Élections en Afghanistan: mascarade électorale - Acte 2



de Angelo Alves, membre de la Commission politique du Parti Communiste Portugais (PCP)



pour le numéro 1873 du 22 octobre d'Avante, journal du PCP



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le 20 août dernier, les médias ont présenté, à partir des dépêches des agences de (dés) information internationales, la réalisation des « élections » en Afghanistan comme « une étape importante dans la stabilisation du pays ». Dans les jours suivants les déclarations se sont multipliées, toujours avec le même ton. L'administration Obama a salué immédiatement l'événement en le qualifiant « de succès, malgré les efforts des talibans pour le perturber ». Le secrétaire-général de l'OTAN a repris cette rhétorique du « succès »; la Commission Européenne a déclaré que « les hommes et les femmes d'Afghanistan ont exprimé leur désir de voir leur pays suivre la voie d'un développement pacifique et démocratique » et la présidence suédoise a considéré ces soi-disant élections comme « une étape importante pour la démocratie en Afghanistan ». A un moment où de nouveaux développements voient le jour autour de ces soi-disant « élections », ce genre de déclarations méritent d'être rappelées pour que l'on oublie pas toute leur hypocrisie et leur ridicule. Et de même pour toutes les autres qui noircissent les pages de nos journaux.



Les conclusions de la « Commission d'enquête électorale » révèlent qu'il existe « des preuves claires et convaincantes de fraude ». Les Etats-Unis se sont montrés « durs » avec le « président » Karzai et ont conditionné l'envoi de plus de troupes, au-delà de ce qui a été déjà décidé, à l'existence d'un « gouvernement crédible » dans le pays. Karzai a résisté, en affirmant « que les pays occidentaux conspiraient pour lui voler la victoire », finissant par céder et par accepter un second tour pour le 7 novembre prochain.



L'hypocrisie n'a pas de limites! Les Etats-Unis, premiers responsables de tout ce qui s'est passé lors de ces « élections », ont tenté de rejeter sur Karzai la responsabilité des fraudes et du fiasco total tant de ces « élections » que de leur stratégie globale. Alords que ces événements ont montré l'existence de voix discordantes parmi les membres de l'OTAN engagés dans l'occupation de l'Afghanistan – comme l'ont démontré les déclarations du Ministre des Affaires Étrangères français qui s'est déclaré « inquiet de l'impasse à laquelle nous sommes parvenus » – l'administration Obama a utilisé désormais ces soi-disant « révélations » – que l'on connaît depuis longtemps et dans lesquelles elle est impliquée comme nous avions eu l'opportunité de le dénoncer depuis l'édition du 20 août d'Avante – pour réaliser un croc-en-jambe à un de ces plus importants hommes de main.



Pourquoi, C'est simple, déjà avant ces « élections », les Etats-Unis se sont aperçus que Karzai ne pouvait pas être – tout du moins seul – le meilleur instrument pour poursuivre la nouvelle stratégie de l'administration Obama d'intensification de la guerre, d'augmentation à un niveau record de la présence des forces occupantes et d'extension de la guerre au Pakistan. Les solutions qui sont maintenant mises sur la table pour permettre le dépassement d'une telle « impasse » sont révélateurs de la stratégie des Etats-Unis et de l'OTAN. Avec un second tour fixé, les hypothèses que les représentants des puissances occupantes – installées à Kaboul pour « rendre compte » du processus – mettent en avant, sont, au mieux, une farce. La première supposerait de remettre les compteurs à zéro. C'est-à-dire que les deux principaux candidats, tous les deux issus du gouvernement fantoche précédant, intégreraient de nouveau un gouvernement « d'unité nationale » mené par Karzai. La seconde montre bien tout le « respect » que l'on manifeste envers ces « élections ». En fait, Abdullah ne participerait pas au second tour et concèderait la victoire immédiate à Karzai.



Voici le récit du deuxième acte de cette mascarade électorale en Afghanistan. Le troisième sera connu d'ici deux semaines et demi. Nous n'en connaissons pas l'issue, mais le scénario est déjà écrit. Avec des beaux discours et des prix nobels, l'impérialisme continue à mettre en œuvre sa stratégie belliciste et dominatrice. Foulant aux pieds la démocratie, la vérité et les droits d'un peuple.

 

cf aussi l'article de Miguel Urbano Rodrigues du 27 août: Les élections afghanes: Une mascarade en pays occupé


Site d'Avante: http://www.avante.pt/

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