noticia 21686 normalLe peuple chilien a porté un coup décisif à l'exclusion



Article d'AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 


Editorial de l'hebdomadaire El Siglo – Edition extraordinaire du 14 décembre

Communiqué par le Parti Communiste du Chili



On abuse, c'est certain assurément du qualificatif d' “historique” pour souligner l'importance de certains événements politiques ou sociaux. Ce que personne ne peut nier, cela dit, c'est que ce qui s'est passé le dimanche 13 décembre lors des élections parlementaires et présidentielles mérite bien ce qualificatif.

 

Le point central, et cela a été bien souligné par le candidat de la gauche à la présidence, Jorge Arrate, c'est la rupture de l'exclusion. Effectivement, 36 ans après, le Parti Communiste du Chili fait son retour au Parlement, en faisant élire à la Chambre des Députés 3 de ses 4 candidats: le président du Parti, Guillermo Teillier; son Secrétaire-général, Lautaro Carmona; et aussi le dirigeant et avocat, défenseur des droits de l'homme, Hugo Gutierrez.

 

Malheureusement – et ce sera un fait à analyser ultérieurement – nous regrettons que nous ne soyons pas arrivés dans leurs districts à obtenir les deux sièges attendus pour l'alliance Concertacion/Juntos Podemos, mais l'élection de nos députés n'est dûe qu'au fait que les candidats du Parti sont arrivés non seulement en tête de la liste de gauche, mais aussi, pour les cas de Tellier et Carmona, qu'ils sont arrivés en tête dans leurs districts respectives, devant la droite.

 

A leurs côtés, d'autres ont fait une grande campagne, mais ne sont pas parvenus à être élus, Cristian Cuevas, du Parti Communiste; les candidats de la Gauche Chrétienne, Claudio Narea et Roberto Celedon; et le candidat de la Nouvelle Gauche Alvaro Cabrera, qui ont toutefois récolté un nombre important de voix.

 

L'importance de ces résultats, et leur dimension historique, va bien au-delà du simple fait de l'élection de Teillier, Carmona et Gutierrez comme députés. Il s'agit du premier coup porté à l'exclusion, datant du cadre institutionnel hérité de la dictature, et ce n'est pas seulement le résultat de l'action politique de la gauche mais, comme tout le monde l'a bien compris, de notre implication militante dans les luttes sociales et politiques pour briser les chaînes imposés à l'ensemble des citoyens et, en particulier, aux travailleurs et à la majorité du peuple.

 

Les jours de l'exclusion sont comptés”, avait déclaré il y a une semaine Guillermo Teillier dans les pages de ce même hebdomadaire. Et il avait raison, bien que le chemin vers une véritable démocratisation du système politique – ainsi que de l'ensemble de la société – soit encore long, en commençant par le scrutin binominal.

 

Dans la même veine, autre événement historique, il convient de signaler le succès électoral obtenu par le candidat de la gauche à la présidence, Jorge Arrate. Il passe des 5,4% du candidat de la gauche en 2005, Tomas Hirsch (avec 375 048 voix), à 6,21% en 2009 (avec 425 879 voix). Il n'est pas inutile de rappeler que le nombre de votants est passé de 6 942 041 en 2005 à seulement 6 854 401 en 2009, ce qui met d'autant plus en valeur le résultat obtenu par Jorge Arrate, qui rassemble 50 000 voix de plus avec 90 000 votants en moins au total, tout cela selon les chiffres connus après le dépouillement de 96% des bulletins.

 

Mais l'importance du score obtenu par le candidat de la gauche prend toute sa valeur si on prend en compte le contenu de sa campagne. En effet, c'est Arrate qui a mis à l'ordre du jour du débat public, entre autres, des questions essentielles comme la renationalisation du cuivre, la nécessité d'une Assemblée Constituante pour une nouvelle Constitution Politique, de la démunicipalisation de l'éducation, avec l'engagement de l'Etat à garantir un enseignement de qualité et accessible aux enfants des familles plus pauvres et les plus démunies, ainsi que le respect pour les métiers de l'enseignement; que la justice et la vérité soit faite sur les violations des droits de l'homme perpétrées par les fonctionnaires civils et en uniforme de la dictature; que soit mis en échec les projets économiques de Pinera pour le Chili.

 

A juste titre, Jorge Arrate a souligné la nature transformatrice du programme défendu dans la campagne, et a garanti que cette journée électorale serait le début d'une phase de réarticulation d'une gauche plurielle et engagée sur la voie des grandes transformations sociales et politiques dont le pays a besoin. Il a insisté sur “l'instinct” anti-droitier qui constitue une des qualités fondamentales et éternelles. Dans le même temps, il a affirmé, comme l'a rappelé le président du Parti Communiste, Guillermo Teillier, que “nous ne sommes prêt à signer de chèque à blanc à personne”, et que ce second tour doit être l'occasion d'un large débat national centré sur ces grands objectifs et revendications populaires.

 

Le Junto Podemos (coalition électorale menée par le Parti Communiste) peut légitimement fêter ce résultat. Au sein de la Concertacion (coalition de centre-gauche réunissant démocrates-chrétiens et socialistes), des plaies restent ouvertes qui ne sont rien d'autre que le résultat d'erreurs et de contradictions qui ont permis à la droite d'obtenir un résultat qui, en termes absolus et en pourcentage, dépasse largement son influence réelle et constitue une sorte de miroir déformé de la réalité sociale et politique du Chili.

 

A droite, la défaite de Lavin [leader historique de la droite post-pinochiste] lors d'élections sénatoriales qualifiées d' “emblématiques”, ouvre un large espace pour la lutte, qui devra se manifester dans les prochains jours.

 

Le pays change. Le Parlement sera différent une fois que des élus authentiquement de gauche rentreront au parlement. A la chambre, on écoutera à nouveau la voix du peuple. Le grand pas en avant constitué par le soutien obtenu par Jorge Arrate lors de cette élection, ainsi que le contenu profond de son travail de pédagogie et de construction d'un mouvement, a soulevé un espoir.

 

Site du Parti Communiste Chilien: http://www.pcchile.cl/

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