« Convertir des aliments en combustible : un idée sinistre »

Le principe des « agrocarburants » est simple : transformer des produits agricoles (blé, colza, maïs, betterave, canne à sucre) en combustibles pour machines notamment de l’éthanol ou un substitut au gazole.

Fidel Castro l’avait dit le premier…


Fin mars 2007, l’ancien président cubain Fidel Castro a publié une réflexion approfondie mettant en garde contre le danger de crise alimentaire mondiale représenté par ces biocarburants.

Naturellement, son intervention fut accueillie par un concert de ricanements de la part des médias dominants, « le Monde » en tête. Les mêmes consacrent maintenant dossiers sur dossiers au sujet, depuis que des spécialistes ont à leur tour tiré la sonnette d’alarme.


L’analyse précise de Fidel Castro mérite toujours l’attention maintenant que le débat est lancé.

Il dénonce « l’idée sinistre de convertir les aliments en combustible élaborée par les dirigeants des puissances capitalistes développées » qui ferait courir à terme un danger de « mort prématurée pour 3 milliards d’êtres humains ».


Fidel montre d’où part la campagne pour les bio-carburants : de l’administration américaine en lien avec les trusts de l’automobile.


Il met en évidence, chiffres à l’appui, les besoins de céréales et en terres correspondant à l’objectif qu’ils se fixent : 132 milliards de litres pour une diminution de 20% de la consommation d’essence aux Etats-Unis d’ici 2017. Cela représente davantage que toute la production US de maïs.


Les calculs de rentabilité des agronomes sont éloquents : pour produire une unité d’énergie, il faut en dépenser 0,8 en engrais, machines, distillation, etc.  Il faudra faire un choix : celui de l’alimentation humaine ou celui des carburants. La surface agricole utile n’est pas extensible. Les pauvres des pays « pauvres » seront les premières victimes.


En outre, Fidel Castro alertait sur les risques d’explosion du prix des denrées alimentaires sur les marchés mondiaux du fait de l’augmentation colossale de la demande, avec les conséquences que l’on connaît : disette, famine et crise humanitaire.


La crise alimentaire de ces derniers mois, causée en large part par des mouvements spéculatifs, vient donner raison aux inquiétudes formulées par le dirigeant cubain.


Les Etats-Unis et l’Union Européenne, en réaffirmant leur volonté de multiplier les surfaces déjà considérables qu’ils consacrent aux agrocarburants préparent un drame social et humain au niveau planétaire.


Agissons en France contre cette perspective !


Le développement des "bio"carburants n’est pas la solution miracle à l’épuisement programmé des réserves mondiales de pétrole. Il est impératif pour les générations à venir de chercher d’autres issues à l’épuisement des ressources mondiales d’hydrocarbures sous peine de faire face une catastrophe humanitaire mondiale.


La pauvreté et la famine ne sont pas des fatalités mais les conséquences directes d’un système économique inhumain et destructeur qui viole le droit des peuples à l’autosuffisance alimentaire.



En lien, le texte de Fidel Castro
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