Les masses: leur conscience, leur organisation et leur direction


Editorial du 165ème numéro de Tribuna Popular, journal du PC Vénézulien



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Les peuples du monde, progressivement, sont repartis à l'offensive. Depuis l'énorme reflux qu'a signifié l'effondrement des expériences socialistes en URSS et dans les pays du Bloc Socialiste d'Europe de l'Est, le « pôle » des forces progressistes et des luttes de libération s'est relevé bien plus vite que ce que certains espéraient, et souhaitaient.


La fiction de l'unipolarité, progressivement, que l'on a voulu – avec un certain succès – nous vendre, est entré de plus en plus en contradiction, depuis même les années 1990, avec l'existence réelle et la persistence de cette autre pôle qui, malgré sa faiblesse et les désertions, a tenu bon dans la lutte contre le capitalisme et sa forme néo-libérale, contre l'impérialisme et sa politique belliciste, pour un monde de paix et de justice, libéré de l'exploitation.

 

Evidemment, dans les premières années, face à un impérialisme triomphaliste qui se grisait d'avoir gagné la Guerre Froide et ainsi assis son hégémonie, les forces progressistes dans le monde ont du adopter une tactique défensive, réaffirmant les principes de la lutte – dans des conditions très difficiles – tout comme la nécessité de conserver ses structures organisées les plus importantes.

 

Pendant cette courte période de temps, de nombreuses personnes à la recherche de nouveaux paradigmes, ont avancé des conceptions et des théories déformées de la lutte sociale, prétendant créer « quelque chose de nouveau, de différent ».

 

Ainsi, les discours assembléistes ont gagné du terrain, où tout doit être débattu et approuvé par de grandes assemblées où tout le monde participe, peu importe le temps que dure le débat et si le sujet dont on devait discuter a déjà perdu sa pertinence, seulement pour le principe avancé de débattre, bien qu'en réalité on ne fasse que plonger les masses dans l'inaction.

 

Les discours horizontalistes, dans lesquels on affirmait la soi-disant nécessité d'éliminer toute forme d'organisation « verticale » comme étant « anti-démocratique », aucun président, ni secrétaire-général, coordinateurs, chefs, responsables, délégués, directions collectives, directions nationales, rien qui ne fasse référence à la « hiérarchie », ne faisant en réalité que rendre les masses inopérantes.

 

Les discours basistes, où rien ne devait être examiné, discuté ou tranché sans passer par le fitre des bases – littéralement –, c'est-à-dire, cela ne signifait pas mettre au centre du processus décisionnaire les intérêts et les nécessités des bases (terme très employé en opposition aux masses pour lui donner une connotation guerrière), mais que ce soient les bases qui décident de tout, évidemment dans de grandes assemblées horizontales, peu importe la nature et le type de sujet ou de débat; mais en ne permettant aucun type de structuration, leur mise en oeuvre en pratique s'est avérée impossible, dans des environnements géographiques ou politiques pourtant différents.


Bien sûr, à tout cela s'est ajouté le « miracle » d'Internet, un vrai bond technologique dans les communications, qui a donné lieu – toujours dans la recherche de nouvelles voies – à la délégation médiatique de la lutte, à remplacer les différentes formes de lutte des masses – traversées par un profond combat idéologique – par la soi-disant « bataille des idées » à travers des pages Web qui, de manière illusoire, transformeront les consciences et produiront les changements nécessaires, c'est-à-dire, les guerrillas cybernétiques pour la « guerre de quatrième génération ».

 

Malgré ces conceptions et ces théories déformées, les forces progressistes – et un certain nombre de personnes désabusées – ont réaffirmé dans la pratique concrète la nécessité de continuer la lutte, le fait qu'il n'y a désormais plus de limites ni de frontières, qu'il est nécessaire de débattre et de rallier des volontaires par tous les moyens nécessaires, mais, surtout que des structures organisationnelles doivent exister pour permettre de réaliser ce potentiel, de le mettre en état d'agir et de mettre en oeuvre les lignes politiques d'action que l'on s'est fixé.

 

Les conditions historiques objectives et subjectives pour la lutte et les transformations révolutionnaires existent toujours.

 

Les masses continuent d'en être l'élément fondamental, incontournable, qui fait la différence dans les moments clés de la lutte révolutionnaire.

 

Mais sont-elles l'unique élément? Non. Les masses sans conscience de classe, sans organisation, sans ligne claire, sans une direction organique qui exprime ses aspirations, ses intérêts et ses nécessités, ne rempliront pas leur rôle historique.

 

C'est un des enseignements que l'on peut tirer des évenements récents au Honduras.

 

C'est un des enseignements que nous devrions – enfin – tirer du processus vénézulien.

 

Site de Tribuna Popular (PC Vénézuelien): http://www.tribuna-popular.org/

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