Non à la libéralisation et à la privatisation de l'énergie

 

Note du Cabinet de Presse des Députés Européens du Parti Communiste Portugais


23 avril 2009

 

Traduction AC pour Solidarité-Internationale-PCF

 

Les députés européens du PCP ont rejeté le paquet énergétique adopté lors de la session plenière de Strasbourg car il vise, dans le fond, à la libéralisation des secteurs du gaz naturel et de l'électricité, en poussant Etats-membres à accélérer le processus de libéralisation et de privatisation de ce qui est, dans certains cas, encore un service public.

 

Cette semaine, la majorité du Parlement Européen a approuvé – avec les votes pour du PS, du PSD et du CDS-PP, et le vote contre des députés du PCP – la dernière phase du processus de libéralisation du secteur de l'énergie.

 

Ce qu'on appelle le « paquet énergétique » vise, dans le fond, à la libéralisation des secteurs du gaz naturel et de l'électricité, en poussant les Etats-membres à accélérer le processus de libéralisation et de privatisation de ce qui est, dans certains cas, encore un service public.

 

Le processus de libéralisation, entamé en 1999, a connu un nouvel élan en 2000 avec ce qu'on a appelé la « Stratégie de Lisbonne ». Avec sa révision, en 2005, a été accéléré tout le processus qui vise à la libéralisation des marchés du travail et des systèmes de sécurité sociale, à l'application des règles de concurrence du marché interne de l'UE aux services publics, et à la libéralisation du commerce international.

 

Les conséquences de la libéralisation du secteur montrent que ce ne sont ni les travailleurs ni les PME qui ont tiré profit de la privatisation de ce service public stratégique pour le pays. Au contraire. Les grandes groupes économiques sont parvenus à dominer ce secteur, formant de grands monoples nationaux et internationaux qui accumulent des profits formidables.

 

Avec la libéralisation et la privatisation du secteur de l'énergie c'est: la diminution des emplois stables; l'augmentation de la précarité; la hausse des prix, dont le poids retombe sur les épaules des couches sociales les plus défavorisées; on bafoue les intérêts et la souveraineté énergétique nationale, on méprise la défense d'un service public de qualité et d'un secteur énergétique qui serve les intérêts réels des populations, le développement et le progrès social ainsi que le développement du Pays.

 

La situation au Portugal

 

C'est une situation scandaleuse qui se vérifie dans les secteurs du gaz et de l'électricité au Portugal, où les familles et les micro-entreprises et les PME continuent à payer des prix bien supérieurs à ceux pratiqués, en moyenne, dans les autres pays de l'UE.



La GALP [ex-entreprise publique spécialisé dans le gaz] et l'EDP [ex-entreprise publique spécialisé dans l'électricité], dominées par les grands groupes économiques portugais et étrangers, ont accumulé des profits fabuleux, aux dépens de la majorité de la population, qui se voit confrontée à l'augmentation régulière de leurs factures énergétiques. Situation d'autant plus scandaleuse que les familles, les micro-entreprises et les PME portugaises rencontrent des difficultés croissantes dues à la dégradation de la situation économique et sociale, dont l'origine est à chercher également dans les politiques de libéralisation et de privatisation des services publics, comme l'énergie.



L'Entité Régulatrice des Services d'Energie (ERSE) a comme seul objectif d'appliquer les dites « règles du marché », tout en cherchant à s'assurer qu'il n'y ait plus aucun contrôle démocratique sur ce secteur stratégique, qui devrait être public et national. Ici aussi, on voit quels intérêts ces soi-disant « entités de supervision » ou « entités régulatrices » défendent et ce qu'on peut espérer de ces entités, tant de fois vantées par l'UE comme la panacée pour réguler le secteur énergétique ou, dans d'autres situations, pour éviter les futures crises financières.

 

Les responsables et l'alternative du PCP et de la CDU

 

Cette situation a des responsables. Le PS, le PSD et le CDS/PP, au gouvernement, à l'Assemblée de la République, au Parlement Européen ou dans d'autres institutions de l'UE, ont appuyé ou impulsé ces politiques.

 

Les votes finaux sur les textes concernant la libéralisation des marchés du gaz et de l'électricité, le paquet énergétique, pendant cette session plénière du Parlement Européen le démontrent.

 

Les députés du PS, du PSD et du CDS/PP ont voté pour le paquet de libéralisation de l'énergie, comme il l'avait déjà fait auparavant à propos de la « Stratégie de Lisbonne ». Ils peuvent bien essayer de cacher leurs responsabilités, cherchant à nous convaincre qu'ils ont dit ce qu'ils n'ont pas dit ou fait ce qu'ils n'ont pas fait, par rapport à ce processus, mais leurs votes et leurs actions parlent d'elles-mêmes

 

Les députés européens du PCP, ont voté contre la libéralisation du marché du gaz et de l'électricité, réaffirmant, une fois de plus, la nécessité de défendre la souveraineté et la sécurité énergétique, des prix accessibles et un service public de qualité, ce qui implique le renforcement du rôle de l'Etat dans ce secteur stratégique pour garantir la qualité de vie des populations et le développement du pays.

 

Le secteur énergétique, comme secteur stratégique d'un pays, est vital pour son indépendance et sa souveraineté. Le soumettre aux intérêts privés nationaux et transnationaux est un affront fait à la souveraineté des peuples, aux droits des travailleurs et des populations.

 

Les députés européens du PCP ont confié que, le 7 juin, les portugais sauront juger et faire le tri entre les responsables de ces politiques qui sont à l'origne de la grave situation économique et sociale vécue au Portugal et dans l'UE et ceux qui défendent une rupture avec ces politiques et sont porteurs d'une alternative d'avenir pour le Portugal et pour l'Europe, c'est-à-dire la CDU.


Traduit depuis le portugais: http://www.pcp.pt/ 
Texte original: http://www.pcp.pt/index.php?option=com_content&task=view&id=33741&Itemid=197

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