carrefour-pugnoGrève nationale des salariés de Carrefour en Italie contre l'accord du « Travaillez plus pour gagner moins »



Salaire fixe minimum et salaire variable au rendement, travail le dimanche, contrats précaires généralisés: les conditions de travail que Carrefour était parvenu à imposer en Italie – grâce à des syndicats « ouverts au dialogues » – étaient déjà idéales pour l'entreprise.

Mais ce n'est jamais assez. Et c'est désormais sur les illusoires compensations, sous formes de primes (à la productivité, au CA, pour le travail le dimanche etc.), qu'il faut revenir. Travailler plus certes, mais pour gagner moins. La casse du droit du travail d'abord, quitte à jouer le jeu du « dialogue social » et concéder des miettes, et ensuite l'intensification de l'exploitation, en déclarant la « guerre de classe ».

C'est le sens de la rupture des négociations sur le renouvellement de la convention collective d'entreprise datant de 2004 et le coup de force du « Plan d'entreprise pour le Collaborateur ».

Déterminés à ne plus céder face au chantage sans fin de la direction, les salariés de Carrefour ont lancé un mouvement de base qui touchent l'ensemble des supermarchés de la Péninsule. Mais face à cette combativité de la base, comment ne pas rester sceptiques face au discours tenu par la branche Commerce et Services de la CGIL: « Oui à la remise en cause des droits des travailleurs décidée en 2004, non à la remise en cause des cadeaux empoisonnés faits aux travailleurs alors! » ou encore « Oui à la grève... mais pour revenir à la table des négociations! », en d'autres termes « Nous jouons le jeu du dialogue social, et eux veulent installer la lutte de classes! »

Quelle contraste avec la combativité des salariés de Carrefour et le haut niveau de conscience syndicale et même politique qu'ils expriment dans le cadre de cette lutte.



Traduction et introduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



carrefourCarrefour, l'accord sans les syndicats: travailler plus pour gagner moins



de Giulia Torbidoni

dans Il Manifesto du 10 janvier 2010



A l'ère des supermarchés ouverts même le dimanche, une convention collective d'entreprise peut être remplacée par une brochure. Et c'est ce qu'a fait Carrefour, la plus grande chaîne de distribution en Europe, la seconde en Italie et dans le monde, qui en septembre avait envoyé à ses salariés le « Plan d'Entreprise pour le Collaborateur ». Une sorte de dépliant, distribué par la multinationale à ses salariés sans qu'il n'y ait eu aucune renégociation syndicale de la convention collective, qui puisse expliquer la nouvelle forme des rapports économiques institués entre l'entreprise et les salariés. Le « Plan » entrera en vigueur demain, voilà pourquoi les « collaborateurs », qui sont en réalité les travailleurs, ont manifesté leur colère dans plusieurs villes du pays.



Turin, Gênes, Lucques, Massa Carrare, Florence, Casoria en Campanie et Marcon en Vénitie. Ici, hier, les salariés de Carrefour se sont mis en grève et ont mené des actions de protestation devant les magasins de la marque. Ces derniers jours, ce sont les travailleurs de Bologne, Pise et Matera, mais aussi les travailleurs Lombards et Apuliens qui sont descendus dans la rue. Ce sont 25 000 salariés dans toute l'Italie qui accusent la multinationale d'avoir conduit à la rupture des négociations sur le renouvellement de la convention collective d'entreprise complémentaire (Contratto integrativo aziendale - CIA), c'est-à-dire la convention que les entreprises signent avec leurs salariés et qui s'ajoute à la convention collective nationale.



filmcams« Nous ne pouvions pas signer. L'entreprise cherche à suspendre des droits fondamentaux pour nous comme la prime de productivité, la valorisation des primes fixes avec l'ancienneté et les augmentations prévues par le CIA en 2004 pour le travail le dimanche », a déclaré Maria Grazia Gabrielli, responsable nationale de la Filcams-CGIL. Echec des négociations et, à partir de demain, application du « Plan pour le Collaborateur ». « Ce seront tous les avantages garantis par le précédent accord que les travailleurs vont perdre, et aussi la prime variable (c'est-à-dire lié aux paramètres convenus par les deux partis comme: le CA de l'entreprise, la productivité ou le montant du ticket de caisse moyen, ndr). On annule également toutes les primes pour le travail le dimanche », a souligné Gabrielli.



L'histoire a commencé en juillet dernier quand Carrefour a déchiré le CIA de 2004 et, le 1er octobre, et a balancé son « Plan », né sans convention collective et dont les salariés ont pris connaissance grâce à une brochure. Les syndicats accusent l'entreprise de comportement anti-syndical au tribunal de Turin. En novembre, la réponse du juge oblige la multinationale à retirer son « Plan » et à réintroduire les règles du CIA de 2004, mais seulement jusqu'au 31 décembre. Au cours des deux derniers mois de l'année, donc, les syndicats et l'entreprise entament des négociations pour le renouvellement du CIA, mais sans succès. « Puis l'entreprise nous a envoyé un communiqué nous informant que le Plan entrerait en vigueur le 11 janvier », rappelle Gabrielli.



Selon certains calculs effectués par les syndicats, avec les coupes prévues par le Plan, les travailleurs perdront jusqu'à 1 000 euros par an. Pour l'instant, affirme Gabrielli, « nous continuerons à manifester notre profond désaccord. Le 12 janvier, nous aurons la coordination unitaire des délégués et nous déciderons des prochaines étapes de nos actions de protestation pour arriver à rouvrir les négociations ».



Site d'Essere Comunisti: http://www.esserecomunisti.it/

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