792px-Xesko - Cunhal o HomemIl y a 5 ans... le dirigeant historique du PCP, Alvaro Cunhal nous quittait, bref rappel d'un engagement communiste de toute une vie



Les 74 années d'engagement communiste d'Alvaro Cunhal et les 44 années passées à la tête du Parti Communiste Portugais ne peuvent se résumer en une phrase ou en un mot. Le choix de vie de Cunhal fut celui de la résistance.

Résistance au salazarisme, à la dictature la plus réactionnaire de la bourgeoisie, refus de se soumettre au procès, incarcération puis évasions.

Il fut celui de la révolution.

Révolution des oeillets, que le secrétaire-général du PCP avait patiemment préparé, tant dans ses lectures en prison que dans son travail d'organisation dans la clandestinité. Révolution national-démocratique comme étape vers la révolution socialiste. Front populaire sous direction communiste.

Son choix fut enfin celui de la fidélité.

Cunhal n'a jamais renié, il a toujours tenu le cap du communisme dans les plus durs moments, a toujours pourfendu les ennemis de la révolution à gauche et même au sein du PCP. Il a refusé les voies sans issue du renoncement, du révisionnisme et du liquidationnisme qui touchait alors tous les partis communistes européens. Par son aura, il a servi de point de repère aux camarades, et évité que le PCP ne se fourvoie.



Alvaro Cunhal nous a quitté, il y a 5 ans désormais, le PC Portugais lui rend hommage tout au long de cette année. Ici, un petit rappel biographique, dans les prochaines semaines, nous reviendrons plus en détail notamment sur la conception du parti d'Alvaro Cunhal, fondamental dans un projet de reconstruction des partis communistes en Europe.

AC


 

Alvaro Cunhal: une vie consacrée aux travailleurs et au peuple - à l'idéal et au projet communistes

 

Notice biographique du Parti communiste portugais (PCP)

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

 

Mai 1950



Il y a 60 ans: affrontant les juges fascistes et en passant de l'accusé à l'accusateur, Alvaro Cunhal a été l'acteur d'un des gestes de résistance les plus significatifs au régime salazariste, dans un exemple de détermination, de courage et de confiance en l'avenir et qui, dépassant la période historique dans lequel il s'insère, inspire l'action et l'engagement des communistes dans le présent et dans l'avenir.



Dans une longue intervention – préparée en cellule, dans l'impossibilité totale de communiquer et sans papier pour prendre des notes – Alvaro Cunhal a mis en accusation la nature du régime fasciste; il a mis sur le banc des accusés « les gouvernants de la nation et son chef, Salazar »; énoncé les « conditions fondamentales pour qu'une République démocratique soit viable au Portugal »; justifié et défendu les orientations politiques et les lignes d'action du Parti communiste portugais.



L'adhésion d'Alvaro Cunhal à l'idéal et au projet communiste ne fut pas, seulement, l'adhésion à un projet émancipateur et transformateur: il faut aussi, de façon complémentaire, un choix de vie, concrétisé dans l'abandon total au Parti Communiste Portugais, et sa construction collective dont il fut le plus dévoué des ouvriers.



Personnalité singulière – dans ses dimensions politique, éthique, intellectuelle, artistique, humaine – sa vie et son oeuvre forment un tout indiossociable.



De l'activité intellectuelle d'Alvaro Cunhal est née – au-delà d'une oeuvre artistique significative – une production théorique qui s'est traduit dans un remarquable corps de pensée politique, économique, sociale, culturelle.



Une production théorique complétée et complétant son action pratique d'organisateur et de dirigeant communiste, toujours liée à la vie, à la lutte, aux désirs et aux aspirations des travailleurs et du peuple, qui consitue un élément incontournable pour aborder l'histoire portugaise du XXème siècle et une contribution singulière au développement créatif des idées de Marx, Engels et Lénine.



« Contre tous les démocrates portugais et particulièrement contre nous, communistes, se sont déchaînées de féroces persécutions et d'hystériques campagnes de mensonges et de calomnies. Pour nous donner du baume au coeur, il faut savoir que, en dépit de telles persécutions et de telles campagnes, notre Parti compte sur le soutien actif ou la sympathie des ouvriers, paysans, de tous les travailleurs honnêtes, manuels et intellectuels, de notre jeunesse, des femmes du Portugal, des peuples coloniaux, de tous les intellectuels sincères.



Nous allons être jugés et certainement condamnés. Pour nous donner du baume au coeur, il faut savoir que notre peuple pense que si quelqu'un doit être jugé et condamné pour avoir agi contre les intérêts du peuple et du pays, pour vouloir entraîner le Portugal dans une guerre criminelle, pour avoir utilisé des moyens inconstitutionnels et illégaux, pour avoir employé le terrorisme, cela ne peut être nous, communistes. Notre peuple pense que, si quelqu'un doit être jugé pour de tels crimes, alors que les fascistes s'assoient au banc des accusés, alors que s'assoient au banc des accusés les gouvernants actuels de la nation et son chef, Salazar. »



(extrait de l'intervention d'Álvaro Cunhal devant la cour Plénière, face aux juges fascistes, en mai 1950)



Le constructeur du parti



Les racines de ce moment mémorable devaient se trouver dans les deux décennies d'intense activité révolutionnaire qui, commencée avec l'adhésion d'Alvaro Cunhal au Parti, alors âgé de 17 ans, façonneront le processus de construction du PCP comme parti marxiste-léniniste.



Arrêté une première fois en 1939, il retombe entre les griffes de la police fasciste en 1940. Brutalement torturé, il s'est toujours refusé à de quelconques aveux, la même chose lors de son troisième séjour en prison, en 1949.



Cette fois, au-delà des tortures physiques, il fut soumis à des conditions d'incarcération qu'il a dénoncé au tribunal comme « une nouvelle forme de torture »: l'isolement (qui a duré plus de sept ans, dont les 14 premiers mois sous un régime d'incommunicabilité), à la Prison de Lisbonne, enfermé dans une cellule où la lumière n'était jamais éteinte, mais où jamais il ne voyait non plus le soleil.



Alvaro Cunhal fut un acteur majeur du processus décisif de réorganisation et de construction du Parti mené au cours des années 1940 – dans une action toujours marquée par la préoccupation dominante, tout en s'intégrant dans le collectif du parti, d'apporter sa contribution au chemin complexe, difficile et exaltant qui fut celui de la construction collective du Parti communiste portugais.



Un processus qui, commencé par la Réorganisation de 1940/41 et poursuivi avec la réalisation des IIIème et IVème Congrès (en 1943 et 1946), a créé les conditions pour se défendre face à la surveillance et à la répression fascistes; a construit l'indispensable direction collective; a formé un corps de révolutionnaires professionnels; a défini et construit l'identité du Parti, le travail collectif comme principe fondamental et les principes organiques du centralisme démocratique dans le fonctionnement du parti – procédant à la construction innovatrice du « parti léniniste défini à partir de sa propre expérience ».



Un processus au cours duquel la riche expérience des luttes de la période trouve un débouché, où on procède à une analyse conséquente de la situation politique nationale, on réaffirme la politique d'unité nationale anti-fasciste, on pointe le soulèvement national contre la dictature comme la voie pour le renversement du fascisme et pour la défense des intérêts nationaux.



Un processus qui a transformé le PCP en un grand parti national, à l'avant-garde révolutionnaire de la classe ouvrière et des masses, en un grand parti de la résistance et de l'unité anti-fascistes.



Et c'est en tant que représentant de ce Parti – force décisive dans la lutte contre la dictature fasciste, pour la démocratie et la liberté – que, en 1947, Alvaro Cunhal voyagera, clandestinement, en Union Soviétique et dans d'autres pays européens, avec comme tâche, qui sera accomplie avec succès, de garder des liens avec le Mouvement communiste international, interrompus depuis 1938.



« Le travail m'a sauvé »


Pendant sa longue période d'emprisonnement, Alvaro Cunhal – tout en faisant de la prison un espace de lutte et en menant un combat permanent pour ses droits en tant que prisonnier politique et contre le régime carcéral inhumain – développe un intense travail créateur couvrant un très large éventail de sujets, exprimant bien sa personnalité intellectuelle singulière.



Dans les brutales conditions d'isolement et de restrictions de toutes sortes imposées par la Prison de Lisbonne – qui visaient à l'abattre physiquement et moraleemnt – il a résisté en travaillant intensément.



Il écrivit alors Luttes de Classes au Portugal à la fin du Moyen-Ageet Contribution pour l'Etude de la question agraire;



Il traduisit le Roi Lear, de Shakespeare;



Il écrivit sur les arts et l'esthétique: Cinq notes sur la forme et le contenu(texte qui sera publié dans la revue Vértice, sous le pseudonyme de Antonio Vale) et, plus tard, la Préfaceau roman d'Aquilino Ribeiro, Quand hurlent les loups



il écrivit la fiction littéraire: A demain, camaradeset Cinq jours, cinq nuits.



Il produisit également ces dessins de prison.



De façon significative, les personnages des romans et des desseins d'Alvaro Cunhal sont, pour l'essentiel, ses compagnons de lutte, les victimes de l'oppression et de l'exploitation, lui qui fut un des combattants les plus acharnés de leur liquidation.



Et il lut.



Par les rapports des gardes qui le surveillaient 24 heures sur 24, nous savons que, en l'espace d'un mois, dans les jours qui ont précédé son jugement, il a lu:l'Histoire du régime républicain au Portugal; Le Crime du Père Amaro, et Alves et cie, de Eça de Queiros; les Possédésde Dostoievski; Les Âmes mortesde Gogol; le Théâtre de Tchekov; Eusébio Macario, de Camilo Castelo Branco; de nouveau l'Histoire du régime républicain au Portugal et la Sculpture grecque antique.



Et il continuera dans les jours qui suivirent son jugement et sa condamnation: une condamnation de quatre ans et demi ferme de prison avec des mesures de sécurité, renouvelables de six mois en mois pour des périodes de trois ans – artifice hypocrite utilisé par le régime pour prolonger indéfiniment sa détention.



Et il garde, échappant ingénieusement la surveillance des gardes, un contact régulier et réciproque avec la Direction du parti et un lien avec les luttes des travailleurs et du peuple, dont les aspirations et les désirs sont bien exprimés dans son oeuvre littéraire et artistique.



Avec tout cela, en donnant l'exemple supérieur de la pratique à ce qu'il théorisait: « En prison, le communiste continue 'à être actif', il continue à servir sa cause ».



Quand, après son transfert à la Prison du Fort de la péniche (le 27 juillet 1956), José Margo l'interroge sur la manière dont il a résisté à l'isolement, Alvaro Cunhal répond simplement: « Le travail m'a sauvé ».



L'évasion



NOTRE PEUPLE SALUE LA LIBERATION D'ALVARO CUNHAL ET DE SES CAMARADES, DÉFENDONS-LES DES ATTAQUES DE L'ENNEMI!



(une d'Avante! Deuxième quinzaine de Janvier 1960)



L'évasion historique de la Péniche, le 3 janvier 1960 – avec de grandes répercussions tant sur le plan national qu'international – permet de récupérer pour la lutte clandestine une importante série de cadres et dirigeants du Parti, parmi lesquels Alvaro Cunhal, prisonnier depuis plus de 11 ans.



L'évasion aura des conséquences profondes et positives dans la vie, les orientations, et l'activité du Parti.



Dans sa réunion de Mars 1961 – durant laquelle Alvaro Cunhal est élu secrétaire-général du Parti – le Comité Central procède à une profonde analyse critique du travail et des orientations politiques des dernières années – et fait les premiers pas vers la correction des méthodes de travail de la direction et vers la définition d'une nouvelle orientation politique.



Il est suivi d'un vaste et intense débat – qui, malgré les difficiles conditions de la clandestinité, a impliqué la majorité des militants du Parti – autour de la critique et du combat contre l'orientation erronée suivie jusqu'alors, qui pointait comme « trait dominant de la situation politique national, la désagrégation irréversible du régime fasciste » et présentait la « voie pacifique » comme le moyen de renverser la dictature.



On ré-adopte la ligne de masses et, faisant écho à l'orientation qui avait été définie au IVème Congrès, on met en avant le soulèvement national contre la dictature comme la voie pour renverser du fascisme, et défendre les intérêts nationaux.



Les conséquences de ces mesures sont profondes sur le renforcement du Parti et sur le contenu et l'intensité de son travail militant, introduisant dans l'action du mouvement démocratique et dans la lutte de la classe ouvrière et des travailleurs, une dynamique qui se révélera déterminante dans les années qui suivront.



Expression principale de ces conséquences, les grandes luttes de 1962, notamment les puissantes manifestations du 1er mai et la conquête historique de la journée de 8 heures par les salariés agricoles du Sud.



Se détachent aussi, comme un patrimoine précieux pour le parti, deux importants documents signés d'Alvaro Cunhal: La déviation de droite dans le Parti communiste portugais des années 1956/1959et la Tendance anarcho-libérale dans l'organisation du travail de la direction, intégrant une action de lutte idéologique dans laquelle s'inscrivent de nombreuses autres contributions précieuses, exemples de richesse et de profondeur de la production théorique d'Alvaro Cunhal comme les ouvrages: Radicalisme petit-bourgeois à visage socialisteet Action révolutionnaire, capitulation et aventurisme.



Ainsi que sa contribution à l'intervention active du PCP pour la défense de l'unité du mouvement communiste international, où se dégage le rapport présenté à la Réunion du Comité Central d'août 1963, l'intervention à la Conférence des Partis communistes d'Europe à Karloy Vany en avril 1967, à la Conférence internationale des Partis communistes en 1969, et à la Conférence des Partis communistes des pays capitalistes d'Europe, en janvier 1974.



« Le chemin vers la victoire »



En 1964, le Comité Central débat et adopteLe chemin vers la victoire,rapport présenté par Alvaro Cunhal et qui, discuté dans tout le Parti, constituera une contribution décisive à l'élaboration du programme du PCP pour la Révolution démocratique et nationale, adopté au VIème Congrès, en septembre 1965.



Il s'agit d'une oeuvre remarquable dans laquelle Alvaro Cunhal, à partir de l'analyse de la situation politique portugaise – de la nature de classe de la dictature fasciste, de sa base économique et sociale, du rôle des forces anti-fascistes, de la classe ouvrière et du Parti – montre la voie vers le renversement du fascisme, définit la politique d'alliances sociales nécessaire et la nécessaire politique d'unité anti-fasciste, et définit les tâches du Parti.



Dix années plus tard, le 25 avril 1974 et dans les jours et les mois qui suivirent, Le chemin vers la victoire était dans la rue, dans les usines, dans les bureaux, dans les champs, dans les écoles; était dans la politique des gouvernements provisoires, dans le Programme du MFA et dans l'action des militaires progressistes et révolutionnaires; il était, enfin, au coeur du processus révolutionnaire qui a transformé radicalement la société portugaise.



« Un jour viendra où les forces armées cesseront d'être un soutien efficace de Salazar et deviendront, pour une partie considérable d'entre elles, une arme de la révolution démocratique et nationale. Canons, tanks, avions, mitrailleuses et fusils cesseront d'être tournés contre le peuple et, au côté du peuple, elles se tourneront, ce jour-là contre leur gouvernement »



(Interview à Radio Portugal Libre le 30 Mai 1962)



La Révolution d'Avril



« Le moment exige que se renforce dans l'action quotidienne l'unité de la classe ouvrière, l'unité des masses populaires – force motrice des grandes transformations sociales; que s'élargisse et se renforce dans l'action quotidienne l'unité de tous les démocrates et patriotes et se développe impétueusement sa force organisée; que se renforce l'alliance, la coopération, la solidarité réciproque entre les masses populaires et les officiers, sergents, soldats et marins aux sentiments démocrates et libéraux. L'alliance du peuple et des militaires est, dans la situation particulière qui existe aujourd'hui, une condition essentielle au progrès de la démocratisation de la société portugaise »



(Intervention à son retour au Portugal, le 30 avril 1974)



La révolution portugaise, passé et avenir – Rapport adopté par le Comité central du PCP au VIIIème Congrès (1976) – est le premier travail signé par Alvaro Cunhal apès sa libération.



Il s'agit de l'analyse la plus complète à ce jour de la Révolution d'Avril, d'un travail incontournable pour l'étude de la révolution portugaise et de ses caractéristiques spécifiques.



Y est abordé le cycle historique entre le VIème Congrès et 1976: les dernières années de la dictature, les manifestations de crise du régime (aggravation et détérioration de la situation économique; guerre coloniale et incapacité d'y trouver une issue; isolement croissant interne et international), recrudescence de la lutte populaire, la lutte contre la guerre coloniale et dans les forces armées, les grandes luttes ouvrières et populaires qui ont ébranlé la dictature et préparé la révolution.



Alvaro Cunhal y analyse minutieusement le développement du processus révolutionnaire: la genèse et l'évolution du mouvement des capitaines et de l'alliance Peuple/MFA, comme expression de l'alliance de la classe ouvrière avec les autres classes et couches anti-monopolistes; le soulèvement militaire suivi ensuite du soulèvement populaire, qui s'exprimera de manière décisive dans un massif 1er Mai – et qui soulignait le rôle du mouvement ouvrier et populaire, comme force motrice essentielle, dans la définition du contenu et de l'avancée du processus révolutionnaires et des grandes conquêtes de la révolution: liquidation du capitalisme monopoliste d'Etat, nationalisations, réforme agraire, contrôle ouvrier, indépendance des peuples coloniaux, pouvoir local démocratique – conquêtes qui, consacrées par la Constitution de la République portugaise, adoptée le 2 avril 1976 furent, avec les libertés politiques, les éléments structurants de la démocratie la plus avancée qui ait jamais existé au Portugal.



Alvaro Cunhal y souligne et valorise le rôle et l'action des gouvernements provisoires, en particulier de celui qui a eu comme premier-ministre le général Vasco Gonçalves, figure marquante de la Révolution d'Avril, qui s'est toujours identifié avec les intérêts des travailleurs, du peuple et du Pays.



Alvaro Cunhal y indique les premiers pas et l'évolution de la contre-révolution sous toutes ses facettes.



La Révolution portugaise – passé et avenir, tout en étant une oeuvre unique dans l'étude de la révolution portugaise, a constitué, dans le même temps, un élément indispensable pour la discussion, la réflexion et l'étude pour le moment et à l'avenir.



La contre-révolution



A tête reposée, Alvaro Cunhal publie, en 1999, La Vérité et les mensonges sur la Révolution d'Avril (La contre-révolution avoue)est un exposé systématique, rigoureux et implacable de l'action des différentes composantes de la contre-révolution, pouvant être considéré comme un complément naturel de son oeuvre antérieure.



Il s'agit de l'analyse circonstanciée et profonde de la contre-révolution; de la dénonciation fondée sur les méthodes et les procédés utilisés dans la formation et le développement du processus contre-révolutionnaire – méthodes et procédés avoués par les acteurs eux-mêmes quand l'avancée de la contre-révolutionnaire leur a rendu cette arrogance fasciste et ce « courage » que le 25 avril leur avait enlevé.



Nous trouvons là la génèse, le développement, les objectifs et les résultats des différents coup d'Etats tentés; des attentats à la bombe; des manoeuvres de division des forces politiques, du MFA, du mouvement syndical unitaire – de la formation du premier gouvernement PS (mais de fait lié à la droite) qui s'est affirmé comme le premier gouvernement de la contre-révolution.



Tout en constituant un processus ayant comme objectif stratégique fondamental « la construction et la restauration du capitalisme monopoliste », qui passait par la « liquidation des grandes conquêtes de la révolution » et par le « relèvement, la restructuration et la restauration des groupes économiques monopolistes et de la propriété et de l'agriculture latifundiaires » - objectif pour lequel « a joué un rôle important l'entrée du Portugal dans la CEE et la subordination et les sacrifices, poursuivis jusqu'à nos jours, des intérêts nationaux aux intérêts et aux exigences des pays les plus développés, riches et puissants ».



Le processus contre-révolutionnaire tient, dans cet ouvrage d'Alvaro Cunhal, sa critique la plus incisive et la plus lucide, patente dans le décryptage et l'explication du contenu et des objectifs des politiques de droite; dans l'opposition à cette politique, de voies alternatives inspirées par les idéaux d'Avril; dans la démonstration sans équivoque de la nécessité et de l'importance impérieuse de la lutte de masse; dans la valorisation du rôle du PCP dans le combat contre les politiques de droite et ses conséquences pour le Portugal et pour les portugais.



« La révolution, avec la liquidation des grands groupes capitalistes dominants, avec les nationalisations et la réforme agraire, a été synonymes de pas importants et significatifs en termes de démocratisation sociale et culturelle. La contre-révolution, dans la mesure où fut reconstitué et restauré le capitalisme monopoliste, a imposé et continue d'imposer des mesures anti-démocratiques dans ses deux domaines.



La Révolution d'avril fut une affirmation de l'indépendance nationale. La contre-révolution, une histoire de capitulation face aux intérêts et aux exigences de l'étranger.



Du temps de la dictature, de la révolution et de la contre-révolution, en luttant avec des objectifs correspondants à des situations tellement différentes, le PCP a toujours conservé et conserve à l'horizon l'objectif de la construction d'une société socialiste au Portugal.



Une société nouvelle et meilleure, libérée de l'exploitation et des grandes inégalités et injustices sociales



La lutte pour cette objectif ne s'oppose pas, elle lui donne plutôt un sens plus évident, à la lutte actuelle pour la démocratie et l'indépendance nationale »



(in Vérité et mensonges dans la Révolution d'Avril – La contre-révolution avoue)



Le Parti, l'idéal et le projet communistes



La contribution précieuse et unique d'Alvaro Cunhal au processus de construction du PCP, s'est toujours accompagnée d'une production théorique intense et de qualité



En ce qui concerne concrètement le Parti, cette production a atteint son sommet avec « Le Parti aux parois de verre », oeuvre publiée en 1985.



Cet ouvrage a constitué, dans la lignée de la contribution de Lénine à la définition du parti prolétarien de type nouveau, une profonde et créative réflexion théorique sur le parti révolutionnaire en tant que collectif révolutionnaire pour la transformation de la soicété et pour la réalisation du projet communiste.



Alvaro Cunhal définit comme objectif de ce livre le fait de faire connaitre comment nous, communistes portugais, concevons, expliquons et voulons notre propre parti..



L'objectif a été pleinement atteint. Et même bien plus que cela: cette réflexion d'Alvaro Cunhal sur le Parti reste comme un stimulant pour l'engagement militant et l'action collective visant au renforcement du Parti.



Renforcement organisationnel, idéologique et dans l'action.



Renforcement de « notre grand parti »



Renforcement de l'affirmation de l'idéal et du projet communistes.



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