ATHENS2La colère populaire fera exploser la coalition gouvernementale ND-PASOK

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Des centaines de milliers de manifestants ont scandé aux quatre coins du pays : « Le gouvernement, avec sa ligne politique criminelle, doit partir maintenant, avec la Troïka. Aucun mémorandum ne doit être signé. Pas de nouvel accord. La ploutocratie doit payer. »

La manifestation du PAME à Athènes a été impressionnante. Des manifestations massives ont été constatées dans l'ensemble du pays ;


Les travailleurs ont affronté avec courage le plan organisé de la part de l'Etat pour réprimer la manifestation ;

Avec des rassemblements formidables à Athènes, et dans des dizaines de villes Grecques, la classe ouvrière, les couches populaires et la jeunesse ont exigé que le nouveau mémorandum ne soit pas adopté par le Parlement, apportant une réponse résolue à cette ligne politique anti-populaire et au chantage gouvernemental. Ce fut la plus grande manifestation de ces dernières décennies, marquée par le grand rassemblement de masse du PAME et des syndicats sur des positions de classe avec des revendications contre l'Accord de prêt, pour la rupture avec cette ligne politique anti-populaire, le retrait de l'UE et l’annulation unilatérale de la dette, avec pouvoir populaire de façon que les richesses du pays soient mises au profit de tous.

L'intervenant au rassemblement du PAME, C. Katsiotis a fait remarquer dans son discours : « Le peuple ne doit pas les craindre, ni se taire et se laisser tondre. Peu importe que cela se produise dans l'Euro ou en dehors, avec une faillite contrôlée ou incontrôlée. Ce qui est d'une importance capitale, c'est que le peuple décide qu'il ne fera pas de nouveaux sacrifices pour la ploutocratie, pour remplir les caisses des capitalistes, tandis qu'eux et leurs enfants seront plongés dans la pauvreté absolue et la misère ».

Il convient de noter que les nouvelles mesures vont supprimer trois mois de salaire par an aux travailleurs (baisse de 22% des salaires) et quatre mois de salaire aux travailleurs nouvellement embauchés (baisse de 32%), en plus d'autres mesures et d'une hausse des impôts qui continue à enlever ce qu'il restait du salaire des travailleurs.

ATHENS4Les manifestants sont restés plus de 6 heures dans les rues, organisés, dans des cortèges imposants coude à coude, sans peur, en dépit de l'orgie de répression et l'activité d'agents provocateurs qui ont incendié des bâtiments du centre-ville. Il s'agissait d'un plan de répression étatique, manifeste et brutal, utilisant des agents cagoulés. L'appareil répressif d’État a attaqué avec des tonnes de gaz lacrymogène (révélateur le fait qu'en début de soirée les réserves de gaz lacrymogène étaient épuisées) et des grenades assourdissantes, sans la moindre sommation, des centaines de milliers de manifestants qui avaient envahi le centre-ville dimanche, alors que le nouveau mémorandum était discuté au Parlement.

Le plan du gouvernement était évident : Que le peuple ne puisse atteindre la place Syntagma ; casser la manifestation. Un autre objectif de ce plan, qui comprenait des dizaines d'incendie et de destruction de matériel dans le centre de la capitale, était de forcer les travailleurs d'Athènes à se soumettre aux nouvelles mesures anti-populaires, de faire disparaître des caméras les dizaines de milliers de travailleurs qui ont manifesté dans les rangs du PAME, ainsi que de permettre la dispersion de la manifestation massive, et enfin de faire accepter les intimidations autour du « salut de la nation » ou de la « destruction » et du « chaos » que causerait une possible faillite.

Dans son communiqué, le KKE a condamné un « plan étatique de répression et d'intimidation du peuple. Au moment où les partis de la ploutocratie et l'alliance prédatrice de l'UE pillent le peuple et le menacent pour faire accepter un mémorandum qui valide la faillite du peuple, divers agents provocateurs brûlent certains édifices, afin de créer la scène de chaos dont ils font porter la responsabilité au peuple (…) Les forces anti-émeute et les cagoulés ont agi de façon coordonnée contre des manifestations populaires remarquables afin de les disperser (…) Ils usent de mensonges, de chantage, de répression et de provocations, afin de soumettre le peuple. Mais ils sont impuissants lorsqu'ils se trouvent confrontés à un peuple résolu et organisé, prêt à lutter et à faire triompher sa cause juste.

Le KKE lance un appel à la classe ouvrière, au peuple, à la jeunesse pour se mettre en état de vigilance, et en situation de mettre en échec toute tentative de faire passer des mesures autoritaires ».

Au sein du Parlement, lors du débat sur les mesures brutales prévues par l'Accord de prêt, le groupe parlementaire du KKE, fort de son analyse politique et idéologique, a exposé les chantages dont use le gouvernement, le PASOK, la ND, les médias sur l'inéluctabilité de la mise en œuvre de l'Accord de prêt afin que le peuple déjà en faillite ne soit poussé à la faillite. Par leurs interventions, les députés communistes, expliquant pourquoi aucun député n'avait le droit de voter ces mesures barbares qui plombent les revenus des classes ouvrières et populaires, ont fait pression et ont poussé les contradictions à un tel point que certains partis bourgeois en ont fait les frais, et cela s'est ressenti dans le vote final avec certains dégâts dans ces partis. 22 députés du PASOK et 21 de la ND se sont opposés au vote en faveur de l'accord et ont été exclus (y compris des ministres, anciens et actuels). Le parti nationaliste LAOS qui avait affirmé qu'il ne voterait pas l'Accord d'emprunt n'a pas participé au vote. 2 de ses députés ont voté pour. Il est révélateur que 199 des 278 députés aient voté pour. 74 ont voté contre.

En raison de la pression qu'a exercé le KKE, les partis bourgeois ont ressorti des procédés anti-communistes misérables qui ont caractérisé entre autres le discours choquant de E. Venizelos, vice-président du gouvernement et cadre du PASOK,  ce qui a provoqué une forte réaction de l'ensemble du groupe parlementaire du KKE.

Les députés du KKE ont résisté et protesté, ils ont répondu énergiquement aux chantages, alors que les exemplaires de cet infâme texte de loi ont été symboliquement jetés depuis les bancs des députés du KKE sur les bancs des ministres.

La secrétaire-générale du KKE, Aleka Papariga, a pris la parole et a déclaré :

« Vous êtes littéralement en train d'essayer de faire plier les volontés de ceux qui souffrent, les pauvres au moyen d'une intimidation idéologique sans précédent. Désolé, je ne vous identifie pas à lui, mais Goebbels serait admiratif. Une énorme faillite pointe à l'horizon ! A qui vous adressez-vous ? A ceux qu'on a déjà mis en faillite ? Non, cette Grèce où le pays serait sauvé et le peuple en faillite ne nous intéresse pas (…) Depuis ce matin, vous ne cessez de parler de chaos, même de guerre civile (…) Même la télévision d’État a tout à coup rappelé l'épisode de la guerre civile (…) Nous apporterons notre réponse le moment venu. Mais vous portez la responsabilité de porter devant le peuple de telles questions. Vous avez les échéances de la Troïka et de la Commission. Et je dis que de tels ultimatums n'ont pas émis, même à la veille de guerres mondiales (…) Il s'agit d'une provocation à notre égard.

Nous vous avons écouté toute la journée parler de la guerre, nous dire que nous n'aurons aucune retraite, que nous recevrons des bons, ou je ne sais quoi d'autre et à la fin vous nous parlez de guerre civile. Alors, maintenant, qui met le feu aux poudres ? Nous avons nos limites. Nous sommes bien élevés, mais nous ne sommes pas des idiots (…) Par conséquent, nous disons au peuple la chaos suivante : une faillite d'ampleur s'annonce, que ce soit avec l'euro ou le drachme, nous ne pouvons le savoir par avance.

Deuxièmement, même si la Grèce améliore sa compétitivité, d'autres pays le seront encore plus. Dans le meilleur des cas, elle pourrait gagner 2 ou 3 places dans la hiérarchie européenne. Mais cette compétitivité aura un coût encore plus élevé pour les travailleurs. La Grèce sera sur-endettée sur 150 ans, comme ce fut le cas avec les prêts liés à l' « indépendance » (…) en tout cas, celui qui est à terre n'a pas à craindre la chute. Le peuple n'échappera pas à la faillite, peu importe ce qu'il acceptera, de travailler gratuitement, pour une, deux ou trois années. Notre position, c'est les luttes empêcheront le pire. Mais il faut que le mouvement populaire se dirige vers le remplacement de ce système politique par un système politique où les travailleurs et le peuple auront le pouvoir. Retrait de l'UE et annulation unilatérale de la dette ; il n'y a pas d'autre solution pour le peuple. »

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