paleckis2Le leader du Front populaire socialiste de Lituanie Algirdas Paleckis accusé de défendre les ‘crimes de l’URSS’ choisit la contre-attaque à son procès : « La vérité est de notre côté, nous l’emporterons »

 

 


Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Ce 12 avril 2011, à Vilnius, a eu lieu la première session du procès intenté par le premier district de la ville de Vilnius contre le président du Front populaire socialiste Algirdas Paleckis sur ses propos concernant les aspects refoulés des événements du 13 janvier 1991. Durant le procès, une action de masse de citoyens Lituaniens a été organisée devant le tribunal avec des slogans tels que : « Qui tirait depuis en haut ?! », « Qui a tiré sur les victimes du 13 janvier ?! », « OUI à la liberté d’opinion ! ».


 

Cette session était introductive, il a été décidé de fixer la prochaine session pour le 7 juin à 9 heures dans une salle 016, plus grande, puisque tous ceux qui voulaient être là ne sont pas parvenus à entrer. Les témoins seront convoqués. Certains d’entre eux, déjà ce 12 avril après le procès, déclaraient ouvertement aux journalistes qu’ils avaient vu de leur propres yeux les tirs depuis en haut. Cela a provoqué un marmonnement impuissant du conservateur Kestutis Masiulis, qui a déclaré que « cela n’était pas vrai, puisque cela ne pouvait avoir eu lieu », toutefois le peuple a pu dévisager sur cette figure discréditée un rire sarcastique.


 

Des observateurs internationaux étaient là pour surveiller le procès – une militante des droits de l’Homme et journaliste américaine Carla Stea et les membres du présidium du mouvement international des droits de l’Homme « Un monde sans nazisme » Joseph Koren et Valerij Engel. Après la session du procès, ils sont sortis dégoûtés par les violations des droits de l’Homme fondamentaux en Lituanie. Ils ont déclaré que l’article du Code pénal (article 170 deuxième partie) qui est appliqué contre A.Paleckis entre clairement en contradiction avec l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés, la Déclaration universelle des droits de l’Homme de l’ONU et l’article 25 de la Constitution de la République de Lituanie. Tous ces documents garantissent la liberté d’expression et d’opinion, à moins d’une menace à l’ordre public, ce qui n’est certainement pas le cas ici.


 

a-paleckis px250Après la session du procès, l’accusé Algirdas Paleckis, à qui, comme s’il était un récidiviste, l’interdiction de quitter la Lituanie a été prolongée – a livré les commentaires suivants aux médias :


 

« Il s’agit d’un décret politique agressif lancé par le gouvernement corrompu auprès du Procureur général contre le Front populaire socialiste en tant que seul défenseur des intérêts du petit peuple Lituanien contre la liberté sans limites du grand capital. Plus les conditions matérielles des citoyens Lituaniens s’aggravent et plus vite les prix des produits et services de base augmentent, plus la fascisation du régime actuel se révèle à visage découvert. Ceux qui sont au pouvoir manifestent ouvertement des sympathies pour le dictateur de l’entre-deux guerres Antanas Smetona. Ils glorifient les partisans cachés dans les forêts après la guerre, une partie d’entre eux collaborateurs des Nazis, tueurs de Juifs, qui ont continué à tuer des civils après la guerre.

 

Les tribunaux ont déjà avalisé (!) le déploiement ostensible de croix gammés et de slogans tels que « La Lituanie aux Lituaniens ! ». Toutes les protections sociales possibles et imaginables sont liquidées, tout comme les retraites, les organes régressifs sont renforcés, des canons à eau sont utilisés pour disperser les manifestations populaires légales. Et désormais l’offensive contre la liberté d’expression a commencé. Pourquoi ont-ils choisi notre parti, moi-même ? Parce que nous avons ouvertement commencé à mettre au jour ce régime corrompu et ses fondements manipulateurs. Car nous portons des revendications sociales essentielles qui sont d’une importance cruciale pour tant de gens. Ce 13 janvier 1991, des événements tragiques ont eu lieu, des personnes innocentes sont mortes. Il devient de plus en plus clair qu’il s’agissait d’une provocation.

 

Les leaders nationalistes ont alors cyniquement manipulé le peuple, et nous connaissons le résultat. Les événements sanglants de Janvier ont été utiles à ces leaders nationalistes, ils avaient ouvertement parlé de la nécessité d’avoir des victimes. Après cela, ils sont devenus des ‘héros’, donc ils ont trouvé la bonne raison pour se partager le gâteau, les rentes et – plus important encore – à travers les privatisations frauduleuses, ils se sont emparés de la richesse qui avait appartenu à toute la nation. Par des méthodes monopolistes, ils se sont incrustés dans l’économie et la politique – et ils y restent encore aujourd’hui.

 

Les gens vivent dans la pauvreté, ils émigrent – et ces parasites nous lavent le cerveau depuis vingt ans sur cette pseudo-indépendance, qui n’est plus réelle depuis longtemps, et sur la liberté, dont ne bénéficient pas la majorité des gens. Ils imposent aux gens la version de l’histoire qui leur profite à eux. Ils ont eu peur des paroles franches « ce sont des gens bien de chez nous qui tiraient sur d’autres Lituaniens », parce qu’elles visaient juste.

 

Quand A.Smetona prit le pouvoir en 1926 via un putsch et après avoir accusé quatre communistes d’une tentative imaginaire de coup d’Etat les a fait exécuter, « c’étaient des gens bien de chez nous qui tiraient sur d’autres Lituaniens ».

 

Quand le même régime a tiré pour réprimer une grève paysanne de masse dans la région de  Suvalkija region en 1936, « c’étaient des gens bien de chez nous qui tiraient sur d’autres Lituaniens ». Quand durant l’occupation Nazie, une partie des collaborateurs locaux tiraient sur des manifestations citoyennes pacifistes, « c’étaient des gens bien de chez nous qui tiraient sur d’autres Lituaniens ».

 

Quand, dans l’après-guerre, une partie de la guérilla des bois tirait dans le dos des civils, « c’étaient des gens bien de chez nous qui tiraient sur d’autres Lituaniens ». Nous avons déjà parlé du 13 janvier 1991.

 

Finalement, quand le 16 janvier 2009, les forces spéciales tiraient sur les gens avec des balles en caoutchouc, « c’étaient des gens bien de chez nous qui tiraient sur d’autres Lituaniens ». Un seul et même style fasciste.

 

C’est pourquoi ce gouvernement corrompu ne peut en aucun cas nous pardonner, à moi et au Front populaire socialiste, d’être les seuls à leur dire toute la vérité sur aujourd’hui et sur le passé droit dans les yeux.

La lutte pour l’avenir commence. Le FPS organise la résistance contre l’agression de ce régime corrompu envers les travailleurs.

 

La vérité est de notre côté, et nous l’emporterons. Faisons trembler les ennemis du peuple – le temps leur réserve son propre verdict. »

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