Spain-protests-to-defend-pensions largeDes dizaines de milliers de manifestants dans plusieurs villes d'Espagne contre la « Loi sur les retraites »


 

 

 

Article de la Republica, depuis les dépêches de presse espagnoles, du 24 février



 

Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce mardi à Madrid, à l'appel des CC.OO [syndicat de tradition communiste] et de l'UGT [syndicat d'obédience socialiste] pour s'opposer au projet du gouvernement d'augmentation de l'âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans, et ont exigé que le gouvernement change complètement de politique économique face à la crise.



La manifestation convoquée sous le mot d'ordre: « Pour la défense des retraites. Non au recul de l'âge de départ à la retraite. La solution n'est pas la casse de la protection sociale » a rassemblé plus de 70 000 personnes à Madrid, selon les syndicats, qui ont par ailleurs annoncé le syccès des manifestations convoquées également à Barcelone (50 000 personnes), Oviedo (40 000), Valence (25 000) et Alicante (25 000).



Dans l'itinéraire, depuis la place de Cibeles jusqu'à la Puerta del Sol, les secrétaires-généraux des CC.OO et de l'UGT, respectivement Ignacio Fernandez Toxo et Candido Mendez, ont ouvert le cortège, tandis que l'on pouvait également y voir plusieurs personnalités politiques, tels que le coordinateur général de Izquierda Unida, Cayo Lara, et le porte-parole de la même formation, Gaspar Llamazares, ainsi que le syndicaliste et ancien dirigeant de l'UGT, Nicolas Redondo.



Dans cette première manifestation contre la politique de Zapatero et pour le 20ème anniversaire du coup d'Etat de Tejero, avec des mots d'ordre comme « J'ai lutté contre le Parti Populaire et Zapatero m'a trompé », « Voler les vieux, c'est une honte » ou encore « Non c'est non, touches pas aux retraites Zapatero », les manifestants ont scandé des chants pour exprimer leur colère vis-à-vis de la réforme des retraites et ont même appelé à la convocation d'une grève générale.



20100223 01 moviliza madrid pensionesDans une ambiance festive, avec une forte concentration de drapeaux rouges, et au son des tambours, les militants du PCE ont reproché aux dirigeants syndicaux leur « passivité » face à la montée du chômage et ont affirmé et réaffirmé: « Combien de chômeurs de plus faudra-t-il pour convoquer une grève générale? ».



Une fois le défilé arrivé à son terme, les secrétaires-généraux des CC.OO et UGT, Ignacio Fernandez Toxo et Candido Mendez, ont pris la parole devant une Puerta del Sol enthousiasmée pour lancer plusieurs messages au Gouvernement et son président, et ont été interrompus à plusieurs moments par des cris appelant à la « grève générale ».



Le premier à parler fut Toxo, et il a assuré que les syndicats défendront « bec et oncles » les droits des retraités et a déclaré « que la crise ne débouchera pas sur un transfert de richesses massif » de la classe ouvrière vers les rentes du capital, « au moins sans résistance ». Il a dénoncé par ailleurs le Gouvernement qui veut piquer aux retraités le peu qu'il leur reste tandis que les entreprises continuent à faire des profits.



« Des mois de négociations s'annoncent », a-t-il indiqué, tout en ajoutant que cela ne l'empêchera pas de dire au Gouvernement que sa proposition d'étendre l'âge de départ à la retraite est « inutile » et « irresponsable ». « On ne joue pas avec les retraites », a-t-il ajouté.



De son côté, Mendez s'est montré sévère: « Non à la casse des retraites ». De plus, il a répondu au président du Gouvernement que l'augmentation de l'âge de la retraite « n'est pas seulement une proposition, c'est une menace ».



« C'est comme un morceau de viande que l'on agite sous le nez de requins, pour qu'ils dévorent l'ensemble du système public des retraites », a-t-il ajouté pour enchaîner sur l'idée que « ceux qui se sont gavés à l'époque de la frénésie économique, vont encore se gaver au moment de la reprise économique », faisant explicitement allusion au système financier.



Dans la même idée, Mendez a affirmé que si Zapatero déclare qu'il a la majorité de la population de son côté, et bien « qu'il le prouve! ». « On ne peut pas à la fois louer le bon Dieu et le diable » a-t-il lancé.



Les syndicats ont également lancé la charge contre le gouverneur de la Banque d'Espagne, Miguel Angel Fernandez Ordonez, qui a défendu aujourd'hui la proposition du Gouvernement, et lui ont demandé de faire preuve d'un peu de courage et de concentrer ses efforts sur une réforme du système financier, qui se trouve derrière la crise.



Par ailleurs, les deux dirigeants ont rendu hommage aux dirigeants syndicaux historiques Nicolas Redondo et Antonio Gutierrez, présents dans le défilé, ainsi qu'à Marcelino Camacho, comme « des pionniers » des mobilisations de ces derniers jours.



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