grèce capitalGrèce: l'offensive du capital


 

de Rui Paz, du département international du Parti Communiste Portugais


 

Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

A la mi-janvier, le premier-ministre grec, Giorgios Papandreu, a présenté à la Commission Européenne, à Bruxelles, le plan dit de « redressement » sous prétexte que le déficit budgétaire de l'État avait dépassé les 12,7% du PIB en 2009. Avec cette initiative, le PASOK a jeté aux orties toutes ses promesses électorales qui lui ont permis de prendre la tête du gouvernement, en Octobre, à Athènes. Mais la Grèce n'est pas un cas unique. Presque tous les gouvernements de l'Union Européenne, pour répondre à la crise financière de 2009, n'ont pas trouvé de meilleure solution que de transformer les caisses de l'État en un distributeur de billets au service du capital monopoliste et des banques contaminées par la spéculation financière. 20 des 27 pays de l'Union Européenne ont présenté en 2009 des déficits budgétaires dépassant les 3% du PIB fixés arbitrairement par Maastricht et qui par le passé n'ont pas été respectés plusieurs fois par la France même et par l'Allemagne. Actuellement, le déficit de l'Irlande est de 12,5%, celui de la Grande-Bretagne de 12,1%, celui de l'Espagne de 11,1%, celui du Portugal de 9,3% et enfin celui de la France de 7,9%.

 

On peut donc en conclure que tout ce tapage autour de la situation financière de la Grèce a comme principal objectif de fournir une justification supplémentaire à une offensive généralisée du grand capital contre les droits des travailleurs pour leur enlever le peu qu'il leur reste sur leurs misérables salaires et les obliger à payer les défaillances de l'économie de casino.

 

Le catalogue des horreurs que le premier-ministre du PASOK, frère jumeau de Socrates [premier-ministre PS du Portugal], finirait d'effrayer les esprits les plus sereins. Augmentation de la TVA sur plusieurs produits comme, par exemple, le carburant, ce qui a déjà été à l'origine d'une grève des chauffeurs de taxis. Diminution des salaires des fonctionnaires de 10%. Augmentation de l'âge du départ à la retraite à 67 ans. Facilités pour l'élargissement du travail précaire et pour la libéralisation des procédures de licenciements. Extension de la politique des bas salaires à des domaines d'activités toujours plus importants et continuation de la privatisation des biens et services publics.

 

Ceux qui ont loué l'intégration européenne, le Traité de Maastricht, la monnaie unique, la Banque Centrale Européenne et le Traité de Lisbonne n'ont pas dit quelles conséquences ils auraient pour l'immense majorité de la population ni que ce serait l'élite privilégiée qui bénéficierait de la supposée « libre concurrence ». Ils n'ont pas expliqué que l'objectif de l'Union Européenne, c'était d'instaurer la loi de la jungle, où les plus grands et les plus forts dévorent les plus petits et les plus faibles.

 

Mais comme la réaction des travailleurs grecs et du mouvement syndical, tout comme au Portugal, en France, en Allemagne et dans d'autres pays ne s'est pas fait attendre, on commence déjà à proférer des menaces et à spéculer sur la meilleure manière d'obliger le peuple et les travailleurs grecs à « changer de mentalité ».

 

Le député allemand du groupe libéral au Parlement Européen, Jorgo Chatzimarkakis (FDP) est allé jusqu'à présenter, dans un débat télévisé (Phönix Runde, 10 février 2010) la Junte des colonels qui a instauré une dictature militaire en Grèce entre 1967 et 1974 comme un exemple, la preuve qu'il serait possible de faire accepter les mesures préconisées par le gouvernement du PASOK et soutenues par Bruxelles. Gare à ce que les admirateurs des régimes fascistes des années 1960 et 1970 n'aillent pas au Parlement Européen flanqués de l'étiquette de « libéraux ». La lutte et la résistance sont la voie la plus sûre pour mettre en échec l'offensive de ceux qui ont vendu l'économie portugaise à l'étranger et cherchent par tous les moyens à liquider les sentiments patriotiques et démocratiques du peuple et des travailleurs portugais.

 

Article d'Avante, hebdomadaire du PC Portugais. Numéro 1890, du 18 février.



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