marins grèceDéclaration des syndicats de classe des marins grecs sur leur grève et la tentative de criminalisation du mouvement



Déclaration du syndicat pan-Héllenique des ingénieurs de la marine marchande (PEMEN) et du Syndicat Pan-Héllenique du personnel non-qualifié responsable des machines (STEPHENSON)



Déclaration à tous les marins et à tous les travailleurs

 

Avant et pendant les actions de grève des marins le 21 et 22 avril s'est déployée une offensive organisée contre le droit de grève. Elle a été lancée par des stations de radio et des journaux contrôlés par les armateurs et par des magnats d'autres secteurs (Sky, Mega, 'Kathimerini', 'Ta nea', 'To vima' etc.)

 

Dans cette veine, des attaques diffamatoires ont aussi été lancées par:

 

Le premier-ministre et président du PASOK qui a qualifié les marins de « rebelles » et les a invité à se soumettre aux politiques anti-populaires, à l'UE et au FMI.

 

Des ministres, députés et cadres du parti au pouvoir, tout comme par les directions du parti libéral ND et du parti populiste du LAOS.

 

Le président de SYN/SYRIZA, M.Tsipras qui a insulté le droit à continuer la grève en le qualifiant de « délire ».

 

Le président de la GSEE (confédération syndicale de collaboration des travailleurs du privé), le paternaliste Panagopoulos

 

Des journalistes bien payés pour calomnier les luttes des travailleurs.

 

Des patrons qui sont devenus riches par l'exploitation des travailleurs.

 

Il est confirmé, une fois de plus, que ceux qui tentent de salir notre lutte et de dénoncer le droit de grève, ceux qui calomnient et qui ont recours à l'anti-communisme sont les adversaires des marins et des travailleurs. Ils défendent ce déplorable régime d'exploitation et sont responsables de la casse des droits des travailleurs. Ils servent les intérêts des armateurs, des patrons du tourisme, ceux qui exploitent le peuple.

 

Ils ont peur de la lutte des travailleurs et du maintien du droit de grève. Ils ont peur de la force du PAME, la force du mouvement de classe et de la solidarité des travailleurs. Ils crient de rage: « Les luttes détruisent le tourisme, ferment les entreprises et ravagent le pays ».

 

Ils mentent, calomnient et ont recours à des arguments ridicules en tentant de présenter les intérêts des capitalistes comme étant universels. Ils tentent de rejeter les responsabilités imputables à ce système d'exploitation et aux mesures anti-populaires. De rejeter la faute sur les travailleurs qui luttent pour leurs droits et sur les forces de classe: l'avant-garde de toutes les luttes.

 

Quelle est la vérité?

 

Les gouvernements PASOK et ND se sont efforcés d'augmenter la compétitivité et la rentabilité des armateurs: ils ont accordé des allégements sur la synthèse organique; exploité le travail 'au noir' sans couverture; mis en œuvre des exonérations fiscales et de cotisations sociales à la Caisse de Retraites de la Marine Marchande (NAT); annulé des dettes s'élevant à plusieurs millions d'euros. Ils ont offert un carburant bon marché et les ont financé de diverses manières.

 

Les marins souffrent quotidiennement des politiques anti-sociales et sont exploités par les armateurs. Ils ont à affronter le chômage, la charge de travail croissante, les crimes présentés comme des accidents. En 2010, le salaire minimum sur les navires est de 694 euros et la pension minimum de la NAT est de 400 euros!

 

Des difficultés se sont ajoutées à cette situation déjà pénible: des formes flexibles d'emploi, des mesures sapant le système de sécurité sociale et visant à augmenter l'âge de départ à la retraite et à diminuer les retraites.

 

Par ailleurs, le premier ministre a récemment promis aux patrons du tourisme qu'il lèverait les restrictions sur les cabotages concernant les navires de croisière.

 

Nous tenons à informer les travailleurs que:

 

La levée des restrictions sur le cabotage concernant les navires de croisière signifie:

 

Permettre aux armateurs de définir leurs trajets comme ils le désirent, afin de maximiser leurs profits.

 

La fin des employés protégés (réduction du personnel), extension des pratiques esclavagistes et de l'exploitation des marins sans protection.

 

Des conditions de travail dignes des galériens et le « sabordage » de la NAT

 

L'argument selon lequel cette levée bénéficiera aux travailleurs des îles et aux travailleurs indépendants est erroné. Les compagnies maritimes offrent divers services à bord des navires de croisière et traitent avec les grandes entreprises et les hôtels qui imposent leurs intérêts contre ceux des travailleurs indépendants.

 

En ce qui concerne la levée du cabotage, cela mènera à la dégradation du service rendu aux habitants des îles, à l'augmentation du prix des tickets et des tarifs pour les véhicules. D'autre part, les armateurs sont subventionnés à coups de centaines de millions d'euros pour les soi-disant routes marginales.

 

Les marins réagissent à cette situation et organisent leur lutte en demandant des emplois stables à plein temps et des droits en adéquation avec les besoins modernes.

 

Le tribunal a déclaré la grève de 48 heures des syndicats de classe PEMEN-STEPHENSON du 21-22 avril illégale et abusive. Malgré cela, la grève a bien eu lieu et fut un succès. Elle a posé la défense du droit de grève comme revendication supplémentaire.

 

La Fédération pan-Héllénique des marins devait participer à la grève de 24 heures du 26 avril. Ses revendications se sont concentrées sur la question de la levée des restrictions sur les navires de croisière. Ils ont pointé du doigt la situation sur le navire Zenith, naviguant sous drapeau Maltais, qui débarque et embarque des passagers au port du Pirée. Ils violent tous les droits des travailleurs et exploite un personnel sans protection ni droits. La compagnie maritimes et les agents ont reçu l'ordre de ne pas emmener les passagers au port. Malgré cela, ils ont tenté d'utiliser les passagers contre la grève.

 

Ils ont échoué. Les syndicats et les grévistes sur le pont ont discuté avec les passagers qui ont exprimé leur solidarité avec la lutte des marins. Les marins et les passagers ont exigé ensemble le transfert de ces derniers dans un hôtel.

 

Les adversaires des marins essaient de déformer ces faits.

 

Nous les mettons en garde, les foeces du PAME, les syndicats de classe et le mouvement des marins peut mettre en échec leurs plans. Ils repousseront l'intimidation idéologique et les répression en intensifiant leur lutte.

 

Nous rappelons que les marins ne résistent pas seulement contre les décisions judiciaires anti-syndicales mais résistent aussi contre la mobilisation civile des gouvernements ND et PASOK.

 

Désormais, nous organisons une grève nationale pour le 1er mai. Nous rendons hommage au jour des travailleurs en luttant contre les politiques contraires au monde du travail du gouvernement PASOK, en résistant aux armateurs et à l'offensive du capital et en nous battant pour la défense de nos droits

 

Nous cherchons à rassembler encore plus de forces. A renforcer l'unité de la classe ouvrière. A construire une coalition populaire avec l'ensemble des couches populaires.

 

Nous exigeons:

 

  • un développement et une politique maritime basé sur les besoins de la population;

 

  • que les navires deviennent propriété du peuple, la propriété de ceux qui produisent la richesse;

 

  • pas de sacrifice pour la ploutocratie. La loi, c'est les droits des travailleurs.

 

Syndicat pan-Héllenique des ingénieurs de la marine marchande (PEMEN)

Syndicat Pan-Héllenique du personnel non-qualifié responsable des machines (STEPHENSON)

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