securityLa privatisation de la police avance à grands pas en Grande-Bretagne



Article JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le gouvernement conservateur britannique se saisit du prétexte de la crise pour brader ce qu'il reste du patrimoine public après vingt-cinq ans de privatisations tant sous le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher que sous celui travailliste de Tony Blair.



Dans le cadre de son budget « axe and tax » présenté en 2011, le gouvernement prévoyait la réduction de l'ensemble des budgets des ministères de 15 à 25%, la suppression de 300 000 postes de fonctionnaires, une politique qui préparait la privatisation des services de base de l’État.



En parallèle à la poursuite de la politique de privatisation de la santé, le gouvernement vient de dévoiler son plan de privatisation progressif des services de police, alors que le gouvernement a déjà réduit de 20% le budget de la police et annoncé la suppression de 34 000 postes.



Sous impulsion gouvernementale, la région des Midlands de l'Ouest, avec ses 5,3 millions d'habitants autour de Birmingham, a décidé de lancer un appel d'offre pour la prestation de divers services essentiels au fonctionnement du service public parmi lesquels : « l'enquête criminelle, les patrouilles de proximité et même la détention de suspects ».



Le contrat juteux serait d'une valeur comprise entre 2 et 4 milliards d'euros et prendra effet à partir du 1er avril 2013. Un plan similaire est envisagé dans le comté de Surrey, dans la banlieue de Londres. Selon le super-intendant de la police Phil Kay, il s'agit de « développer des liens plus étroits avec le secteur privé » et il appelait « les organisations extérieures en question » à manifester leur intérêt.



La mesure a déclenché un certain scepticisme chez les syndicats de fonctionnaires qui dénoncent une pratique de l'externalisation et de la sous-traitance, qui constitue un ballon d'essai pour une véritable politique nationale de privatisation de la police, et ne va contribuer qu'à livrer un service public essentiel à des entreprises privées guidées par le profit :



« Les seuls qui sont gagnants dans l'affaire, ce sont les entreprises privées et les actionnaires qui feront des profits au détriment de la prestation du service public », selon Ben Priestley, représentant du syndicat des fonctionnaires UNISON.



Le syndicat avait mené l'opposition à une opération similaire dans le comté de Lincolnshire (1 million d'habitants au nord-est du pays) où un contrat de 250 millions d'euros a été signé avec la compagnie de sécurité privée G4S qui s'est vue transférer la gestion de 500 policiers ainsi que d'un commissariat entier.



Le syndicaliste s'inquiète également de l'impunité dont pourront bénéficier de telles entreprises privées, hors de tout contrôle démocratique : « Les gens ne seront plus en mesure de se rendre à la Commission indépendante relative aux plaintes policières, si jamais il y avait le moindre problème ».



Simon Reed, vice-président de la Fédération des policiers anglais et gallois, organisation corporatiste à laquelle est affilié chaque policier britannique d'habitude très prudente sur ce type de questions a également manifesté son inquiétude, dénonçant des projets qui « auraient des conséquences dramatiques sur la qualité du service public que la population est en droit d'exiger et sur le service qu'ils recevraient effectivement ».



Source : Morning Star, quotidien du PC Britannique

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