La pandémie du coronavirus : signe indéniable de l’incapacité du système capitaliste à garantir à l’humanité des conditions de santé dignes des possibilités de notre époque

La pandémie du coronavirus a fait exploser l’accumulation des méfaits et de l’incurie du système capitaliste.

Les désastres provoqués par le coronavirus met à mal l’idéologie bourgeoise de glorification du capitalisme. Il a mis en lumière l’incapacité de ce système à défendre sérieusement les hommes contre les aléas de la nature, l’insolence de la gabegie spéculative de ces bourgeoisies parasitaires mus par la recherche de la plus forte rentabilité de leur magot. Les conséquences de la privatisation des services publics se manifestent à grande échelle.

La victoire de la contre-révolution en URSS a fragilisé les conquêtes sociales des travailleurs dans le monde qui ont subi la contre-offensive réactionnaire du capital. L’URSS et le camp socialiste disparus, le chemin était libre pour sa domination mondiale .

Le capitalisme va régner en maître sur tous les pays du monde, sauf à Cuba et en Corée du Nord. Il va imposer sa néfaste politique de super-enrichissement des monopoles capitalistes à tous les peuples de la terre. A la faveur de la privatisation quasi-totale de l’économie y compris des services publics, ce sont des milliards de dollars qui vont être distribués par les gouvernements en place et qui vont aller dans les poches des patrons sans contre-partie. Tous les peuples vont payer le prix fort de cette politique. Ils vont subir des conflits armés à répétition, des guerres multiples pour conquérir de nouveaux marchés dont les conséquences sont les massacres, la pauvreté, l’exode de millions d’hommes à travers le monde. Cette recherche de profits nouveaux va aiguiser encore plus les contradictions inter-impérialistes pour la conquête de nouveaux territoires, la spoliation et le contrôle de leurs richesses.

La chute du mur de Berlin avait provoqué une beuverie idéologique nauséabonde. On a proclamé haut et fort la fin de l’histoire, la victoire définitive du capitalisme sur socialisme, etc. Mais voilà, les faits sont têtus, tout ce tintamarre n’a pas fait disparaître la crise systémique du capitalisme, bien au contraire, la crise s’est lourdement. aggravée.

Le coronavirus n’a fait que dévoiler les conséquences désastreuses d’un système économique à bout de souffle. Le capitalisme était déjà dans une crise profonde. Toute cette politique réactionnaire et néfaste pour les peuples éclate au grand jour. Ce n’est pas le coronavirus qui a provoqué la crise, la chute des bourses mondiales, etc. La pandémie n’a fait qu’accentuer le désastre économique du capitalisme qui s’est traduit par la baisse de la production et des échanges.

L’effondrement des cours du pétrole. Tombé à 30 dollars le baril, la plupart des pays producteurs vont recevoir de plein fouet une chute drastique de leurs revenus, entraînant une incapacité à alimenter leurs budgets déjà moribonds. Notre pays est dans ce cas.

Le système capitaliste mondial rentre dans une période de turbulence majeure pour de long mois.

La bourgeoisie qui gouverne est inquiète. L’enfumage par toute la ploutocratie et ses médias pour faire avaler la pilule aux peuples, tourne à plein régime. Il faut sauver le système à tout prix, les morts ne sont pas leurs premières préoccupations. On veut faire passer les conséquences financières de la crise sur le dos des travailleurs et des plus démunis. La priorité est donnée aux entreprises. Des milliards de dollars sont injectés dans l’économie. Ils vont surtout dans la poche des patrons. 1000 milliards de dollars par ci, 2000 milliards de dollars par là et encore 8000 milliards de dollars en plus, des sommes faramineuses subitement disponibles, mais on se garde bien de dévoiler l’origine de toute cette manne sortie du chapeau. Ces sommes-là sont prévues uniquement pour les capitalistes des pays dominants.

L’égoïsme invétéré de ces pays prime toujours. C’est une de leurs qualités premières.

Ce n’est pas le coronavirus qui a mis les États gérés par le capitalisme dans l’incapacité à répondre aux besoins sanitaires de leur population. Ce sont bien les privatisations des services de santé et de protection sociale, la baisse des investissements dans les hôpitaux, un choix délibéré des gouvernements bourgeois depuis des décennies, qui ont eu pour conséquence la liquidation des bases de la protection des populations et de la diminution des moyens matériels nécessaires à l’hospitalisation des malades. On a assisté à la fermeture d’hôpitaux, de centres de santé, à la suppression de milliers de lits et de postes, etc. Cette politique de casse de la santé publique a touché tous les pays, à commencer par les pays capitalistes les plus riches.

La bourgeoisie court derrière le profit maximum avant toute considération sociale. La santé et la protection sociale sont le parent pauvre de l’économie capitaliste.

La situation d’aujourd’hui est gravissime, mais le coronavirus ne provoque pas les mêmes conséquences selon qu’il s’agit de pays riches ou de pays pauvres, ou et surtout des travailleurs.

Dans les pays capitalistes les plus riches, le coronavirus vient à point nommé. Leurs dirigeants occupent la télé en permanence pour se justifier sous un torrent de bla bla bien rodé et se dédouaner de leur responsabilité dans la situation désastreuse causée par la politique menée pendant des dizaines d’années.

Les larmes de crocodiles à l’œil, on leur donnerait le bon dieu sans confession. Ils implorent le peuple de les aider à résoudre « ce problème venu d’ailleurs ». C’est le coronavirus qui est responsable. Ils ne perdent pas le nord. Leur premier souci est de limiter les pertes des capitalistes et de préparer l’après virus. Il faut sauver coûte que coûte les « entreprises » de la faillite. On les arrose de plusieurs milliards de dollars sans contre-partie.

Quant aux travailleurs qui sont en première ligne dans ce combat, qui travaillent dans des conditions terribles, souvent sans protection, on leur donne des miettes et sous prétexte de sauver le pays, on leur demande de travailler plus et on s’attaque à leurs droits sociaux.

Le coronavirus n’a pas effacé la lutte des classes. Bien au contraire c’est une guerre de classe sans précédent.

Pour les pays pauvres, se sera un drame inimaginable. C’est tout le continent africain, un milliard trois cent mille habitants et certains pays asiatiques qui vont vivre la pire des catastrophes. 80% des populations de ces pays sont dans un état endémique de pauvreté et vivent dans des bidonvilles, sans eau potable et sans conditions sanitaires correctes. Les économies de ces pays sont en crise insoluble. L’état de délabrement des populations africaines n’est pas un fait dû au hasard ou un phénomène inconnu tombé du ciel. Depuis plus de quatre siècles, les peuples africains ont eu les pires conditions de vie. Tout d’abord l’abominable traite de millions d’hommes et de femmes et ensuite la colonisation de tout le continent, puis l’instauration du capitalisme dans tous les pays. Les peuples africains n’ont connu et vécu que sous domination de puissances étrangères. Les indépendances n’ont rien changé. Mais quand on entend un homme d’État oser dire que « les Africains ne sont pas entrés dans l’histoire », c’est monstrueux

Aujourd’hui, c’est toujours le cas sous une autre forme, le néo-colonialisme. Non seulement la situation ne s’est pas améliorée, elle s’est encore aggravée et même devenue plus dangereuse. Le FMI et la Banque Mondiale, bras financier international de l’impérialisme, ont provoqué un véritable séisme économique. Les pays africains sont tous dans un état de décomposition économique. Pour s’en sortir, ils ont demandé l’aide du FMI et de la BM. Mais pour obtenir le moindre centime, ces deux organismes vont exiger des conditions économiques draconiennes de domination. Les économies sur le budget, vont se faire au détriment de toute la protection sociale. Une fois le prêt accepté, le pays est enchaîné pour de nombreuses années. Par ce stratagème les puissances impérialistes prennent possession du pays. Avec leurs multinationales le pillage peut continuer.

Vu l’état de délabrement des hôpitaux et des services de santé dans toute l’Afrique, le coronavirus va se répandre en Afrique sur un terrain favorable et sans obstacle. C‘est une véritable bombe sanitaire à retardement prête à exploser. Les dirigeants africains ne possèdent aucun moyen suffisant pour répondre aux besoins sanitaire de leur population. L’Afrique est à quelques encablures des pays nantis et le coronavirus n’a pas de frontières.

Que dire du peuple palestinien martyr où l’occupant a le droit de vie ou de mort ? Ils n’ont rien pour se défendre contre le coronavirus. L’armée israélienne a détruit leurs hôpitaux et leurs centres de santé. On empêche même l’entrée des médicaments dans les territoires des Palestiniens. Va-t-on les laisser mourir sans que la « communauté internationale » réagisse ? L’ONU va-t-elle enfin obliger Israël à prendre en charge la santé des Palestiniens comme l’exigent les lois internationales ? Israël doit être condamnée pour crime contre l’humanité.

Dans notre pays, nos hôpitaux et notre service de santé sont dans un état de délabrement avancé. La politique de casse du secteur public hospitalier a commencé en 1980 sous la présidence de Chadli Benjedid, porté au pouvoir par les fractions droitières du régime juste après la mort, dans des condition suspectes, de Boumediène. Puis, dans les années 90 et 2000, ce fut le grand saccage sur tous les fronts. Fermeture ou bradage des entreprises d’Etat, régression de notre industrie naissante et des services publics de santé. Quatre cent mille travailleurs jetés à la rue. Les margoulins patrons et affairistes de tous bords se sont jetés sur le magot. L’argent a coulé à flot.

Le coronavirus risque de faire des ravages dans notre pays, vu l’ampleur du délabrement sanitaire organisé depuis 40 ans. Nos dirigeants partent à l’étranger pour se faire soigner et bien sûr aux frais de la princesse.

Nos travailleurs les plus conscients regardent vers Cuba. Fidel Castro n’est jamais parti à l’étranger pour se faire soigner et un petit pays de seulement 12 millions d’habitants, soumis à un embargo meurtrier depuis plus de 60 ans, a pu lancer une des meilleures politiques de santé dans monde. Ce n’est pas malheureusement chez nous que l’on peut envoyer des médecins aider des pays en difficulté sanitaire. Nos médecins fuient le pays parce qu’ils n’ont pas des conditions acceptables de travail. Ou bien parce que la course à l’enrichissement facile pousse certains d’entre eux à tenter leur chance ailleurs.

Nous en sommes là aujourd’hui. Le hirak n’a pas encore pu changer la situation, la bourgeoisie est toujours au pouvoir. Notre peuple a un seul recours, c’est de continuer le combat contre cette bourgeoisie parasitaire qui tient le pays dans ses griffes depuis trop longtemps, en organisant des comités de lutte partout, dans les entreprises et dans l’administration et construire un véritable parti d’avant garde pour les chasser du pouvoir.

Le FMI et la BM n’occupent pas le pays avec des chars, mais principalement par la corruption ou par l’assassinat de dirigeants hostiles à leurs manigances. Ou carrément la guerre. La bourgeoisie se laisse acheter. Ces bourgeoisies au pouvoir dans les pays africains, inféodées aux puissances impérialistes, ont une grande part de responsabilité du marasme économique de l’Afrique ;

Notre bourgeoisie n’échappe pas à ce constat.

les peuples et les travailleurs du monde entier, ont un seul recours : lutter contre la bourgeoisie parasitaire et la chasser du pouvoir.

Capitalisme dégage ! La seule alternative c’est le socialisme !

A . KADRI

Paru dans l'Alger Républain

le 2 avril 2020

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