Le second référendum sur le Traité de Lisbonne: un affront au peuple Irlandais



Article du numéro d'août du Socialist Voice, mensuel du Parti Communiste Irlandais à Dublin.



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/




Le gouvernement a annoncé que le second référendum sur le Traité de Lisbonne, déjà rejeté, se déroulera le 2 octobre. Cela a donné le feu vert au camp du Oui pour qu'il entre dans la danse. Cela leur a aussi donné l'accès complet aux médias, en particulier la RTE, la télévision et la radio contrôlées par l'État pour marteler leur propagande pour le oui sans avoir à concéder à la campagne pour le Non une égalité de temps d'antenne.



Avec l'ordonnance pour la tenue du référendum pas encore publiée, l'obligation d'offrir une présentation équilibrée des arguments pour le Oui et pour le Non dans les débats sur la question n'est pas encore effective. C'était une manœuvre stratégique intelligente de la part du gouvernement.



Quand Cowen [Premier Ministre Irlandais] se vantait de revenir depuis Bruxelles en brandissant ses « garanties » tel Neville Chamberlain revenant de Munich, la campagne médiatique est montée encore d'un cran pour forcer les gens à changer d'avis et à voter Oui.



Ces garanties n'ont aucune valeur, puisqu'elles ne sont que des engagements politiques et qu'elles n'ont aucune valeur légale contraignante. Elles ne sont qu'une feuille de vigne couvrant l'abjecte démission du gouvernement devant la défense de la décision démocratique de son propre peuple.



Depuis que le gouvernement a annoncé la date, nous avons vu pousser comme des champignons des soi-disant organisations « citoyennes » menant la campagne pour le Oui. Dans le week-end suivant le sommet de l'UE lors duquel Cowen a obtenu ses « garanties », une série d'articles avait déjà été écrits et publiés dans les journaux du dimanche, et des interviews étaient diffusées sur les ondes.



Dimanche après-midi, un nouveau groupe était dévoilé au grand public, auto-désigné « L'Irlande pour l'Europe ». Il était mené par le lobbyiste patronal et ancien député européen Pat Cox1. Ce groupe a essayé de se présenter comme un groupe anti-establishment et opposé à tous les partis de l'establishment. Il inclut dans ses rangs des gens qui avaient voté Non lors du premier scrutin et qui voient maintenant qu'ils s'étaient égarés, ce qui comprend des personnes naïves comme Robbie Keane [capitaine de l'équipe d'Irlande de football], des représentants patronaux, et certains dirigeants syndicaux, anciens ou actuels, dont la contribution collective au mouvement ouvrier pourrait tenir sur le dos d'un timbre poste. Ce groupe comprend aussi le poète servile de cour Seamus Heaney, qui, pendant près de quatre décennies de lutte pour les droits civils et de conflit armé en Irlande du Nord, n'a pas été capable de prononcer le moindre mot.



La stratégie du gouvernement est claire: laisser entendre qu'il a sauvegardé les intérêts de l'Irlande sous la forme des soi-disant garanties et montrer que tous les gens sensés qui ont voté Non la dernière fois ont finalement retrouvé leurs esprits et s'alignent désormais sur la position du gouvernement. Il tente de présenter le cas Irlandais comme une anomalie, une déviation par rapport aux peuples des autres Etats-membres; bien qu'il doive admettre que, si on leur donnait le droit démocratique de voter sur ce traité, une majorité écrasante de personnes dans toute l'Union Européenne le rejetterait. Ils tentent aussi de dépeindre la campagne du Non comme étant une bande hétéroclite de pessimistes et d'extrémistes, dont les communistes feraient partie.



Les arguments présentés lors de la dernière campagne du Non restent valides; et le seul fait qu'à la fois l'establishment et ses partis politiques, et l'ensemble de l'élite patronale européenne aient refusé de respecter le droit du peuple Irlandais à dire Non, comme ils l'ont fait pour les votes Français et Hollandais, est un exemple clair de l'assaut massif qui est mené sur l'opinion publique.



Si le peuple Irlandais rejetait le traité encore une fois, cela ne mettrait pas en péril notre position en Europe mais cela nous permettrait au contraire de consever le peu d'influence que nous avons actuellement; si le Traité de Lisbonne entrait en vigueur, les plus gros Etats, comme l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, consolideraient encore plus leur domination avec la structure de vote proposée, dans de nouveaux domaines la possibilité d'opposer son veto sera supprimée, et dans d'autres domaines le vote majoritaire reposera sur un principe de population.



Ce n'est pas seulement une bataille pour le peuple Irlandais mais une bataille menée sur le sol Irlandais pour l'avenir de la démocratie dans toute l'Europe. C'est un devoir pour toutes les forces progressistes d'afficher un soutien maximal aux forces démocratiques en Irlande par tous les moyens nécessaires. Déjà la Commission européenne a dépensé des millions en propagande mensongère, tandis que les organisations pro-gouvernementales ont accès à des sommes d'argents et des ressources illimitées



Les travailleurs irlandais doivent encore une fois se faire entendre et voter Non. Des travailleurs, dans toute l'Union Européenne, subissent les attaques découlant des décisions prises par la Cour Européenne de Justice, qui utilise les traités antérieurs.



Si le Traité de Lisbonne entrait en application, cela ne ferait que consolider et inscrire dans le marbre les politiques qui sont poursuivies actuellement par l'Union Européenne. Il établirait légalement le néo-libéralisme et la primauté du marché, la supériorité des droits des entreprises sur ceux des travailleurs.



La réponse du peuple Irlandais doit être un Non clair et net.



Site du Parti Communiste d'Irlande: http://www.communistpartyofireland.ie/



1[Note du PC Irlandais] Pendant plusieurs années, la Commission Européenne a publiquement poursuivi le monopole véreux Microsoft pour violation des lois européennes sur la concurrence. Heureusement pour tout le monde, un accord a été trouvé par lequel Microsoft n'aurait ni à payer les amendes faramineuses prévues ni à changer de manière significatives ses pratiques frauduleuses.

Tout le mérite de cette fin heureuse doit revenir à notre Pat Cox, président du Mouvement Européen, membre fondateur des Démocrates Progressistes, ancien président du Parlement Européen, et leader donc d'une organisation subordonnée au gouvervenement Irlandais menant la campagne pour le Oui. Il est aussi membre du « Conseil de Surveillance Européen de Microsoft », du « Conseil de Surveillance de Pfizer Europe » et du « Conseil de Surveillance de Michelin » et ainsi de suite

 

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