i29217monicellifu1Le parti de la Refondation communiste rend hommage au « camarade Mario Monicelli », dernier grand du cinéma italien et communiste non-repenti

 

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

En mémoire d'un révolutionnaire

 

 

 

 

Communiqué de Paolo Ferrero, secrétaire-général du Parti de la refondation communiste (PRC)

 

 

Mario Monicelli a décidé de ne plus être parmi nous. A travers le cinéma, ce grand homme caché sous une apparence fluette s'est toujours battu, avec dignité et sens de l'humour, pour la justice et l'égalité. Il a parlé de guerre, d'amitié, de communisme, d'histoire, de féminisme, et il y a encore quelques mois de cela, de « révolution ». Son regard a toujours été celui des humbles, de ceux qui luttent.

 

Voilà pourquoi il n'est pas particulièrement nécessaire d'être cultivé ou passionné de cinéma pour aimer ce grand réalisateur. La résignation de Capannelle, se mettant à manger des pâtes et des pois chiches après avoir échoué à faire le trou dans le mur, dans le Pigeon, nous nous en rappelons tous. Tout comme nous nous rappelons tous de la sympathie et de l'énergie vitale de Monica Vitti, dans La Fille au pistolet. Ou du désespoir de Alberto Sordi quand, dans Un bourgeois tout petit petit, il voit mourir son fils victime d'une attaque à main armée.

 

Mario Monicelli a fait tellement de films, et il a non seulement su raconter notre Italie mais il en a souligné les traits, mis en évidence les spécificités. Monicelli a su produire de l'art de très haut niveau à travers la transposition à l'écran de la vraie vie vécue et des particularités des gens de chez nous. Il y a bien plus de compréhension de l'Italie dans nombre de ses films que dans tant de traités sociologiques.

 

J'aime à penser que Monicelli a su faire cela parce qu'il était justement communiste, révolutionnaire. Monicelli n'était pas un réalisateur et ensuite un communiste. Il a fusionné les deux termes, d'une part en assumant un point de vue particulier d'observation du monde – par le bas – et d'autre part en soulevant le problème de la transcendance de la réalité ici et maintenant, de la rébellion. « L'espoir, disait-il, est un piège inventé par les patrons. Il faut avoir le courage de se rebeller... et aller chercher notre salut, ce qui en Italie n'a jamais été le cas ».

 

Il y a dans cette phrase une force énorme; d'un communisme qui n'est pas réduit à une pratique religieuse de l'espérance future mais, au contraire, le communisme vécu comme urgence du changement, ici et maintenant. Le courage de se révolter est cette étincelle, ce décalage, qui nous parle de la possible construction d'une subjectivité qui ne se conçoive pas sous l'empire de ceux qu'il appelait justement les patrons. L'aversion pour le pouvoir, pour l'arrogance, pour l'oppression, pour le cynisme et un véritable intérêt envers tout ce qui a trait à la dignité humaine. Le même sens de la dignité humaine qui l'a emmené probablement à s'enlever la vie pour ne pas finir, malade, par devoir dépendre d'on ne sait quel appareil médical.

 

Nous voulons nous le rappeler ainsi, communiste non-repenti, qui nous a accompagné avec ses films, nous a fait l'honneur d'avoir été militant de Refondation communiste et de nous avoir soutenu dans les campagnes électorales.

 

Merci Mario, pour ce que tu as été et pour ce que tu as fait.

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