capitalisme-vert.jpgConférence de Copenhague: une nouvelle étape dans la marchandisation de l'environnement


 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Dans une conférence de presse sur la Conférence de Copenhague, à laquelle ont participé Vladimiro Vale, de la Commission politique, Miguel Tiago et Joao Ferreira, députés du PCP, il a été affirmé que pour le PCP cette conférence « si on tient compte des orientations politiques et idéologiques qui ont pesé sur les positions adoptées par les différents intervenants jusqu'à présent, ne pourra pas constituer autre chose qu'une nouvelle étape dans la propagande mondiale sur les changements climatiques ».


 

Conférence de presse du Parti Communiste Portugais sur la Conférence de Copenhague, les questions environnementales et les positions du Portugal


 

Pour le PCP, la Conférence de Copenhague, si on prend en compte des orientations politiques et idéologiques qui ont pesé sur les positions adoptées des différents intervenants jusqu'à présent, ne pourra pas constituer autre chose qu'une nouvelle étape dans la propagande mondiale sur les changements climatiques, un pas supplémentaire vers la marchandisation de l'environnement alors que ne sont pas prises, en réalité, les mesures nécessaires pour la préservation des richesses et des ressources naturelles dont l'Humanité dépend.


 

Le PCP met en garde contre ceux qui proposent des solutions qui ont déjà prouvé leur inefficacité, ainsi en est-il du Système Européeen d'Echange de quotas d'émission (ETS), qui introduit en 2005, n'a pas conduit à la réduction escomptée des émissions de gaz à effets de serre, bien au contraire, elle a démenti clairement l'excellence de la réglementation par le marché et démontré l'inefficacité et les effets pervers de ses instruments.


 

Après ce fiasco, on pourrait s'attendre à une ré-estimation des instruments d'intervention dans le secteur. Cependant, les solutions mises en avant lors de cette conférence vont toutes dans le sens de l'approfondissement de ces mécanismes découlant du protocole de Kyoto: en marchandisant l'environnement et en plaçant la capacité de la Terre à recycler le Carbone entre les mains des mêmes grandes entreprises qui gaspillent les ressources et dégradent l'environnement, en poursuivant une politique de privatisation de l'atmosphère et de transferts des coûts et des responsabilités vers les peuples du monde entier.

 


Face à cette situation, nous pouvons nous attendre non pas à une réduction effective des gaz à effets de serre, mais à la création d'un commerce du carbone qui cherche, en fait, à devenir une machine à créer des milliards de dollars d'actifs financiers fictifs (en tout point similaires à ceux créés par les marchés spéculatifs boursiers) exposés aux variations imprévisibles du système qui les crée. Il suffit de rappeler l'enchaînement de bulles financières spéculatives et de crises dans le monde entier, au cours des 20 dernières années, pour réaliser que l'on est en train d'alimenter un nouveau monstre financier, cette fois axé sur le commerce du carbone. On estime que, à court terme, la bourse du carbone pourra représenter un marché de plus de 700 milliards de dollars.

 


Ces mécanismes prennent un caractère encore plus injuste dans la mesure où les pays industrialisés, qui ont contribué et contribuent le plus à l'accumulation de carbone dans l'atmosphère, veulent désormais faire payer la facture aux pays en développement.

 


Beaucoup de choses ont été dites sur la nécessité d'un « transfert de technologie ». Mais tout en ne niant pas la nécessité qu'existent une aide et une coopération dans ce domaine – même en tenant compte de la responsabilité historique des pays industrialisés dans les émissions de gaz à effets de serre – celles-ci ne peuvent pas constituer de nouvelles formes de domination, d'aggravation de la dépendance des pays en développement et du néo-colonialisme.

 


Il est essentiel de prendre en compte le droit au développement des peuples des pays en développement et de renforcer leur capacité à répondre à cet impératif par leurs propres moyens, à incorporer des stratégies d'adaptation aux connaissances locales, en facilitant leur assimilation et leur appropriation par les communautés locales, afin que cette coopération ne serve pas seulement à exporter des technologies des pays riches vers les pays pauvres, en créant de nouveaux marchés pour les multi-nationales, en accentuant les relations de dépendance et en amputant toujours plus la souveraineté des pays en développement.

 


Le PCP réclame du Gouvernement portugais qu'il adopte une attitude lors de la Conférence de Copenhague qui pose la nécessité d'une rupture avec le paradigme actuel de développement, qui sacrifie les ressources naturelles et la force de travail humain à l'augmentation croissante des profits et de la richesse produite. Pour sauvegarder non seulement les ressources naturelles, mais aussi leur utilisation démocratique, sont urgents:

 

  • Une réelle politique de limitation des émissions de gaz à effets de serre et d'autres polluants, par le biais de réglementations spécifiques, sans attributions de licences négociables et qui tienne en compte de la nécessité de la réduction des gaz à effets de serre et d'un juste partage des efforts pour atteindre ces objectifs, secteur par secteur, pays par pays;

 

  • La diminution de la dépendance par rapport aux combustibles fossiles (qui satisfont actuellement 85% des besoins énergétiques au niveau mondial), notamment par le biais de l'augmentation de l'efficience énergétique et du développement et de la mise en oeuvre d'alternatives énergétiques sous le contrôle du public, qui ne remettent pas en cause la sécurité alimentaire des populations – comme c'est le cas avec les biocarburants.

 

  • La défense de la production locale et le raccourcissement des cycles de production et de consommation. Faire obstacle à la libéralisation du commerce mondial, facteur-clé de l'augmentation de la consommation énergétique et de l'émission de gaz à effets de serre, ainsi que de l'aggravation des inégalités

 

  • La protection des éco-systèmes naturels, terrestres et marins, et la récupération des éco-systèmes dégradés, étant donné le rôle important qu'ils jouent dans le cycle de carbone, en absorbant une partie significative des émissions de dioxyde de carbone.

 

Il est donc urgent que soit mise en oeuvre une politique de préservation des ressources naturelles et des richesses environnementales qui s'appuie sur l'interaction entre les populations autochtones et le milieu dans lequel elles s'insèrent, sans laisser aucune place à l'appropriation progressive de ressources à laquelle nous assistons de la part des grands groupes économiques, comme cela s'est passé au Portugal avec la complicité et l'appui du gouvernement.

 


Le PCP dénonce ce qu'a été la politique du gouvernement PS en la matière, en tout point alignée sur l'idée de la marchandisation de l'environnement en même temps qu'elle se désengage dans le domaine de la conservation de la nature. Comme exemples récents, nous pouvons citer toute la politique de privatisation de l'eau et le fait de mettre tout ce qui est des domaines de l'aménagement du territoire et de la conservation de la nature sous la direction de groupes économiques et d'intérêts privés, en privatisant la gestion des zones classées, ouvrant la voie à des partenariats public-privé ou à des concessions des ces territoires, et en tentant d'ouvrir la voie à la création d'authentiques péages dans les zones protégées et à la création de taxes sur la Conservation de la Nature.

 


Pour le PCP, il est urgent de mettre en oeuvre une politique d'investissement immobilière, d'intervention concrète sur les habitats et les écosystèmes qui sont à la base des cycles naturels, et qui aille dans le sens de leur protection, valorisation ou récupération. Une politique qui rejette les solutions basées sur le profit et le gaspillage de ressources est plus que jamais nécessaire, qui s'oppose au caractère spéculatif des mécanismes actuels qui aggravent l'action de l'homme sur la Nature et qui se transforment en de nouvelles sources de profit et d'accumulation.

 


La solution à la dégradation de l'environnement ne pourra venir d'un système, le capitalisme, qui prouve chaque jour sa totale irrationalité et sa nature prédatrice et auto-destructrice. La solution passe par une rupture avec les politiques qui ont été suivies jusqu'ici dans l'UE et au Portugal et pour la construction d'une politique alternative de gauche conséquente pour le pays et pour l'Europe qui donne la priorité au progrès social et au développement en harmonie avec la nature.

 


Site du Parti communiste portugais: http://www.pcp.pt/

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