Grèves historiques en Roumanie contre les mesures d'austérité imposées par le FMI


Par Tom Mellen, pour le Morning Star, quotidien du Parti Communiste de Grande-Bretagne


Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Vingt mille syndicalistes ont défilé mercredi contre les attaques sur les salaires des fonctionnaires à Bucarest, faisant écho à l'indignation publique envers le programme d'austérité imposé par le FMI.


En scandant des « Voleurs, voleurs », des représentants des travailleurs venant de tout le pays ont animé un rassemblement de trois heures devant les édifices gouvernementaux, exigeant du gouvernement minoritaire de centre-droit qu'il se démette.

 


Des syndicalistes ont aussi scandé des slogans pour une augmentation du salaire minimum mensuel de 145 euros à 170 euros l'année prochaine.

 


Et ils ont insisté sur le fait que toute nouvelle administration devra annuler une loi récemment adoptée qui oblige les travailleurs à prendre dix jours de congés non-payés dans l'année.


Lundi, 800 000 enseignants, docteurs ainsi que d'autres fonctionnaires ont participé à une grève d'un jour pour lancer un avertissement contre les lois qui ont été introduites par le gouvernement dans le but de cadrer avec les conditions rigoureuses imposées par le FMI en échange du « paquet d'aide contre la crise » de 20 milliards d'euros.


Le tollé général contre le programme, qui comprend des projets de suppression des systèmes de primes et qui introduit les congés non-payés obligatoires, a fait éclater la coalition au pouvoir la semaine dernière et n'a fait qu'ajouter une pression supplémentaire sur le gouvernement en vue des élections de Novembre.


Les observateurs prédisent à la Roumanie un plongeon dans l'incertitude politique jusqu'à l'élection présidentielle du 22 novembre, qui verra la confrontation des Libéraux-Démocrates du Premier Ministre Emil Boc à l'opposition, menée par le centre-gauche Social-Démocrate.

 

Mardi, le gouvernement a demandé le vote d'une question de confiance sur une Loi « de réforme des retraites » qui élèverait l'âge de la retraite à 65 ans d'ici 2030.


M.Boc a déclaré que la réforme était un préalable à l'obtention de nouveaux prêts du FMI.


L'âge actuel de départ à la retraite en Roumanie est de 63 ans pour les hommes et de 58 ans pour les femmes.


Le Président Roumain Traian Basescu s'est dédouané de toute responsabilité vis-à-vis de la contestation grandissante, affirmant qu'il n'y a pas « de sortie de crise claire ».


« Ni le gouvernement, ni moi-même ni la Banque Centrale ne peuvent sortir la Roumanie de la crise, car ce n'est pas possible. C'est une crise mondiale et la Roumanie est dépendante de ce qui se passe à l'échelle mondiale », a insisté M.Basescu.


En Août, le premier ministre, un ancien communiste, a annoncé dans un discours télévisé qu'entre 10 000 et 15 000 fonctionnaires seraient victimes des coupes.


Il a déclaré alors: « Il y a trop d'incompétents qui occupent actuellement un emploi de fonctionnaire et ils devront partir ».



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