08En marge du sommet du G20 à Séoul, les syndicats sud-coréens manifestent pour le respect des droits des travailleurs dans un des pires pays pour être syndicaliste

 

Article JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ils étaient près de 40 000 dimanche dernier, à Séoul, à l'appel des syndicaux sud-coréens, pour manifester contre le sommet du G 20 qui se déroulait ces 11 et 12 novembre dans la capitale sud-coréenne.



06Le dispositif policier mobilisé pour empêcher toute manifestation populaire était proprement effrayant: 70 000 policiers selon le quotidien Korea Times. Encerclés par le dispositif policier disproportionné, les manifestants ont ensuite été dispersés violemment par des charges ainsi que par des jets de gaz poivre.



Les manifestants avaient pourtant exprimé leur colère pacifiquement, notamment en portant des vestes où on pouvait lire « Contre le G 20 qui démolit les droits des travailleurs et crée des emplois précaires »et « Contre le G 20 qui casse l'Etat social et détruit les services publics ». D'autres portaient des panneaux de signalisation Stop G 20, tandis que les organisateurs distribuaient des tracts appelant le peuple à se« soulever contre le néo-libéralisme et la mondialisation ».



Le président de la Confédération coréenne des syndicats Kim Yeong-Hun a tenu dans son discours à souligner toute l'illégitimité du G 20 à décider du sort de l'humanité: « Il y a 192 membres des Nations unies. Le G 20 en comprend seulement 20 d'entre eux. La décision d'inclure ces 20 pays n'a aucune base légitime. En fait, le G 20 exclut la majorité des pays du monde, en particulier les pays sous-développés et les pays de l'hémisphère Sud, qui ont souffert le plus des politiques néo-libérales du FMI. Le G 20 est fondamentalement illégitime et non-représentatif. Nous avons besoin de développer un nouveau cadre de discussion, plus universel, qui puisse représenter les intérêts des pays sous-développés et inclure les voix des travailleurs et des gens du peuple ».



Selon un autre dirigeant de la Confédération coréenne des syndicats, qui a contribué à organiser la manifestation, plus concrètement les directions syndicales se sont engagées à « continuer la lutte pour élever le salaire minimum et résoudre la question du chômage des jeunes. »



Cette semaine, les syndicats de la métallurgie du monde entier – réunies dans la Fédération internationale des travailleurs de la Métallurgie – ont adressé au premier ministre sud-coréen Lee Myung-Bak un appel à « honorer ses engagements internationaux et à respecter les droits des travailleurs ».



Ils rappellent les engagements pris auprès de l'OCDE lors de son adhésion en 1996 ainsi qu'auprès du BIT et de ses conventions internationales sur la liberté d'association et le droit à la négociation collective.



Dans l'appel des syndicats de la métallurgie, on peut ainsi lire:



« Quatorze ans plus tard, la législation coréenne n'est toujours pas conforme aux normes internationales sur la protection des droits des travailleurs et travailleuses, et la Corée est l'un des pires pays au monde pour la répression des travailleurs et travailleuses, des syndicats et de la population en général.


En Corée, le gouvernement et les employeurs tirent profit de la législation pour systématiquement:


  • Emprisonner des syndicalistes accusés d'avoir fait usage de leurs droits

 

  • Empêcher le personnel employé en sous-traitance d'adhérer à un syndicat ou de négocier collectivement

 

  • Empêcher de nombreux salariés du secteur public d'adhérer à un syndicat ou de négocier collectivement »



Le secrétaire-général de la Confédération internationale des travailleurs du bois et du bâtiment (BWI) Ambet Yuson s'est joint à l'appel: « Si la Corée veut prendre sa place aux côtés des nations dominantes au sein d’une plate-forme globale comme le G20, il appartient au gouvernement de remplir pleinement ses obligations afin d’assurer le respect des droits fondamentaux des travailleurs en Corée. On ne peut prétendre au statut de puissance mondiale si l’on ne respecte pas les droits des travailleurs. »



Concrètement, le refus de reconnaître le syndicat des enseignants KGEU/KPU, la menace de dissolution des syndicats KTWU (ouvriers des transports) et KCWU (travailleurs de la construction) ainsi que plus largement la remise en cause du droit à la syndicalisation dans les secteurs de la fonction publique et de la sous-traitance sont au cœur des revendications des syndicats sud-coréens.



La Corée du sud reste un des pires pays au monde pour être syndicaliste et militant politique progressiste. La lutte des travailleurs sud-coréens, relayée et soutenue désormais par des fédérations syndicales du monde entier, reçoit toute notre sympathie ainsi que notre soutien politique.

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