L’Union de la jeunesse communiste tchèque (KSM), bien qu’officiellement dissoute, fer de lance de la lutte
contre les bases militaires de l’impérialisme en République Tchèque.

Le 28 mars dernier, le gouvernement tchèque a officiellement donné son feu vert à l’ouverture de négociations avec les Etats-Unis pour l’implantation d’une station radar militaire dans un terrain près de Prague. Ce projet rentre dans le cadre du déploiement du « bouclier anti-missiles» américain en Europe dont l’autre élément serait une batterie de missiles « intercepteurs » en Pologne. Le prétexte avancé par les forces impérialistes, rappelant le précédent « des armes de destruction massive en Irak» serait le danger d’une attaque nucléaire iranienne. 

L’opinion publique tchèque est massivement opposée à une militarisation qu’elle identifie comme une menace pour la paix et pour sa propre sécurité. 

Le rôle du Parti communiste de Bohème-Moravie et son organisation de jeunesse KSM est décisif dans la mobilisation populaire. Les communistes ont multiplié les débats, les manifestations partout dans le pays et réuni plus de 80000 pétitions exigeant un référendum populaire sur cette question cruciale. Ils ont organisé des référendums locaux dans les communes voisines du site retenu, opposées à presque 100% au projet. Ils sont les chevilles ouvrières de la campagne de rassemblement « NON aux bases militaires ! ».

L’action des communistes contraste de façon éclatante avec la ligne de soumission de la classe politique tchèque à l’impérialisme US. Le parti de droite dominant la coalition gouvernementale, l’ODS, affiche sa loyauté envers les Américains et rejettent toute idée de référendum. Le Parti chrétien-démocrate suit. La 3ème composante de la coalition, les Verts, violemment anticommuniste, défend la construction de la base US, à condition qu’elle soit placée sous contrôle de l’OTAN (sic !). A la tête de la précédente majorité, les socio-démocrates avaient entamé en 2006 des négociations secrètes avec le gouvernement US, avant que les communistes ne dévoilent le pot aux roses. En bons opportunistes, leurs dirigeants socio-démocrates défendent des positions à géométrie variable depuis qu’ils sont dans l’opposition.

Cette lutte donne un éclairage significatif sur la vie politique tchèque. La JC tchèque a été officiellement dissoute l’an dernier par le gouvernement au prétexte que ses statuts, prônant l’appropriation collective des principaux moyens de production et d’échange, seraient en contradiction avec le droit de propriété inscrit dans la constitution. Elle est aujourd’hui le fer de lance de la lutte contre l’impérialisme et ses valets.

Nous participons à la campagne internationale de solidarité avec la JC tchèque en faisant signer la pétition pour sa légalisation. Nous nous retrouvons aujourd’hui à nouveau avec la KSM dans la bataille contre la militarisation US de l’Union européenne, pour la sortie de nos pays de l’OTAN, contre l’impérialisme qu’il soit américain ou européen.

Retour à l'accueil