Funérailles nationales de Victor Jara: des milliers de chiliens rendent hommage au chanteur communiste


 

Article d'AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 


A partir des dépêches de presse et du communiqué du PC Chilien


 

Alors que les premières funérailles du chanteur chilien n'avait pu réunir que quelques proches après son assassinat sauvage, au lendemain du coup d'Etat du général Pinochet, les funérailles organisées ce week-end par la famille du chanteur ainsi que par la fondation Victor Jara – avec le soutien du Parti communiste et de l'ensemble de la gauche – ont réuni plusieurs miliers de chiliens qui ont ainsi rendu hommage à celui qui reste une icône nationale et le symbole de la résistance au régime fasciste d'Augusto Pinochet.

 

Jamais les funérailles d'un artiste n'avait réuni autant de personnes au Chili. Tout en brandissant des drapeaux rouges, la foule a chanté les plus grands succès du chanteur, dont la chanson d'amour déchirante « Te recuerdo Amanda » est devenu l'hymne officiel de la cérémonie.


 

Chanteur engagé et militant communiste: la voix des sans-voix


 

Chanteur engagé, militant communiste toute sa vie, ses chansons n'étaient jamais innocentes. Comme il le disait lui-même, « je ne chante pas pour chanter ». Critique acerbe de la bourgeoisie bien rangée et de leurs enfants « qui fument des cigarettes en Austin mini, jouent avec les bombes et avec la politique, assassine des généraux, et sont les gangsters de la sédition » dans Casitas del Barrio Alto ou dans Ni chicha ni limona, où il lance le cri de la révolution: « Nous allons vous exproprier ». La voix du peuple chilien dont les ballades romantiques mettent en scène le destin, tragique et émouvant, de couples ouvriers ou paysans (Herminda de la Victoria ou Te recuerdo Amanda. La voix de l'Amérique qui lutte et se souvient de ses martyrs et de ses héros: Che Guevara, Camilo Torres, Pancho Villa. Voix des peuples opprimés du monde entier avec la chanson « El derecho de vivir en paz », message de soutien à la lutte du peuple viet-namien et hommage à son commandant Ho-Chi-Minh.

 

Le cortège mené par sa veuve Joan et par ses deux filles, Amanda et Manuela, réunissait certes des milliers d'anonymes mais aussi des personnalités politiques de premier plan: la présidente socialiste Michelle Bachelet, Jorge Arrate, candidat de la Gauche aux prochaines élections présidentielles ainsi que le secrétaire-général du Parti Communiste du Chili, Guillermo Tellier

 

Guillermo Tellier a soulevé les enjeux que soulèvent cet hommage: d'une part la nécessité de connaître vérité sur l'assassinat ignoble du chanteur et d'autre part le devoir de continuer sa lutte, guidé par son idéal communiste, pour un pays plus juste et souverain.


 

Vérité et justice pour Victor Jara! Les coupables de l'assassinat toujours impunis


 

« Il faut que l'on sache » a-t-il déclaré, « nous savons comment il est mort, mais nous ne savons pas qui a ordonné sa mort ».

 

Il est nécessaire ici de revenir sur les circonstances tragiques de sa mort. Devenu le chanteur attitré de l'Unité Populaire à partir de 1970, soutien loyal du président Allende tout en restant fidèle au Parti communiste, Victor Jara était devenu trop dangereux pour les franges les plus réactionnaires de la bourgeoise chilienne. Comme le rappelle Telllier, « il était devenu l'homme le plus dangereux pour les gouvernants de fait, le plus à craindre, avec sa guitare, ses chansons et avec son engagement communiste. C'est pour cela qu'ils l'ont tué, pour faire taire ses idées, sa voix, la voix des masses. »

 

Après le coup d'Etat du 11 septembre 1973, il est incarcéré puis parqué dans le camp de concentration qu'était devenu le stade de Santiago.

 

Victor Jara y a alors été séquestré et torturé. Ses mains ont été d'abord écrasées à coup de bottes et de matraques pour qu'il ne puisse plus jamais jouer de la guitare puis il a été exécuté d'une quarantaine de balles dans le corps. L'enquête a révélé l'identité de l'assassin, un ancien conscrit de 18 ans à l'époque – libéré par ailleurs depuis sous caution – mais le doute subsiste encore sur l'identité de l'officier qui lui a donné l'ordre. Non seulement l'assassin de Jara court toujours, mais les responsables de son assassinat n'ont toujours pas été inquiétés. « Vérité et Justice pour Victor Jara! » a lancé Tellier à la fin de son discours.


 

Rester fidèle à la mémoire de Jara, c'est continuer ses luttes et ne pas renier son engagement


 

Mais loin de la simple commémoration historique, le sécrétaire-général du PC Chilien a tenu à insister sur l'actualité de son combat: « Victor a toujours été le symbole de nos luttes » a tenu à préciser Tellier. A travers ces chansons, « il poussait le peuple à construire un pays plus juste et solidaire, plus démocratique et maître de son destin ».

 

Il a insisté sur les étendards pour lesquels Jara s'est battu et pour lesquels les communistes doivent continuer à se battre: « il faut en terminer avec toute forme d'exclusion, de discrimination et d'injustice. De telles inégalités ne peuvent perdurer, surtout quand les souffrances du peuple deviennent de plus en plus insupportables ».

 

Sans verser dans le fatalisme, Tellier a conclu son discours par un cri de lutte: « Victor, avec toi, avec tes chansons, mille fois, nous vaincrons! »

 

Site du Parti communiste chilien: http://www.pcchile.cl/

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