logo-colour2Le Parti communiste d’Irlande lance un appel-manifeste afin que le peuple Irlandais refuse de payer la « dette socialisée du capital »

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Communiqué de presse du PC d’Irlande, vendredi 4 mars :

 

Lors du lancement d’une brochure-manifeste appelant au refus de payer la dette, le secrétaire-général du Parti communiste d’Irlande, Eugene McCartan, a déclaré que le peuple devait être autorisé à voter sur cette question essentielle. Ce n’est pas que nous ne pouvons pas payer la dette mais que nous ne voulons pas la payer et que nous ne la paierons pas. Comme l’on force les travailleurs à payer cette dette illégitime, perpétuelle et impossible à payer, on doit leur permettre de voter à cet égard lors d’un référendum.

 

Il a déclaré que le CPI analysait le paiement forcé de cette dette comme un transfert massif de richesses des travailleurs d’Irlande vers les banquiers étrangers en Allemagne, France, Grande-Bretagne et ailleurs. C’est la socialisation de la dette privée des entreprises. Il a appelé le mouvement syndical à mener une campagne pour un référendum, à apporter au peuple de l’espoir et une direction.

 

Le CPI a appelé toutes ces forces dans la nouvelle Assemblée (Dail) – le Sinn Fein, l’United Left Alliance, et ces députés indépendants qui sont favorables à un referendum – à faire front et à porter dans une démarche unitaire un projet de loi visant à faciliter la tenue d’un référendum.

 

Les principaux partis représentés à l’Assemblée ont constamment fait la leçon au peuple sur le fait que nous vivons dans une démocratie, pourtant ils ne laisseront pas le peuple faire entendre sa voix et ont en réalité fait de cette génération et des générations futures de citoyens de cet Etat des serfs.

 

 

CPIEugene McCartan, secrétaire-général du Parti communiste d’Irlande

 

 

 

 

RDRésumé de « Refusons de payer la dette – pour un avenir meilleur »

 

« Refusons de payer la dette : pour un avenir meilleur », la brochure-manifeste lancée aujourd’hui par le Parti communiste d’Irlande, s’affirme comme une contribution au débat urgent et nécessaire sur ce que notre establishment appelle la « dette souveraine » Irlandaise. La brochure, complétant la publication précédente du Parti communiste Une économie pour le bien commun, cherche à replacer l’offensive contre les services publics, et ceux qui les rendent, dans le contexte d’une crise de la dette souveraine qui s’insère fondamentalement dans la Grande crise financière actuelle – une crise cyclique dont les causes premières résident dans la logique du capitalisme dans sa phase actuelle « financiarisée ».

 

 

Absente du débat présenté et contrôlé par les médias sur le sujet, une analyse du système économique dans lequel cette crise de la dette se déroule. Tandis que les articles d’opinion abondent sur les salaires des fonctionnaires, le rôle du « partenariat social » [modèle national tri-partite syndicats/patronat/Etat de négociation des salaires des travailleurs du public et du privé instauré en 1987] et même la bulle de l’immobilier, très peu replacent justement ces événements dans le contexte du système socio-économique dans lesquels ils se produisent : le capitalisme.

 

La brochure ne constitue pas une analyse exhaustive mais vise à dévoiler les causes historiques de la crise de la dette et les évolutions structurelles au sein du système capitalisme qui nous ont menées jusque-là. Mais surtout il indique une issue politique et économique qui profiterait à la majorité des gens dans ce pays, ce qui doit commencer par le refus de payer la dette illégitime dont on voudrait faire porter tout le poids à notre peuple et aux générations futures.

 

Il n’y a pas de solutions faciles, « neutres », à cette crise : il n’y a que des solutions politiques, et celles-ci nécessitent une vision politique, des campagnes politiques, et des choix politiques. Qui paiera pour cette crise ? Et qui profitera d’une quelconque reprise, si reprise il y a ?

 

La brochure vise à démontrer qu’alors que l’industrie manufacturière a stagné dans l’ensemble, à cause des limites du mode de production capitaliste – en dépit de la reconstruction de l’après-guerre et des dépenses militaires croissantes – la masse de capital accumulé dans le système rendait nécessaire l’ouverture d’un nouveau secteur d’investissement. La finance a offert cette opportunité, dans un premier temps à travers les valeurs mobilières et par la suite à travers les hautement complexes « produits financiers » qui existent aujourd’hui.  La finance est devenue la source dominante de profit et de croissance pour le système capitaliste, remplaçant ce que l’on décrit souvent comme l’ « économie réelle ».

 

Avec cette financiarisation se sont produites une instabilité croissante ainsi que des bulles spéculatives. La dette est devenue un instrument, utilisé pour financer la consommation alors que les salaires diminuaient tant en termes réels (pouvoir d’achat) qu’en rapport avec l’évolution des profits. Pour les gouvernements également, la dette est devenue un instrument pour couvrir la diminution des rentrées fiscales provoquée par la baisse des salaires, les exonérations fiscales en faveur des grandes entreprises et du capital et la privatisation d’entreprises publiques rentables.

 

Puisque le système en est venu à compter sur la finance pour absorber le capital accumulé et faciliter sa reproduction, la finance a aussi vu son importance politique s’accroitre très fortement, à tel point que désormais, afin de sauver le système économique, les Etats ont du intervenir pour renflouer et soutenir la finance. C’est seulement dans ce contexte que l’on peut comprendre les plans de renflouement ; et ce sont ces plans de renflouement de la finance et la stabilisation monétaire (dans le cas de l’euro) qui sont la cause de la crise de la dette souveraine actuelle.

 

 

La garantie bancaire qui a servi à socialiser la dette privée et des grandes entreprises, et les re-capitalisations conséquences ainsi que la constitution de la NAMA [banque publique irlandaise créée pendant la crise pour racheter les actifs toxiques des banques], constituent le plus grand transfert de richesses jamais vu des travailleurs Irlandais vers la finance et les banques étrangères en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne afin de sauver l’euro et le projet politique européen.

 

Du fait de ces agissements, notre pays est désormais soumis aux diktats et au contrôle de l’Union européenne et du Fonds monétaire international – non pas dans les intérêts de notre peuple mais au service des maisons financières mondialisées. Nos enfants et les générations futures sont devenus virtuellement des « serfs » (indentured labour) aussi longtemps qu’ils n’auront pas remboursé ces dettes. Le gouvernement bradera de plus en plus d’entreprises et de biens publics, y compris nos ressources naturelles, dans leur effort pour rembourser l’argent dû à ces banquiers.

 

Le programme gouvernemental et la déclaration de dépendance peuvent être trouvés très clairement dans les documents du protocole d’accord avec l’UE et le FMI et devraient être lus par tous ceux qui sont préoccupés par l’avenir de ce pays.

 

Au lieu de tout simplement accepter cela comme une situation hors de notre contrôle, la brochure appelle le peuple à revendiquer le refus d’honorer cette dette illégitime, perpétuelle et impayable. Les travailleurs ont un choix à faire. Sacrifions-nous tout ce pour quoi nous avons lutté pendant des générations, ou rejoignons-nous la campagne pour refuser de payer cette dette et exigeons un référendum, afin que le peuple puisse être autorisé à voter sur cette dette que l’on place sur leurs épaules ?

 

En commençant par souligner la nature de la crise dans le système – en particulier la crise récurrente de sur-production – le pamphlet cherche à expliquer comment nous en sommes arrivés là, et ce qu’est exactement la phase actuelle « financiarisée » du capitalisme. Comment a émergé cette phase du capitalisme, et quelles sont ses tendances ?

 

A la suite de cela, mais tout en lui étant inextricablement lié, se trouve le rôle de la dette. Des niveaux record d’endettement des ménages en Irlande à l’imposition de dizaines de de milliards de dettes sur notre économie par l’UE et le FMI ainsi que par les grandes maisons financières, il ne fait aucun doute que pour qu’un développement économique significatif puisse se produire, la question de la dette doit être résolue.

 

Cette brochure porte la conviction que cela peut, cela devrait et cela doit être le cas.

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