http://thinkpress.files.wordpress.com/2011/05/regreso-mel-zelaya_195_300.jpgHonduras : Le FNRP ne reconnaîtra pas le gouvernement Lobo et dénonce la réintégration du Honduras dans l'OEA

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Entretien avec Esly Banegas du Comité Politique du FNRP réalisé par Giorgio Trucchi

 

 

Le 22 mai, Porfirio Lobo et l'ancien président Manuel Zelaya ont signé l'accord de Cartagène, dans le contexte du processus de médiation mené par les gouvernements du Vénézuela et de Colombie. Pour analyser comment la résistance hondurienne vit ce moment, voici un entretien réalisé par Giorgio Trucchi avec Esly Banegas, membre du Comité politique du Front national de résistance populaire (FNRP).

 

 

Comment le FNRP juge l'Accord de Cartagène ?

 

Pour le FNRP, le présent accord ne répond qu'à une partie de nos revendications essentielles, qui est le retour en toute sécurité de l'ancien président Zelaya ainsi que d'autres exilés. Mais nous ne partageons pas la façon dont d'autres points ont été inclus, car l'accord ne répond pas à nos attentes, celles de la Résistance.

 

 

Quelles sont ces autres questions ?

 

En ce qui concerne l'Assemblée constituante, nous plaidons pour qu'elle soit participative, originelle et auto-convoquée, de façon que les personnes aient l'opportunité d'exprimer directement ce que doit être le contenu d'une nouvelle Constitution. Pour ce qui est des droits de l'Homme, nous pouvons voir que la persécution, la répression, les assassinats et l'impunité continuent, et la Résistance exige que l'on mette un terme à ces violations des droits de l'Homme. Par conséquent, nous ne partageons pas la manière dont ces questions sont reflétées dans l'accord.

 

 

A l'origine de l'Accord de Cartagène, nous constatons une accélération du processus de normalisation des relations internationales avec le Honduras. Quelle est la position du FNRP ?

 

Honduras fut suspendu à la suite du coup d’État et la situation n'est pas résolue. La Résistance rejette la réintégration du Honduras dans les organismes internationaux, y compris l'OEA, tant qu'il ne répond pas aux quatre points inclus dans le processus de médiation.

 

 

Toutefois, l'ancien président Zelaya a soutenu la décision des gouvernements d'Amérique centrale et du CA-4 [Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua] d'appeler les pays latino-américains à appuyer ce processus de normalisation. Comment analyser cette décision ?

 

Manuel Zelaya a signé l'Accord de Cartagène en sa qualité d'ancien président, et le FNRP a soutenu cette initiative, car elle comprenait une de nos revendications, qui est son retour et celui de tous les exilés. En tant qu'ancien président, il a tout à fait le droit d'exprimer son point de vue et son avis, mais au nom de la Résistance nous réaffirmons notre rejet de la réintégration du Honduras à l'OEA et demandons à ce que l'on réponde à nos exigences, y compris la poursuite et la sanction pénales envers les agents de la répression.

 

 

Dans l'accord, le FNRP est reconnu comme une force politique et on parle déjà de sa possible constitution en parti politique. Est-ce que cette décision se rapprocherait en quelque sorte des résolutions de la Grande assemblée du FNRP de février dernier ?



Il y a reconnaissance du FNRP comme une force politique belligérante et on s'assure la possibilité de nous enregistrer à la Cour supérieure électorale pour que, à un moment donné, nous puissions participer aux processus électoraux. L'Assemblée a été claire en affirmant que nous n'allons pas participer à ces scrutins tant que ne seront pas convoquées une Assemblée nationale constituante et une nouvelle loi électorale. Cela reste le cas et ce sera à l'Assemblée du FNRP de décider quels seront les prochains pas.



Une fois que Manuel Zelaya sera de retour au pays le 28 mai, le FNRP va reconnaître le gouvernement de Porfirio Lobo ?



Pas du tout. Le FNRP ne reconnaîtra pas ce régime continuateur du coup d'Etat. Nous soutenons le retour de Manuel Zelaya, comme coordinateur du FNRP, mais nous allons continuer à nous opposer à un régime qui continue de réprimer notre peuple et de défendre les intérêts de l'oligarchie.



Qui y gagne avec l'Accord de Cartagène ?



Le peuple en résistance y gagne car il obtient le retour de Manuel Zelaya et des exilés. Ainsi, nous triomphons de la ligne des putschistes qui refusaient sa présence au Honduras, et nous restons déterminés à mener la lutte du peuple jusqu'à ce que toutes nos revendications soient satisfaites.

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