euro-greeceLa Grèce comme marchandise



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Dans la politique bourgeoise, les vérités ne se dévoilent pas seulement quand les commères se chamaillent*. Elle apparaissent aussi d'habitude dans la bouche des fous.



C'est ce qui s'est passé la semaine dernière quand deux députés du Parlement Allemand ont formulé la proposition que la Grèce puisse vendre une partie de son territoire et de son patrimoine culturel – notamment l'Acropole d'Athènes – pour affronter la situation précaire des comptes publics.



La « proposition » est de telle nature qu'il y a eu un vaste effort médiatique pour la minimiser. D'une part, parce que « ceux qui l'ont formulé étaient deux députés d'extrême-droite ». D'autre part, parce que le journal qui l'a publié, Bild, est un « tabloïd sensationnaliste ». Mais la question fondamentale, que l'on cherche ainsi à occulter, est toute autre.



C'est ce qui emmène deux politiciens allemands à adresser de telles propositions à un pays souverain, dans la situation actuelle. Et la situation actuelle, c'est celle d'une UE dans laquelle, avec l'entrée en vigueur du « Traité de Lisbonne », les dogmes monétaristes et néo-libéraux prennent force de loi, et dans laquelle les grandes puissances capitalistes ont pris les commandes et veulent le montrer.



Ce que les deux « députés d'extrême-droite » allemands ont fait, c'est exprimer de manière brutale ce que la bureaucratie européenne formule de manière plus prudente: la voie vers laquelle nous emmène « l'intégration européenne », c'est celle de la perte accélérée de souveraineté des Etats les plus dépendants.



Et si les Etats aliènent leur souveraineté, pourquoi n'aliéneraient-ils pas également leur territoire sur lequel ils l''exercent, ou un patrimoine national sur lequel repose une partie fondamentale de son identité nationale?



Cela fait partie de la nature du capitalisme de transformer tout en marchandise. En citant Marx et Engels, « L'argent seul est marchandise! Tel est maintenant le cri qui retentit sur le marché du monde ». Ainsi fonctionne l'actuelle Union Européenne.



Dans la Constitution d'Athènes, Aristote rappelle la situation antérieure à Solon: « La terre était tout entière entre les mains d'un petit nombre d'hommes, et si les cultivateurs ne payaient pas leur redevance, ils s'exposaient à être vendus, eux et leurs enfants: car les débiteurs étaient soumis à la contrainte par corps »



Ces mots nous viennent de la Grèce, et ont été écrits il y a vingt-six siècles. Et la lutte continue aujourd'hui contre ceux qui veulent tout transformer en marchandise, des réalisations artistiques millénaires jusqu'à la souveraineté des peuples et aux droits des travailleurs.



*Allusion à un proverbe portugais « Zangam-se as comadres, descobrem-se as verdades » - Quand les commères se chamaillent, on découvre la (les) vérité(s)



Numéro 1893 du 11 mars d'Avante – hebdomadaire du PC Portugais

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