KSCM.jpgIntervention du Parti Communiste de Bohême-Moravie (KSCM)


 

« Seule l'adoption de mesures sociales, orientées vers une perspective socialiste, peut nous sortir de la crise »

 

 

Traduction BL pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Intervention de Jaromir Kohlicek, Parti Communiste de Bohême et Moravie

 

 

Chers camarades !

 

Permettez-moi d’abord de vous transmettre les vœux du groupe de la gauche unie du Parlement Européen. Nous ne sommes pas très forts en ce moment – seulement 35 députés sur un total de 736. Nous remercions les deux partis communistes d’Inde pour l’organisation de cette rencontre.

 

Permettez-moi ensuite de rappeler l’échec du dernier gouvernement conservateur tchèque. Celui-ci a été renversé au cours de la présidence tchèque de l’Union Européenne, renversement auquel nous avons participé.

 

Après ces remarques, je me concentrerai sur la question qui nous intéresse aujourd’hui. Les développements récents de l’économie mondiale ont été marqués par une augmentation rapide de l’écart entre les revenus de 90 % de la population et de ceux d’un groupe, de plus en plus réduit chaque année, de gros propriétaires et de grands chefs d’entreprise. Dans les années 1970, le ratio entre les revenus des dirigeants d’entreprise et ceux des travailleurs était couramment de 20 à 1. Au même moment, les valeurs négociées dans les différentes bourses ne représentaient pas plus de deux ou trois fois la valeur réelle disponible.

 

Depuis lors, nous avons vécu la destruction totale du « socialisme réel » en Europe, des révolutions de gauche en Amérique latine et une croissance rapide de plusieurs grandes économies asiatiques. Dans les années 1990, une immense vague libérale a commencé à détruire le modèle social européen et les États sociaux d’Europe centrale et orientale. La vaste expérience consistant à privatiser totalement l’industrie, action qui impliquait aussi la destruction du secteur agricole dans ces pays, s’est alors accompagnée de deux phénomènes principaux. Le premier d’entre eux consiste dans l’augmentation rapide de l’inégalité de revenu entre les dirigeants d’entreprise et les travailleurs. De 1 à 20, le ratio des revenus est passé à 1 à plus de 200.

 

Le montant des valeurs négociées sur le marché a grimpé aux Etats-Unis, approximativement, à plus de dix fois la valeur réelle des propriétés et des marchandises disponibles. En Europe de l’ouest, la différence était elle aussi immense : le rapport était d’environ 1 à 6. Les crises capitalistes cycliques ont été résolues au cours des vingt dernières années grâce à une injection monétaire massive dans la plupart des États développés, en particulier sous la forme de prêts à taux bas. Cette situation a approfondi les problèmes cruciaux de l’économie mondiale et a démontré que l’approche libérale n’est plus capable de résoudre les difficultés qui se multiplient. L’augmentation rapide du nombre de chômeurs et la baisse de la quantité de marchandises échangées au niveau international dénotent l’existence d’une grande crise économique que le système capitaliste ne peut pas résoudre.

 

Il est temps de dire, clairement, que seule l'adoption de mesures sociales autour d'une perspective socialiste peut permettre de stabiliser la situation. Jusqu’à maintenant, la majorité des mesures prises contre la crise consistent en une énorme somme d’argent offerte par les gouvernements nationaux au secteur financier menacé par la banqueroute et en quelques mesures de soutien ciblées sur certaines industries, comme l’industrie automobile. Un certain nombre de pays sont proches de la banqueroute comme, par exemple, la Hongrie, la Lituanie et l’Islande. La quasi-totalité des pays de l’Union Européenne ne seront pas en mesure cette année de remplir les critères de stabilité financière. La plupart des gouvernements sont encore incapables de comprendre que la solution ne réside pas dans l’impôt à taux unique. Cette solution permet à ceux qui bénéficient de hauts revenus de continuer à engranger les profits générés par la politique de l’État, avec un effet positif négligeable pour l’ensemble de l’économie.

 

Au contraire, si le gouvernement décide d’augmenter les bas revenus, l’économie amorce une reprise. Les multimillionnaires qui vont gagner 3 millions au lieu de 2, grâce aux mesures anticrise du gouvernement, ne vont pas consommer plus. De l’autre côté, l’augmentation du salaire minimum de seulement quelques dollars causera immédiatement une hausse de la consommation qui, ensuite, relancera l’économie. Les détenteurs de hauts revenus doivent contribuer beaucoup plus aux budgets nationaux que les bas revenus. Si les gouvernements de la majorité des États ne sont pas capables d’accepter cela, il est temps de les remplacer. Une économie orientée vers le secteur social, soutenant le développement du système éducatif, la science et la recherche : voilà la solution ! Mais cela nécessite de concentrer ses efforts vers la paix et le désarmement et non pas vers la « guerre des étoiles » ou la guerre contre le terrorisme et les « États voyous ».

 

Jetons simplement un coup d’œil sur les États les plus vulnérables. Ils produisent principalement des « produits » pour le secteur tertiaire alors que les secteurs primaire et secondaire ont été supprimés.

 

Conclusion : le temps du changement vient juste d’arriver. Agissons ensemble. C’est la gauche qui peut sauver ce monde. La perspective socialiste approche. Quelles sont les mesures que nous proposons d’adopter dans la situation actuelle ?

 

1) Une coopération étroite des partis de gauche

 

2) Pas d’impôt à taux unique – pour un impôt à taux progressif

 

3) Pas de limitations pour la sécurité sociale et médicale

 

4) Introduction d’une taxe sur le capital financier – la soi-disant taxe Tobin – et élimination des paradis fiscaux

 

5) Accord sur un désarmement général et un règlement pacifique des problèmes internationaux en lieu et place de la guerre contre le terrorisme. Pas de bases militaires étrangères.

 

6) Renforcer la coopération politique et économique régionale.

 

7) Promouvons une coopération économique internationale juste contre les conceptions libérales de la Banque mondiale et de l’OMC.

 

8) Opposons-nous fortement à l’anticommunisme par la présentation de nos propositions claires et réfléchies à tous les niveaux des institutions parlementaires.

 

9) Enfin et surtout, renforçons la coopération avec les organisations de jeunesse, de femmes et syndicales.

 

Site du Parti Communiste de Bohême-Moravie (KSCM): http://www.kscm.cz/

 

 

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