cgtp manif635693e6 400x225Face au nouveau plan d'austérité  mis en oeuvre par un gouvernement socialiste au Portugal sur ordre de l'UE de Barroso...

 

 

La CGTP organiquement lié au Parti communiste appelle à la grève générale

 

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Contrairement à ce que les médias français laissent transparaître, ces nouvelles mesures d'austérité ne sont ni un « virage », ni un « changement de cap », encore moins l'adoption du tout premier plan d'austérité au Portugal.

 

Au contraire, ces mesures s'inscrivent dans la continuité. Elles ne font que s'ajouter aux mesures prises dans le cadre du Plan de Stabilité et de Croissance 1 (PEC en portugais) adopté en mars dernier par le gouvernement socialiste avec le soutien de la droite.

 

 

De nouvelles mesures s'ajoutant aux anciennes bientôt adoptées dans un consensus total entre patronat, PS et droite

 

 

Parmi ces mesures: gel du salaire des fonctionnaires, gel de toutes les pensions, coupes dans les allocations-sociales notamment via la fin de déductions fiscales pour des dépenses de santé et d'éducation, privatisation entamée (Poste, Chemins de Fer) ou achevée (Electricité, Gaz, Télécoms, Air Portugal, Autoroutes etc.) des secteurs-clés de l'économie, recul de l'âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans.

 

En somme, les nouvelles mesures prévues ne sont que la cerise sur la gâteau. La plupart ne font qu'intensifier les mesures déjà prévues dans le plan de mars, notamment la baisse nominale du revenu d'insertion ou la concession au privé de fonds de pension de certaines entreprises dont la privatisation est finalisée (Portugal Télécom).

 

Toutefois, les deux principales nouvelles mesures adoptées vont frapper fortement les ménages populaires: d'une part, la remise en cause de la politique de gel salarial avec la baisse de 5% du salaire des fonctionnaires, suivant en cela l'exemple espagnol, d'autre part, la hausse de la TVA de 21 à 23%.

 

L'opposition de droite menée par le Parti social-démocrate (PSD), loin de s'opposer, manifeste son accord total avec les politiques de droite mises en œuvre par le gouvernement socialiste de Socrates. Au contraire, elle se permet de critiquer le gouvernement de Socrates pour ne pas être allé assez loin et assez vite. Mais elle devrait logiquement voter le budget au Parlement.

 

De leur côté, les trois organisations patronales portugaies ont applaudi les « mesures drastiques » prises par le gouvernement et lancé un appel à la « responsabilité de tous les partis politiques portugais pour que soit adopté le Budget d'Etat 2011 ».

 

Mais la communauté d'accord va bien au-delà du monde politique portugais au sens restreint.

 

 

Sous pression de Bruxelles et de José Manuel Barroso, ancien leader du parti social-démocrate portugais

 

 

durao-barroso-e-jose-socrates-depois-de-anunciar-o-acordoCar c'est Bruxelles qui s'est le plus réjoui hier matin de l'adoption de ces nouvelles mesures d'austérité. Comble d'ironie, c'est le président de la Commission européenne, l'ancien président du PSD, José Manuel Barroso qui accélére la mise sous tutelle de son propre pays: « Le Portugal doit prendre ses responsabilités (...) et annoncer très rapidement un budget solide et crédible pour rassurer les partenaires de la zone euro et les marchés financiers. »

 

Barroso a appelé à l'union nationale pour que les mesures proposées par le gouvernement socialistes soit adopté au plus vite. Un appel du pied à ses camarades de parti.

 

Pression européenne et internationale qui prend la forme également de l'odieux chantage exercé par les agences de notation, avec la menace de déclassement, qui renchérit les emprunts de l'État portugais et donne aux mesures prises par le gouvernement le cachet de la fatalité.

 

Pourtant, rien de plus éloigné de la vérité serait la vision d'un gouvernement portugais le couteau sous la gorge contraint d'adopter des mesures d'austérité contre son gré. Au contraire, le gouvernement socialiste fonctionne en connivence avec la Commission européenne de Barroso, et utilise la pression des marchés financiers pour mieux faire accepter ces mesures comme une nécessité douloureuse.

 

Socialistes, partis de droite, patronat, Union Européenne, « partenaires de la zone euro »: la vie politique nationale et européenne est dominée par le consensus autour de la nécessité de ce plan d'austérité.

 

Pourtant, la colère et le mécontentement du peuple portugais est au plus haut. La somme des sacrifices demandés s'allonge de jour en jour et le discours conservateur classique sur l'absence d'alternative perd de sa force.

 

 

Grève générale convoquée par la CGTP: amplifier la mobilisation et porter une alternative politique à partir des luttes

 

 

La journée du 29 septembre, bien qu'elle n'ait pas été conçue comme un point de chute fondamental par le syndicat organiquement lié au Parti communiste, la CGTP-IN, a tout de même été un succès. Plus d'une centaine de milliers de portugais dans les rues des principales villes du pays, dont 50 000 à Lisbonne et 20 000 à Porto.

 

Dès le projet de loi annoncé par le gouvernement, le secrétaire-général de la CGTP-IN, Manuel Carvalho da Silva, a non seulement déploré le fait de voir « le président de la Commission européenne, un Portugais, se faire le porte-parole de l'exigence de sacrifices injustes et humiliants » mais posait surtout la question de l' « intensification de la mobilisation ».

 

Ce 30 septembre, la décision a été prise: ce sera la grève générale votée à l'unanimité par le Conseil national du syndicat lié aux communistes. Le point de chute choisi est celui du 24 novembre.

 

Dans cette lutte pour mettre en échec le projet du gouvernement, la visualisation d'une alternative politique est une nécessité. C'est le rôle du Parti communiste portugais (PCP), dont le secrétaire-général a pris la parole pour dénoncer « une offensive brutale contre les revenus des salariés qui ne résoudra rien et ne mènera qu'à l'augmentation du coût de la vie et une hausse du chômage ».

 

En pleine campagne des présidentielles de janvier 2011, le PCP s'implique avant tout dans les entreprises dans lesquelles elle possède encore souvent des cellules pour faire connaître son alternative « patriotique, de gauche et inspirée par les valeurs de la Révolution d'Avril »: défense du secteur et des services publics, hausse des salaires et des retraites, politique étrangère souveraine émancipée de l'UE, réforme fiscale progressive avec taxation du capital. Une sortie de la crise par la gauche, en bref.

 

C'est de sa capacité à articuler impulsion des luttes et campagne électorale, lutte pour les revendications immédiates et perspective plus lointaine d'une alternative politique aux politiques de droite menées par le PS, que dépendra le succès de la lutte politique que mènent en ce moment le Parti communiste portugais.

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