Ils cherchent à cacher la véritable nature de l'Union Européenne

 


4 juin 2009

 

De Miguel Tiago,

 

député du PCP, membre de la direction Nationale de la JC Portugaise

 

Traduction AC pour Solidarité-Internationale-PCF

 

Elle serait risible, si elle n'était pas révoltante, cette campagne de mensonges que ceux qui sont responsables de la situation dans laquelle se trouve la jeunesse portugaise sont en train de mener pour les élections européennes. Dans les rues, les grandes affiches électorales du PS et du PSD font tout pour occulter ce qui est en jeu lors de ces élections, comme d'ailleurs à n'importe quelle étape du processus de construction européenne nous nous reportions.



Cela ne date pas de maintenant et nous ne pouvons certainement pas rester de marbre devant le numéro d'illusoniste que le PS et le PSD tentent de réaliser quant à la nature et à l'ampleur de ce projet européen que sa direction fédéraliste et néo-libérale est arrivée à nous imposer sans même nous permettre, aux jeunes et à tous les portugais, d'avoir notre mot à dire ou de participer aux grandes décisions prises au cours de ce processus. Ils cherchent bien, maintenant, à réduire les politiques européennes à la mobilité des citoyens, au programme Erasmus, et aux fonds européens. D'un trait, on lave et on blanchit ce projet d'Union Européenne de ces véritables implications et on ressort l'argument éculé de la « modernité ». Le PS et le PSD, chacun plus « européen » que l'autre, s'alignent tous deux sur la même orientation – et prouve en cela en quoi leurs comportements et leurs actions ne se différencient aucunement, que ce soit au Portugal, ou au Parlement Européen – et cherchent désormais à vendre à la jeunesse portugaise des illusions qu'ils nous ont déjà vendues par le passé. Pour eux, il est important de cacher la politique de précarisation du travail, de bas salaires, de privatisation des services publics, d'élitisation de la connaissance, de marchandisation de la culture et du sport; il est important de cacher et de blanchir la politique commune de la pêche, la politique agricole commune, la directive-cadre sur l'eau (qui vise à la privatiser), la création d'un marché spéculatif des permis d'émissions de gaz à effet de serre, et par-dessus tout, cacher et blanchir la nature néo-libérale de cette Union Européenne qui met, au-dessus de tout, les intérêts des grands groupes économiques et des grandes puissances européennes.



Il est important de réduire l'Europe à ce qu'elle n'est même pas. On parle de belles choses, de gigantesques investissements de superstructure, comme si l'Europe c'était le TGV, Erasmus ou la mobilité transfrontalière. Vital Moreira [tête de liste du PS pour les Elections européennes] tombe dans le ridicule quand il affirme que l'Union Européenne est la garante de l'eau potable qui sort de nos robinets (!!!), voilà jusqu'où peut aller cette absurde volonté de cacher ce qu'est véritablement cette Europe, quasiment jusqu'à faire croire, qu'avant l'Union Européenne, on buvait au Portugal de l'eau impropre.



C'est une question à poser, est-ce qu'il serait nécessaire d'avoir autant de choses (un parlement, une commission, un conseil, et tant d'autres organismes et institutions) juste pour organiser des programmes de mobilité étudiante, qui d'ailleurs existaient jusque-là depuis le Moyen-Age au sein des Universités Européennes, et pour garantir la mobilité transfrontalière. Evidemment que le PS et le PSD font tout pour dissimuler les grandes questions europénnes, celles qui concernent directement la jeunesse et tout le monde en général, car ce sont ces politiques centrales qui forment la colonne vertébrale et les racines d'une politique éculée, et qui a échoué, d'une politique qui aboutit à une régression civilisationnelle, à la casse des droits des jeunes, à la crise économique et à son aggravement. Mais c'est aussi une politique qui pose, jour après jour, de plus en plus de barrières à la participation des jeunes, qui dégrade les conditions et la qualité de vie de la jeunesse, qui remplace la véritable participation des jeunes par la participation de façade, sans effets, sans conséquences, qui joue fortement sur la déqualification du travail et de l'éducation supérieure des jeunes et qui conçoit les jeunes comme la couche la plus vulnérable de la population et, comme telle, la plus flexible et la plus exploitable du point de vue des grands intérêts économiques. La jeunesse, dans cette Europe, jaugent les belles phrases qu'on retrouve sur les affiches, les illusions entretenues et les petites phrases sorties lors de la campagne, et voit qu'elle ne joue aucun autre rôle que celui que les élites gouvernantes veulent bien lui faire jouer: celle de chair à canon.


C'est pour cela même, qu'il est urgent d'entamer une rupture démocratique de gauche, qui mettent au centre des politiques nationales et européennes la valorisation du travail et de l'éducation, qui soutienne les jeunes dans cette phase cruciale et particulièrement instable de leurs vies qui est le début de leur autonomie, la création de leur propre famille. C'est justement une politique qui garantisse la gratuité de l'éducation pour tous, qui garantisse à tous une éducation et des savoirs de haut niveau en fonction de ses capacités et non de sa condition économique. Une politique stratégique de développement qui réponde aux besoins réels des jeunes et du pays, qui ne sacrifie pas tout au sacro-saint marché qui nous a mis dans cette impasse. Une politique qui encourage une véritable participation des jeunes, de progrès, de consolidation des acquis sociaux et de conquête de nouveaux droits, partant du contenu progressiste de la Constitution de la République Portugaise, de sa supériorité absolue et de son insubordination à n'importe quel projet supra-national comme il s'est matérialisé dans le fameux Traité de Lisbonne. Cette politique, cette Europe ne surgira pas spontanément, avant elle sera construite par la lutte des jeunes et des travailleurs dans toute l'Europe. Et la lutte au Portugal, à ce moment précis, se mène avec le vote pour la CDU.

 

Traduit du portugais depuis le site de la coalition électorale CDU menée par le PCP: http://www.cdu.pt/

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