tr}tkp4La position du Parti Communiste de Turquie (TKP) sur la question kurde



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

La question Kurde ne peut pas être résolue dans un pays où la gauche est si faible




La question Kurde doit être résolue. Cependant, aussi longtemps que l'on tentera de résoudre la question Kurde sur la base qui en réalité crée et aggrave le problème, la solution sera toujours plus lointaine.



La question Kurde est une question d'égalité, de justice et de liberté. Dans un système social qui est bien loin de l'égalité, la justice et la liberté, la question Kurde ne peut être résolue sans la présence d'une prise de position populaire du côté de l'égalité, de la justice et de la liberté.



La question Kurde ne peut être résolue par le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP) qui a creusé les inégalités dans la société, éliminé tout sentiment de justice et perçoit la liberté comme le fait d'imposer sa volonté à autrui et de l'asservir.



La question Kurde ne peut être résolue tant qu'existera le lien entre les inégalités, l'injustice et les pratiques qui entravent les libertés du peuple Turc, des peuples vivant en Turquie, et les politiques négationnistes poursuivies contre les Kurdes depuis des décennies.



La question Kurde ne peut être résolue dans des circonstances où le choix de lancer publiquement un appel à la solution militaire et à la lutte armée peut être effectué si facilement, d'où les discours sur une solution, l'ouverture, la paix, la fraternité, l'unité perdent toute force de persuasion.



La question Kurde ne peut être résolue aussi longtemps qu'une volonté populaire qui empêcherait des forces telles que les Etats-Unis et l'Union Européenne d'intervenir dans la question d'une manière ou d'une autre ne se sera pas manifestée.



La question Kurde ne ne peut ni être résolue par un pouvoir politique qui demande l'aval et le soutien des Etats-Unis et de l'Union Européenne pour réprimer les Kurdes ni par un accord politique qui réclame des Etats-Unis et de l'Union Européenne protection et bienveillance envers les Kurdes ou exhorte l'État à trouver une solution.



La question Kurde ne peut être résolue à moins que soit élaborée un projet porté avec résolution, et qui soit compris par quiconque vivant en Turquie.



La question Kurde ne peut pas résolue avec la politique d' « ouverture démocratique » de l'AKP, dont le contenu est connu par personne et qui est en réalité une politique émergeant pour permettre à l'AKP d'asseoir son pouvoir politique, de renforcer son influence sur la population Kurde sur des bases religieuses, et d'obtenir une influence économique et politique en Irak en coopérant avec l'administration Barzani.



La question Kurde ne peut être résolue par des discours et de politiques qui, derrière les concepts de paix, de fraternité et d'identité Turque, vise à la séparation plutôt qu'à la vie ensemble et à dresser les peuples les uns contre les autres.



La question Kurde ne peut pas être résolue dans des conditions où la revendication d' « arrêter l'effusion de sang », qui est une revendication que personne ne peut contredire, est réduite en pièces par un tour de force et où la même revendication est mise en parallèle avec la mise en œuvre de politiques militaristes.



Depuis 30 ans, la question Kurde a été étiquetée comme le « problème le plus urgent du pays » et le seul résultat a été l'escalade de la violence; après tout, une solution à la question Kurde est impossible à travers des propositions pour une « solution urgente » qui ne cherche pas à introduire des changements radicaux dans les rapports de force politiques en faveur des classes laborieuses.



La question Kurde ne peut être résolue aussi longtemps que l'objectif d'unité et de fraternité est soumis à des pressions aussi fortes que concrètes, celles de la guerre civile, de la séparation et de la division.



La question Kurde ne peut résolue dans des circonstances où l'idée que les Turcs et les Kurdes sont différents les uns des autres est exprimée aussi fortement, les gens d'origines ethniques différentes sont forcés de s'exprimer dans le contexte d'une telle séparation, et ainsi la base sociale du nationalisme s'élargit rapidement.



La question Kurde ne peut être résolue aussi longtemps que les politiques négationnistes, que ce système n'a jamais abandonné pour réprimer le peuple Kurde, empêcheront le peuple Turc de ressentir des sentiments de culpabilité et aussi longtemps que ces politiques négationnistes ne cesseront d'être adoptées par le peuple Turc comme le seul moyen de préserver sa propre existence.



La question Kurde ne peut être résolue dans les rapports de force actuels.



La question Kurde ne peut être résolue sur la base de l'unité et de la fraternité à moins que les rapports de forces politiques actuels ne changent. Ni que la question Kurde ne pourra être résolue par la « destruction » à laquelle les rapports de forces actuels mèneront inévitablement.



La question Kurde peut seulement être résolue si les Turcs, les Kurdes et quiconque vivant dans ce pays se tournent vers la gauche; seulement si une telle voie commune est poursuivie.



La question Kurde ne peut être résolue qu'au moyen de la position unificatrice du mouvement socialiste basée sur la philosophie de l'égalité et de la liberté.



La question Kurde ne peut être résolue que par les idéaux et les projets révolutionnaires.



La question Kurde peut être résolue en mettant en échec le pouvoir politique opposé à la gauche; par la fermeté des masses laborieuses qui mettront un terme à ce pouvoir.



La question Kurde ne peut être résolue tant que les craintes que la force du mouvement socialiste banalisera la question Kurde persisteront parmi les Kurdes.



La question Kurde peut être résolue si le mouvement socialiste parvient à briser le siège social qui l'encercle, si il ne se prive pas de dire son mot sur la question, si il déjoue les tentatives de répression et d'interdiction.



La question Kurde peut être résolue seulement si le mouvement socialiste, le véritable parti de la lutte contre l'inégalité et l'injustice, prend l'initiative.



La question Kurde peut être résolue avec une vision qui met en avant la mise en échec des projets impérialistes par le peuple Turc et d'autres peuples au lieu de penser à comment on devrait traiter la question en s'appuyant sur telle position et tel projet des pays impérialistes.



La question Kurde n'est pas une question qui peut être résolue par nos ennemis; puisque personne d'autre que la gauche, qui représente la lutte des masses laborieuses et leur émancipation, aucune autre force ne peut être crue dans ce pays, la question Kurde peut être résolue seulement si la gauche prend l'initiative.



Ceux qui parlent de vivre côte à côte dans l'égalité et la liberté; ceux qui savent comment partager et qui veulent partager; ceux qui veulent un pays où les origines ethniques du peuple n'atténuent pas la volonté du peuple à vivre ensemble et à construire un avenir commun... Tournez-vous vers la gauche; renforcez l'option socialiste. Ni égalité, ni liberté ni unité ne sont possibles avec les impérialistes, une armée pro-OTAN, un gouvernement réactionnaire, les communautés religieuses, la philosophie Barzani, et le nationalisme dans un pays où la gauche est faible!



L'approche selon laquelle, « cela prendra du temps pour que la gauche soit plus forte; mais une solution au problème Kurde est urgente » n'a produit rien d'autre qu'une impasse depuis 30 ans. A ce stade, les attentes et la recherche d'une « solution urgente » ne nous mènent qu'à des destructions encore plus grandes. Dans un processus où une situation insupportable émerge pour les masses laborieuses alors que le pays est restructuré dans une perspective libérale-religieuse, dans le sens des désirs impérialistes, soit la question Kurde avancera vers une « solution » en conformité avec cette transformation soit les rapports de force en Turquie changeront, et les revendications d'égalité des Kurdes convergeront dans la lutte contre le processus sus-mentionné. La conception selon laquelle la nature du pouvoir politique, qu'il soit AKP ou autre, n'est déterminée que sur la base de son approche de la « question Kurde » ne fait qu'éloigner les peuples Kurdes et Turcs les uns des autres!



Le Parti communiste de Turquie réalisera des pas politiques dans la direction indiquée par les analyses et les considérations ci-dessus. Le Parti adoptera une approche constructive envers les activités et les suggestions de ceux qui agissent avec des préoccupations similaires et fera tout ce qu'il a à faire afin de changer ce paysage politique actuel défavorable.



Communiqué du Comité Central du Parti Communiste de Turquie

 

Retour à l'accueil