communist-party of-canadaLe conflit syrien doit être résolu par le peuple syrien lui-même

 

 

Communiqué du Parti communiste canadien (PCC) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

La crise en Syrie s’approfondit de jour en jour. Des milliers de personnes  ont été tuées ou blessées, parmi lesquelles se retrouvent de nombreux civils pris entre les deux feux des groupes d’opposition armés et des forces gouvernementales. Des milliers d’autres ont été déplacés de leurs villes et villages et contraints par les combats à l’exil interne ou à l’étranger. En ce sens, la situation est réellement devenue une tragédie humaine et sociale de premier ordre.

 

Mais que se passe-il réellement en Syrie? Qui en réalité provoque la violence et prolonge l’agonie du peuple syrien?

 

Les médias occidentaux voudraient nous faire croire que la cause profonde du conflit est le gouvernement «tyrannique» du président Bachar El Assad, qui s’accrocherait au pouvoir à n’importe quel prix, prêt à sacrifier la santé et la sécurité de son propre peuple. Ce «grand mensonge» est au cœur de la campagne de propagande pour diffamer El Assad afin de dissimuler le rôle des forces réactionnaires et cléricales déterminées à déstabiliser et finalement, à renverser le gouvernement actuel et s’emparer du pouvoir. Et si nécessaire, cette campagne de diabolisation sera utilisée comme prétexte pour justifier une intervention militaire et une occupation impérialiste pour imposer directement le «changement de régime», comme on l’a fait en Irak et plus récemment en Libye.

 

L’offensive médiatique mondiale contre la Syrie n’est qu’un aspect d’une stratégie impérialiste à multiples facettes pour écraser (et peut-être démembrer) l’État syrien. L’objectif plus large est de façonner un «Nouveau Moyen-Orient” constitué d’États arabes faibles et soumis, dominés par les États-Unis et les puissances impérialistes européennes, ainsi que par leur gendarme local dans la région, l’État expansionniste d’Israël. Cela permettrait de leur garantir un accès sans entrave au pétrole et aux autres ressources naturelles de la région, et d’étendre leur contrôle géopolitique impérialiste sur le « bas-ventre » de l’Asie, pour encercler à la fois la Fédération de Russie et la Chine.

 

Détruire l’État syrien est essentiel dans la réalisation de cette ambition impérialiste. À cause de son emplacement central dans la région, de son caractère laïque et ses politiques sociales progressistes, de sa ferme solidarité avec la juste lutte du peuple palestinien et son opposition à la politique expansionniste de l’État sioniste, la Syrie a longtemps été dans la mire de l’impérialisme américain. Pour leurs propres raisons, les régimes arabes réactionnaires – en particulier l’Arabie saoudite et le Qatar – ainsi que la Turquie sont également anxieux d’affaiblir et d’écraser la Syrie.

 

«Le changement de régime» à Damas et son remplacement par un autre plus souple et pro-impérialiste aggraverait cette catastrophe pour le peuple syrien. Cela modifierait radicalement l’équilibre des forces dans la région, affaiblissant les forces anti-impérialistes, et servirait de prélude – et de rampe de lancement – à une agression de l’OTAN et d’Israël contre l’Iran voisin, l’État le plus puissant de la région.


Lorsque les protestations antigouvernementales ont éclaté en Syrie l’an dernier, l’impérialisme américain et ses partisans locaux et régionaux ont saisi l’occasion pour lancer leur campagne de déstabilisation, en utilisant le mécontentement populaire (et parfois les méthodes brutales utilisées par les autorités locales syriennes pour réprimer les manifestations) comme couverture pour passer à l’action. De nombreuses Syriennes et Syriens étaient avec raison en colère contre l’impact des réformes “néolibérales” qui ont affaibli la production nationale, augmenté le chômage et accru les disparités sociales et économiques entre la masse des travailleuses et des travailleurs et les capitalistes nationaux et étrangers, soutenus par des représentants gouvernementaux, faibles, mal avisés et parfois corrompus.

 

Mais les voix d’opposition légitimes ont rapidement été, ou bien cooptées, ou mises de côté par des bandes lourdement financées et armées par des puissances étrangères, déterminées à rendre la Syrie ingouvernable. Des attentats terroristes pour provoquer la répression du gouvernement, de la violence sectaire pour inciter la méfiance et l’hostilité entre la majorité sunnite et les minorités alaouites et autres, de la contrebande d’armes lourdes et même l’utilisation de mercenaires venus de l’étranger et, enfin, des appels à l’intervention étrangère directe en violation de la souveraineté nationale de la Syrie – tel est ce qui a été le plan orchestrée par l’«opposition interne». L’ampleur de l’intervention étrangère secrète déjà bien évidente dans le conflit prouve qu’il ne s’agit pas d’une «guerre civile», mais plutôt d’une conspiration impérialiste coordonnée en haut-lieu contre la Syrie.

 

Les bien mal-nommés «Amis de la Syrie» – la cabale des États-Unis et des autres puissances impérialistes, les régimes arabes réactionnaires et despotiques, et le contre-révolutionnaire Conseil National Syrien – ont rejeté toutes les tentatives du gouvernement Assad de dialoguer avec «l’opposition», pour établir un cessez-le-feu selon le plan de paix de Kofi Annan, ou pour introduire des réformes constitutionnelles mettant fin à l’état d’urgence et ouvrant la voie à des élections législatives plus ouvertes. Au lieu de cela, ils ont forcé à plusieurs reprises au Conseil de sécurité de l’ONU l’adoption de sanctions anti-syriennes, et ont dénoncé la Russie et la Chine de mettre leur véto sur des résolutions véhémentes et dangereuses qui auraient donné le feu vert à une agression impérialiste étrangère avec la sanction de l’Organisation des Nations Unies, comme cela a été fait en mars 2011 contre la Libye.

 

Le gouvernement Harper a joué un rôle particulièrement méprisable dans cette sordide affaire, battant les tambours de guerre et des sanctions contre la Syrie. Malheureusement, les principaux partis d’opposition au Parlement du Canada – les libéraux et le NPD – n’ont pas fait beaucoup mieux. En effet, les trois partis se sont joints à la conspiration impérialiste contre la Syrie, plaidant en faveur de «l’interventionnisme humanitaire» et la «responsabilité de protéger» (R2P) comme justification pour une nouvelle agression.

 

Le Parti communiste du Canada rejette fondamentalement cette escalade belliqueuse frénétique contre la Syrie et l’Iran, et avertit qu’un tel aventurisme militaire pourrait bien conduire à une dangereuse conflagration dans toute la région du Moyen-Orient, et au-delà.

 

Nous demandons:


• le plein respect de la souveraineté et de l’indépendance nationale syrienne;


• la levée des sanctions; l’arrêt immédiat de tout soutien financier et militaire de l’Armée syrienne libre et d’autres groupes armés à l’intérieur de la Syrie ; et


• la renonciation à une «solution» militaire en faveur d’un cessez-le feu par tous les combattants et d’un dialogue national global pour rétablir la paix dans ce pays troublé.

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