univ loméContestation étudiante de masse contre la réforme LMD au Togo : le pouvoir népotiste de Gnassingbé choisit la répression et ferme l'Université de Lomé en ébullition



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Depuis plusieurs mois, les étudiants togolais manifestent leur opposition à l'instauration du système LMD (Licence-Master-Doctorat) directement inspiré du modèle déjà mis en œuvre par l'Union européenne et les Etats-unis. Cette semaine, leur contestation est passée à un autre niveau.



Les étudiants de l'Université de Lomé (UL), qui regroupe plus de 40 000 jeunes sur son campus, ont décidé de passer à l'action organisant cette semaine des manifestations à l'appel du MEET (Mouvement pour l'épanouissement de l'étudiant togolais), dispersées énergiquement mercredi dernier.



Le jour suivant, jeudi 26 mai, il était convenu de tenir démocratiquement une « Assemblée générale des étudiants » qui devait donner une suite à cette première journée de mobilisation. Le pouvoir en manque de légitimité a décidé de réagir par la force.



Des fourgonnettes de police ont alors envahi le campus, tirant sur les étudiants contestataires avec grenades lacrymogènes et balles en caoutchouc. La violence de la répression a été constatée et dénoncée par la Ligue togolaise des droits de l'Homme (LTDH) tandis que le centre de la Croix-rouge installé à l'Université de Lomé s'est empli au fur et à mesure de la journée des étudiants bastonnés par les forces de l'ordre. A la fin de la journée, on comptabilisait une dizaine de jeunes dans un état grave.



uloméAprès cette démonstration de force, preuve également de faiblesse politique, le régime répressif togolais a décidé de fermer l'Université de Lomé à partir de vendredi jusqu'à nouvel ordre.



Les étudiants de l'Université de Lomé avaient voté un mouvement de grève de 48h censé prendre effet vendredi matin. Le régime craignaitt que cette lutte avant-gardiste fasse des émules dans le pays. En effet, les étudiants de Lomé ont reçu vendredi le soutien des étudiants de l'Université de Kara, deuxième plus grande université du pays, qui ont rejoint le mouvement.



Au cœur de la colère estudiantine, le système LMD déjà instauré depuis 2009 au Togo. Les élèves reprochent un système inadapté aux conditions d'éducation désastreuses qui sont celles de ce petit pays de l'Ouest africain au PIB de 2 milliards de dollars près de 1 000 fois inférieur à celui de la France, comparable à celui des îles Fidji ou de l’Érythrée.



Déterminés à obtenir le retrait du dispositif LMD, le mouvement étudiant porte également une série de revendications qui lui a permis de lancer ce mouvement de masse inquiétant le pouvoir : amélioration du système de transport en commun public, construction de salles de cours décentes, l'abandon des pré-requis, le rétablissement des sessions de rattrapage, la restauration de la moyenne arithmétique et surtout l'octroi d'une cinquième tranche de bourses sachant que les étudiants togolais sont aidés à hauteur de 20 000 Francs CFA par trimestre, soit 30 euros.



Le pouvoir comptait sur la fermeture de l'Université de Lomé et le week-end pour éteindre la vague de contestation. Pourtant le mouvement ne faiblit pas, il est désormais rejoint par leurs camarades de l'Université de Kara et pointe de plus en plus le pouvoir répressif et népotiste incarné par le président Faure Gnassingbé.



Après le Burkina-Faso, le Togo. Les régimes dictatoriaux « amis de la France », héritiers de la Françafrique tremblent devant la colère étudiante, bénéficiant du soutien d'une masse de travailleurs appauvrie et de plus en plus disposée à un changement radical.



Les communistes français, et en particulier les étudiants communistes qui ont mené la lutte contre l'instauration du système LMD en France, soutiennent pleinement ces mouvements de protestation à potentialité révolutionnaire.

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