barrosoue.jpgLe Parti communiste portugais (PCP) dénonce dans la proposition de Barroso un nouveau saut fédéraliste et appelle à rompre avec le cap de l'intégration européenne



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Dans le discours prononcé le 12 septembre dernier par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, au Parlement européen, à Strasbourg, sur l'Etat de l'Union, il a été défendu la création d'une Fédération d'Etats, conditionnée à la modification préalable du Traité européen.



Confronté à l'approfondissement de la crise structurelle du capitalisme, à la forme toujours plus violente que prend cette crise dans l'UE et dans la zone euro, le discrédit croissant de l'UE et de ses institutions aux yeux des travailleurs et des peuples européens, le président de la Commission européenne choisit une fois de plus la fuite en avant. Cette proposition – qui constituerait un bond qualitatif sans précédent dans l'imposition supra-nationale des politiques et orientations qui sont à l'origine de la crise actuelle et dans l'intensification de l'offensive contre la démocratie et la souveraineté des peuples – ne résout aucun des problèmes auxquelles sont confrontés les travailleurs et les peuples d'Europe, au contraire elle constituerait, si elle venait à se réaliser, un facteur de leur aggravation. La crise profonde, dans laquelle l'UE est plongée, est la conséquence de ces politiques et orientations qui, depuis des années, ont été imposées aux travailleurs et aux peuples. Des politiques qui défendent l'exploitation des travailleurs, qui s'attaquent à la démocratie et à la souveraineté, creusent les inégalités et les trajectoires divergentes entre pays, et imposent un transfert de richesses des travailleurs vers le grand capital économique et financier. Il n'y aura pas d'issue à la crise en poursuivant les politiques qui sont menées actuellement, il n'y aura pas d'issue à la crise en maintenant le cap actuel de l'intégration européenne.



La position de l'Union européenne adoptée par M.Barroso qui est de proposer des modifications dans le schéma institutionnel de l'UE ne fait que dévoiler que les familles politiques qui depuis des décennies contrôlent le processus d'intégration – la droite et la social-démocratie – n'ont pas de solution à la crise si ce n'est la poursuite et l'approfondissement des politiques qui sont à l'origine de la crise. Des modifications qui visent, avant tout, à créer de nouvelles conditions plus favorables pour poursuivre ces mêmes politiques catastrophiques, de recul social qui ont été imposées aux travailleurs et aux peuples, avec la brutalité que l'on connaît.



Parmi les changements annoncés, on compte de nouveaux pas en avant dans l'intégration économique et politique, la modification du statut des partis politiques européens, avec la modification des modalités d'élection du parlement européen et du président de la Commission européenne – des changements, selon Barroso, ne pensant pas par une quelconque modification du Traité. C'est plutôt un coup d'Etat institutionnel qui s'annonce, apportant une nouvelle manifestations plus claire au conflit croissant entre cette UE et les pruncipes et les valeurs démocratiques les plus élémentaires.



Fut également présentée la proposition de création d'une Union bancaire, attribuant à la BCE le rôle de supervision bancaire supra-nationale. Il convient de rappeler que la BCE est l'entité qui, au nom d'une indépendance de façade, a rempli le triple rôle de jeter les Etats entre la gueule des spéculateurs financiers, de réduire les coûts de financement pour le grand capital et de promouvoir l'exploitation du travail, via la compression des salaires.



L'Union économique et monétaire a privé les Etats de la zone euro de leur politique monétaire, en même temps qu'elle a limité fortement leur politique budgétaire et fiscale. Les résultats sont déjà visibles, en Portugal et dans les autres économies périphériques. Ce sont des instruments fondamentaux pour adapter les politiques publiques à la situation, aux besoins et aux aspirations de chaque pays et de chaque peuple. Désormais, on cherche à retirer le contrôle des Etats à la supervision et à la régulation du secteur financier – secteur fondamental pour le financement des économies – qui cesserait ainsi d'être sous contrôle et publics, démocratiques. Une telle situation, si elle venait à se vérifier, serait la confirmation de toute la fausseté de la prétendue indépendance de la BCE, un fait patent par ailleurs dans la façon dont la BCE a décidé d'intervenir sur le marché secondaire de la dette.



Ce que l'économie portugaise a besoin pour croître, c'est avant tout la nationalisation des banques commerciales, la plaçant au service de l'économie nationale. Le Portugal a besoin d'une banque publique qui finance l'augmentation de la production nationale et un programme de ré-industrialisation, instrument fondamental pour créer des emplois avec des droits, augmenter les salaires, diminuer la dépendance extérieure du pays, résolvant ainsi les problèmes du déficit et de la dette publique.



Ce dont le Portugal a besoin n'est pas d'un approfondissement du caractère néo-libéral et fédéraliste de l'Union européenne et de nouvelles mesures qui confirment combien l'Union européenne est un bloc fondamentalement impérialiste, avec des rapports de domination de type coloniale en son sein. Ce dont le Portugal, les travailleurs et le peuple portugais ont besoin c'est d'un changement complet de cap, d'objectifs et de nature du processus d'intégration européen.

Retour à l'accueil