festa_avante_2012.jpg36ème Fête d'Avante au Portugal: le succès d'une « fête pas comme les autres » qui a fait le choix de rester une fête politique communiste



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ce dimanche 9 septembre s'est achevée la 36ème fête de l'Avante. La fête de ce qui est encore l'organe central du Parti communiste portugais, la fête de tous les communistes et progressistes portugais.



Une fête qui a encore réuni ce week-end des dizaines de milliers de visiteurs – militants, sympathisants, travailleurs, jeunes et moins jeunes – dans la banlieue de Lisbonne.



Une fête qui fait le pari d'une programmation à la fois originale et de masse : du jazz au rap, de la musique du monde à la musique folk portugaise, de la musique tsigane au rock celtique, de la chanteuse engagée Luisa Basto à la nouvelle scène fado représentée par Ana Moura.



Une fête qui reste une « manifestation culturelle de classe et de masse », mettant à la portée de tous les activités les plus diverses. Une dizaine de compétitions sportives culminant dans la Course de la Fête longue de 12 km, mais aussi depuis 1986 une quinzaine de représentations théâtrales dans le cadre du programme « Avanteatro ».

Une « fête pas comme les autres » qui a néanmoins fait le choix de ne pas devenir un festival comme les autres mais bien de rester une fête politique. Une fête communiste, un moment d'affirmation du Parti mais aussi d'élan rassembleur et unitaire.



La lutte contre la politique d'austérité imposée par l'UE et mise en œuvre par le PS et la droite au cœur de la Fête



Pendant trois jours, la Fête vit au rythme de ses concerts mais aussi de ses débats.



Cette année, comme l'an dernier, l'accent a été mis sur la nécessité de mettre en échec ce que les communistes portugais appellent le « Pacte d'agression », la politique d'austérité dictée par la troika (BCE/FMI/UE) et mise en œuvre par le PS et la droite.



Le premier débat du samedi sur l'espace central a donné le ton, celui d' un programme de lutte rythmant également l'exposition politique centrale de la fête :



« Rejeter le pacte d'agression » articulé à une alternative politique construite dans le mouvement de résistance : « Pour une politique patriotique et de gauche ».



Les autres débats de la fête ont tous tourné autour des axes de la lutte de la rentrée : défense du Service national de santé (SNS), de l'Education publique nationale, du Code du travail, refus de la politique de précarisation, d'intensification de l'exploitation sur les lieux de travail.



Lutte contre la politique du capital et alternative politique « patriotique et de gauche » : c'est également à partir de ces lignes d'action que le Parti entame la préparation de son XIX ème Congrès qui se tiendra du 30 novembre au 2 décembre.



Un Congrès qui ne devrait pas bouleverser la ligne stratégique du parti.



Le programme du parti devrait toutefois subir quelques modifications avec un nouvel intitulé : « Pour une démocratie avancée : les valeurs de la Révolution d'Avril dans l'avenir du Portugal », mettant l'accent sur la filiation révolutionnaire et socialiste du projet d'avenir du parti.



D'autres questions sensibles devraient également être débattues et tranchées au moment du Congrès. C'est le cas de la question du mot d'ordre de sortie de l'Euro. Si le PCP a affirmé dans les années 1990 et maintient une critique virulente de la monnaie unique, il n'appelle pas encore à la sortie de l'Euro.

Le secrétaire-général du PCP Jéronimo de Sousa a récemment laissé entendre que la position du Parti pourrait évoluer sur la question.



Espace international : les communistes à la fête, le soutien aux luttes anti-impérialistes et aux processus révolutionnaires à l'ordre du jour



L'espace international est, comme chaque année, l'occasion de retrouver plusieurs dizaines d'organisations révolutionnaires et progressistes. Parmi elle, une grande majorité issue du mode communiste.



Des partis européens : les partis communiste allemand (DKP), espagnol (PCE), italien (PRC et PdCI), chypriote (AKEL) mais aussi latino-américains chilien (PCCh), colombiens (Pacocol), cubain (PCC) ou encore boliviens (PCB)



Des partis africains, héritiers des mouvements de libération nationale, dont les liens ont été noués dans la lutte contre le colonialisme portugais sont également présents. Des mouvements redevables envers la ligne résolument anti-colonialiste du PCP dans les années 1970.



Cette année, c'est à la fois les potentialités et les dangers de la situation actuelle mondiale qui ont été mis au débat. En période de crise capitaliste, la nécessité d'une alternative se fait sentir plus que jamais alors que le système impérialiste tend à durcir sa mainmise sur la planète.



Deux régions ont été spécifiquement mis à l'honneur cette année.



D'une part, les « luttes et défis des pays arabes », un an et demi après des « révolutions » récupérées par les puissances impérialistes pour assurer la recomposition de régimes répressifs discrédités en démocraties de façade pro-occidentales, au moment où l'impérialisme prépare et alimente des interventions armées en Syrie et en Iran.



D'autre part, l'Amérique latine sous le thème « Progrès, révolution et réaction impérialiste », avec l'avenir des processus révolutionnaires cubains, vénézueliens mais aussi boliviens ou équatoriens, au moment où l'impérialisme renforce également son emprise, avec les coups d’État récents au Honduras et au Paraguay.



« Le Parti communiste est nécessaire, indispensable et irremplaçable, encore plus dans les temps qui courent ! »



Le discours de clôture du secrétaire-général du Parti communiste Portugais, Jeronimo de Sousa, a fixé les priorités pour la rentrée sociale, mener la lutte pour :



« mettre en échec le gouvernement, mettre en échec le Pacte d'agression, mettre en échec les politiques de droite ».



C'est à partir de la lutte que se dessine « une possibilité réelle de donner naissance à une alternative ».



La lutte « a ouvert de nouvelles possibilités. La lutte brisera le carcan de la fatalité, et l'avancée de la lutte est aujourd’hui plus décisive pour porter l'exigence de changement et la construction de l'alternative ».

 

Une alternative qui doit passer par la rupture avec l'Union européenne actuelle :



« La voie du changement passe par la remise en cause de l'ensemble du processus d'intégration capitaliste et la lutte pour un autre cap, opposé à l'actuel, pour l'Europe. Le changement passera par la fin des diktats supra-nationaux du Pacte de stabilité, du traité du budgétaire ou de la gouvernance économique. Cela passe par une coopération entre Etats souverains égaux en droits. Le changement passe par le droit des peuples à décider de leur sort et à exercer pleinement leur souveraineté ».



C'est dans cette optique d'un changement qui partira des luttes, qui construira une alternative « patriotique et de gauche » que le secrétaire-général du PCP a rappelé l'actualité de l'outil que représente le Parti communiste :



« Le PCP est nécessaire, indispensable et irremplaçable, toujours, encore plus dans les temps qui courent. Il n'y a pas de lutte organisée, conséquente, et efficace sans le PCP, il n'y a pas de solution aux problèmes nationaux sans le PCP, dont le renforcement est décisif ».



La réussite de la Fête a permis de réaffirmer la nécessité du Parti communiste dans la situation portugaise et européenne actuelle. Un parti révolutionnaire, de classe et de masse, résolu à mener la lutte contre le système capitaliste et l'Union européenne.



Cette année, comme depuis trente-six ans, le mot d'ordre reste le même : A luta continua !

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