Grève générale au Chili

 

Trente mille manifestants défilent dans Santiago

 

Des miliers de chiliens ont participé à la grève générale convoquée par la principale centrale syndicale du pays. Les travailleurs refusent de payer la crise capitaliste, réclament l'augmentation du salaire minimum et exigent l'abrogation de la loi qui empêche ses représentants d'être candidats à des charges électives.


Bien que la journée de grève ait été suivie essentiellement par le secteur public – étant donné que, dans le privé, pèsent encore sur les travailleurs des pratiques et des normes héritées du temps de la dictature de Pinochet – la Centrale Unique des Travailleurs du Chili (CUT) estime que la grève générale de jeudi dernier
[16 avril] a été un succès. A Santiago, la capitale du pays, au moins 30 000 manifestants ont défilé, réparti en quatre cortèges qui ont finalement convergés.

Encore plus important, le fait que les travailleurs aient su résister avec fermeté et sérénité aux provocations policières. Les autorités municipales de Santiago avaient interdit un des parcours passant par le centre-ville. Le fort contingent de carabiniers présent sur place n'a pas hésité à aller jusqu'à l'affrontement avec les manifestants, en leur répondant avec des canons à eau et l'arrestation de 47 d'entre eux. Malgré tout, et bien qu'ils aient été obligés de modifier le trajet, l'extrême majorité des participants sont parvenus à rejoindre le lieu de rassemblement.

Dans d'autres villes du Chili, la CUT a signalé que de nombreux manifestants seraient également dans les rues. Plus de 135 000 personnes ont suivi au total les initiatives qui se sont tenues à Temuco, Valparaíso, Iquique, La Serena, Arica, et dans les régions de Maule ou Biobio.

 

Les forces pour lutter

 

Les patrons doivent maintenant donner et non plus recevoir, a déclaré Arturo Martinez, président de la CUT, dans son intervention de clôture, après la manifestation de Santiago. Ils doivent rendre la part de la plus-value avec laquelle ils se sont enrichis durant toutes ces années”, a-t-il ajouté rappelant le mot d'ordre de la grève générale,“ce n'est pas aux travailleurs de payer la crise”. 

Quand à la table des négociations, le patronat avance comme proposition le gel du salaire minimum, les travailleurs répondent avec la revendication de l'augmentation de ce même salaire mininum. “Le cri du Chili est plus de justice sociale et un salaire minimum décent qui maintienne les gens au-dessus du seuil de pauvreté”, a dit Martinez.

Le président de la CUT a encore une fois exprimé sa volonté d'obtenir l'abrogation de la loi qui empêche les dirigeants et les militants syndicaux d'être élus au Parlement, affirmant que le peuple a les forces pour lutter pour cette juste mesure.

Traduit du portugais pour Solidarité-Internationale par AC, numéro du 23 avril d'Avante: http://www.avante.pt/


Ici un exposé plus détaillé des motifs et des mots d'ordre de la grève au Chili:
Interview d'un dirigeant syndical chilien et militant communiste avant la grève générale  

 

Retour à l'accueil