03-12La direction du PCE fait le choix d'Izquierda Unida en interdisant les listes communistes aux prochaines élections locales contre la décision souveraine des adhérents dans les fédés

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



L'échec de plus en patent de l'expérience Izquierda Unida, en particulier depuis le minimum historique atteint après les législatives de 2008 (3,8%), avait mené la direction du PCE à brandir de nouveau le drapeau du renforcement et de la reconstruction du PCE, à partir du Congrès de 2004, mais en l'articulant étroitement à un processus de refondation d'Izquierda Unida.



Ainsi, la direction du PCE intégrée au processus Izquierda Unida parvenait à calmer la colère grandissante de la base militante tout en ne remettant pas en cause encore l'existence d'Izquierda Unida comme organisation parallèle et plate-forme électorale incontournable pour les communistes espagnols.



Renforcement du PCE et refondation d'Izquierda Unida? Un compromis transitoire entre deux projets antagonistes



Or, ce compromis entre deux projets antagonistes ne pouvait être autre qu'une solution transitoire. Dans nombre de fédérations, les tensions à la base entre militants communistes et directions d'Izquierda Unida s'intensifiaient de jour en jour.



En Extrémandure et en Asturies, les directions d'Izquierda Unida en étaient venus à exclure de la coalition les communistes, coupables de défendre leur identité et de critiquer la soumission institutionnelle d'Izquierda Unida au PSOE.



Dans ses deux fédérations, pour la première fois depuis 1986, le projet de présenter des listes autonomes de rassemblement, identifiées comme communistes, aux élections municipales et régionales de 2011 prenait forme.



Les communistes d'Asturies avaient notamment voté à l'unanimité au dernier Congrès fédéral le principe de listes communistes autonomes d'Izquierda Unidaen vertu d'une disposition statutaire permettant exceptionnellement de présenter des listes hors de la plate-forme d'Izquierda Unida quand l'accord politique était devenu impossible.



La direction du PCE fait clairement le choix d'Izquierda Unida en interdisant les listes communistes autonomes en Asturies et en Extrémandure



La direction du PCE vient toutefois de mettre au jour les équivoques de son intenable solution de compromis: « Renforcement du PCE etrefondation d'Izquierda Unida », en faisant le choix d'Izquierda Unida contre l'autonomie du PCE.



En effet, le 6 février dernier, la direction du PCE a rejeté officiellement le principe de listes communistes autonomes aux prochaines élections locales, contre les seules oppositions des fédérations des Asturies, d'Extrémandure et d'une partie de la fédération de Madrid.



La désillusion est grande chez les camarades qui espéraient de l'actuelle direction du PCE un pas en avant vers la reprise d'autonomie du PCE, la réaffirmation de la raison d'être du parti révolutionnaire et du parti de la classe ouvrière que devrait être le PCE.



Face à la capitulation et la soumission à la social-démocratie des organisations historiques de la classe ouvrière , la nécessité de reconstruire le PCE sur des bases de classe!



Alors que les deux principales centrales syndicales, dont le syndicat historiquement sur des positions de classe, les Commissions ouvrières, ont signé un nouvel acte de capitulation devant le patronat et le gouvernement socialiste fin janvier avec le recul à 67 ans de l'âge de départ à la retraite, le secrétaire-général d'Izquierda Unida Cayo Lara a lui manifesté une opposition toute mesurée si ce n'est tue au projet.



Carla direction d'Izquierda Unida, avec la complicité active de la direction du PCE, prépare activement les prochaines élections avec certains calculs opportunistes en tête: grignoter une partie des voix des déçus du PSOE, en manifestant une opposition de façade aux politiques du PSOE, pour mieux négocier des places institutionnelles avec ce même PSOE; ménager les syndicats de collaboration de classe que sont l'UGT et désormais les CC.OO pour espérer compter sur leur soutien dans ces manœuvres politiques.



La colère gronde dans les Fédérations du PCE.



Les communistes des Asturies ont déjà exprimé leur opposition à ce verdict de la direction du PCE, conforme à une certaine visée politique mais pas aux statuts du Parti révisés en 2004.



Ils manifestent leur volonté de ne pas céder. Leur refus de plier face à une direction fédérale d'Izquierda Unida qui les a exclus, humiliés et traînés dans la boue, et devant lesquels ils devraient désormais faire pénitence.



Plus que jamais, le peuple d'Espagne, saigné par le PSOE et l'UGT à la solde du patronat, abandonné par ces organisations de classe historiques, a besoin d'un PCE fort, renouant avec sa raison d'être révolutionnaire, sur des positions autonomes de classe!



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