Avec nous, la lutte de classes sera toujours en faveur des plus pauvres

 

De Regina Marques, Conseillère municipale PCP à Setubal, Présidente du Mouvement Démocratique des Femmes

 

21 mai 2009

 

Traduction AC pour Solidarité-Internationale-PCF

 

Dernièrement, un éminent économiste américain – Joseph Stiglitz est venu au Portugal. Il n'a rien dit que, nous communistes, n'ayons pas déjà dit et redit. Mais, si les journaux, les commentateurs, les spécialistes font la sourde oreille à notre discours et à notre analyse, ils ne cessent de répéter que nous ne disons rien de neuf et que nous sommes dépassés, il y au moins quelques remarques de ce Prix Nobel d'Economie qui méritent notre attention, dans la mesure où elles peuvent constituer des arguments d'autorité pour contrer cette idée que ceux qui nous gouvernent sont extrêmement compétents et bénéficient d'une réputation éminente, et qu'elles tendent à inciter la majorité à exercer le pouvoir. Il y a des observations de Stiglitz qui constituent également un contre-argument à cette idée récurrente que nous vivrions au Portugal une crise qui vient de loin, d'un autre monde, et qu'ici dans le pays il n'y a pas de responsables mais seulement des victimes.

 

Selon le Publico [quotidien portugais aux orientations politiques de droite] du 9 mai, journal qui ne relève que très rarement une analyse des communistes, Joseph Stigliz a accusé le système financier nord-américain, adopté par les gouvernements Américains et Européennes, d'être le grand responsable de la crise, ajoutant que « la crise est le résultat de la lutte de classe menée contre les plus pauvres ». A travers l'encouragement du crédit et la dérégulation du marché financier, le capital financier, avec l'appui politique des gouvernements, a dépouillé les plus pauvres parmi les pauvres du peu d'argent qui leur restait, sans que celui-ci ne soit réorienté vers l'investissement productif créateur de richesse. Stiglitz considère que les mesures qui sont prises en ce moment sont insuffisantes et préconise des politiques diffrérentes, il défend des politiques d'investissement public et prédit que « la doctrine de la droite incarnée dans l'économie de marché telle qu'elle fonctionne actuellement a complètement échoué »

 

En particulier à la veille des élections européennes, cela reste important d'actualiser la lecture que nous faisons de cette crise dramatique et des fermetures d'entreprises en cascade qui l'accompagne, résultat d'un crime économique incomparable. Un crime économique qui a détruit l'industrie nationale, condamné l'agriculture et la pêche, méprisé les modes de gestion alternatifs de la richesse nationale, et plongé dans le chômage et l'exclusion des miliers de travailleurs, d'hommes et de femmes, avec leurs familles, des familles entières qui se voient dépourvues de leurs droits les plus élémentaires ainsi que des moyens de subvenir par eux-mêmes à leurs besoins. Un crime qui contraint le pays à renoncer à sa propre indépendance alimentaire et nous force à emprunter de nouveau le chemin de l'émigration et à affronter de nouvelles formes de discrimation et d'humiliation.

 

Quant à nous, il ne nous est pas nécessaire de recourir à l'autorité de ce Nobel pour prouver une fois de plus le sérieux de nos arguments et l'actualité de notre doctrine, la cohérence et la pertinence du regard que nous portons sur la société et la vie. Il ne nous est pas nécessaire de proclamer la justesse de nos idéaux et des cadres d'analyse que nous utilisons, maintenant que nous sommes à l'apogée d'une gigantesque crise sociale, causée par la course au profit démesurée que le système capitaliste nous impose, et qui creuse de manière abyssale les inégalités et les asymétries.


Qu'il est certain que les relations économiques soient la base et le ciment des relations humaines, et qu'il n'y ait pas de justice sociale, culturelle et humaine sans justice et droits économiques, il est bon que de nombreux universitaires montrent que finalement les communistes ne sont pas les seuls à le penser et que leur analyse n'est pas seulement utile pour prévenir les crises mais aussi nécessaire pour les résoudre. Comme nous savons que la crise a été provoquée par une poignée de « têtes bien connues » qui tiennent entre leurs mains « expertes » le destin de millions de personnes. Ce sont les mêmes sages qui ont élaboré et adopté les grandes lignes politiques stratégiques pour le Portugal et pour les autres pays Européens, qui ont fixé les objectifs à atteindre pour les pays les plus pauvres, avec les effets que nous constatons maintenant.


En un temps où même le langage qui est utilisé est source de confusion, il est important de montrer que, même dans notre langage, nous sommes différents. En politique, comme dans la vie, c'est par le langage que nous nous faisons connaître. Et c'est pour cela que, sur le plan électoral, dire OUI à la CDU c'est en appeler sans équivoque à une autre compétence et à autre réputation. En reprenant un des sens des mots prononcés par Stiglitz, nous pouvons dire que par le vote nous allons intensifier la lutte de classe. Oui, mais avec nous elle sera toujours « en faveur des plus pauvres ».



Traduit depuis le portugais, depuis le site
de la CDU (Coalition électorale PCP/Verts pour les Elections Européennes): http://www.cdu.pt/

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