il a choisi comme slogan : « Nous ne sommes pas dans le même bateau ». Dans les trois plus grandes villes du pays, le TKP présente des femmes au poste de maire.

Interview à "Liberation News" de la candidate du PCT (TKP), Zehra Güner Karaoğlu, aux élections municipales du 31 mars 2019 à Istanbul-Métropole.

LB : Le parti communiste de Turquie (TKP) s’engage aux élections municipales sous les mots d’ordre « Contre le règne de l’argent, le peuple dispose du TKP » et « Nous ne sommes pas dans le même bateau ». Il présente des candidats malgré la répression, les atteintes à la liberté d’expression auxquelles les forces progressistes et révolutionnaires font face en Turquie. Pouvez-vous nous donner les motifs principaux de votre participation aux élections municipales ?

ZGK : Pour le TKP, les élections sont une partie de la lutte des classes. Beaucoup de partis capitalistes y participent. Le TKP veut se battre pour les droits et les intérêts des ouvriers et de tous les travailleurs et montrer qu’ils ne sont pas condamnés, dans notre pays, à subir la loi des patrons. Nous voulons intensifier, organiser et étendre la lutte que nous menons contre la classe capitaliste en gagnant des voix au parti de classe ouvrière. Nous sommes le seul parti, dans ces élections, qui appelle à renverser cet ordre des choses.

LN : Dans beaucoup de grandes villes aux Etats-Unis, la dégradation des conditions de vie des travailleurs, l’accès au logement social, à l’éducation, à la santé constituent les enjeux principaux. La situation est-elle similaire à Istanbul et quelles sont les propositions du TKP sur ces sujets ?

ZGK : Oui, nous connaissons des attaques similaires contre la classe ouvrière. Nous pensons que le travail municipal communiste doit partir des droits des gens. Le transport est un droit, le logement est un droit, l’accès à l’eau est un droit, l’éducation, l’accès aux soins sont des droits. Et ces droits ne peuvent pas s’acheter et se vendre.

Nos objectifs principaux seront d’assurer au peuple travailleur des logements sains et solides, l’accès à l’éducation, des transports publics accessibles et fiables, aussi des espaces de repos et de loisirs pour les temps de congés. La défense et l’extension des parcs publics, face à l’attaque liée à la « gentrification » ne peuvent être réalisées que par les luttes menées par les communistes dans les assemblées locales.

LN : Un autre sujet majeur chez nous, c’est le détournement des procédures et des structures locales par les capitalistes recherchant des contrats préférentiels et des allègements d’impôt. Comment le TKP aborde-t-il la question éthique dans la gestion d’un gouvernement local ?

ZGK : Le TKP mène une lutte contre les municipalités qui gèrent leur ville comme une entreprise lucrative avec le maire comme PDG. Pour nous, une ville, ce n’est pas une entreprise et les agents municipaux ne sont pas une variable à exploiter. Une autre question, c’est l’exigence de transparence. Le TKP vise à gérer les mairies avec la participation, organisée, des habitants. C’est la base d’un modèle de gestion transparente.

LN : Qui sont les principaux opposants du Parti aux élections municipales ? Comment le Parti se distingue-t-il dans son intervention des autres forces qui, du moins dans les mots, se réclament de la défense des droits sociaux pour les travailleurs ?

ZGK : Comme vous l’avez cité dans votre première question, nous pointons que nous ne sommes pas dans le même bateau que les capitalistes. Notre tâche est facilitée parce que les partis en lices à ces élections ont gouverné les municipalités pendant des années et ont été incapables de régler les problèmes rencontrés par les travailleurs qui habitent dans ces villes. Alors que les problèmes d’urbanisme croissent de façon exponentielle, les travailleurs sont confrontés à l’augmentation du coût de la vie et au chômage. En outre, dans leur stratégie électorale, ces partis se retrouvent dans diverses alliances contre nature. Beaucoup de gens savent ce que sont des alliances sans principes. Le fait que le TKP ne fasse pas de compromis sur ses principes, sur sa ligne programmatique nous rend très faciles à distinguer des autres. En outre, le TKP est le seul parti qui porte les valeurs et l’expérience progressistes du pays. Le TKP est le seul parti de gauche à ces élections. Notre travail est plus facile qu’à d’autres élections.  

LN : Qu’est-ce qui constituerait un succès pour le TKP ? « Gagner » seulement ? Ou bien le Parti anticipe-t-il que la campagne va créer une base plus forte pour de prochaines luttes ouvrières, indépendamment du résultat des urnes ?

ZGK : Nous pouvons dire que le TKP a déjà gagné avant même la tenue des élections. Pendant notre campagne, nous nous sommes fait beaucoup d’amis et de nouveaux camarades. Cela n’empêche pas que nous voudrions aussi améliorer notre résultat lors du vote. Nous voulons faire monter la lutte pour le socialisme dans notre pays. Nous voulons renforcer la barricade que le Parti est en train de construire contre le système capitaliste. Bien sûr, le chemin pour y arriver passe par l’accroissement du nombre de ceux qui luttent pour les intérêts historiques de la classe ouvrière.

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