strike sud-af sept 2010claration du Comité central du PC d'Afrique du sud sur la gr ève des salariés sud-africains du secteur public



Traduction AC http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

 

 

Le Comité central du SACP s'est réuni à Johannesbourg le week-end du 27 au 29 août. La grève des travailleurs des services publics et la position et les responsabilités du SACP à son égard ont été discutés en profondeur.


 

 

 



La grève des travailleurs des services publics


 

Le CC appelle le gouvernement et les syndicats à s'assurer que l'on trouve une solution rapide à la grève. Elle entre désormais dans sa troisième semaine et au plus elle se prolonge, au plus tout le monde souffre et le danger de s'enfermer dans des positions inconciliables augmente.



Le SACP réaffirme encore une fois sa conviction que les revendications des travailleurs des services publics sont légitimes et nous les soutenons dans leur lutte pour une juste rémunération. En particulier, nous remarquons que les écarts de salaire dans le secteur public entre les échelons avec les rémunérations les plus élevées et ceux avec les salaires les plus faibles est de 91 à 1. Bien que l'écart dans le secteur public soit encore plus grand, nous ne pouvons nier que les écarts de salaire dans le salaire public sont honteux, et tous les efforts doivent être réalisés pour réduire progressivement cet écart inacceptable.



A cet égard, le CC appelle le gouvernement à donner l'exemple en s'assurant que soit organisé un moratoire sur les augmentations de salaire.



Le SACP rejoint aussi la COSATU dans la condamnation des actes d'indiscipline de la part de certains grévistes. Négligence vis-à-vis des patients en soins intensifs, y compris les nouveau-nés, détournement d'ambulances, menaces d'attaques physiques contre les étudiants et les enseignants par d'autres enseignants – tous ces actes pénalisent leurs camarades travailleurs, les enfants des travailleurs et les pauvres en général. Ces formes grossières d'indiscipline nuisent à la légitimité de la lutte et divisent plutôt qu'unir les quartiers ouvriers.



Le secteur public se montre fortement critique vis-à-vis de l' « Etat développemental » (Etat au service du développement – de developemental state en anglais) que nous cherchons à construire. Nous ne pouvons pas laisser les rapports de travail au sein du secteur public être réduits à une étroite épreuve de force entre employeur et employé. De tous les côtés, gouvernement et syndicats, nous devons reconnaître, encourager et affirmer les responsabilités professionnelles et la vocation de ceux qui travaillent dans des secteurs clés tels que la santé, l'éducation et la police.



En effet, personne ne peut se permettre de continuer à conduire des négociations avec les travailleurs du service public de cette façon. Quelque soit l'issue de la grève actuelle, les partenaires de l'alliance menée par l'ANC doivent s'asseoir autour d'une table, parler franchement entre eux, et analyser les raisons de ces épreuves de force destructeurs et trop fréquents dans lesquels ni les syndicats ni le gouvernement n'émergent nécessairement avec une crédibilité populaire renforcée.



Parmi les questions qui doivent être discutées, la question controversée des négociations dans le secteur public. Contrairement aux grèves dans le privé, où la bataille se joue sur la répartition de la plus-value entre profits et salaires – dans le secteur public, le budget est fixé à l'avance et les ajustements sont autant d'argent ré-alloué et enlevé à d'autres priorités. Que ces autres priorités soient légitimes ou non est à débattre, mais cela signifie qu'il y a une inflexibilité certaine inhérente au processus. Les négociations de salaire dans le secteur public devraient précéder l'adoption du budget, et nous devons trouver comment en faire une réalité, ce qui doit aussi comprendre des engagements mesurables pour améliorer la productivité et la qualité du service public. Un autre secteur qui nécessite une attention urgente est la définition concrète, et un consensus sur celle-ci, de ce que sont les « services essentiels ».




La grève et la question du logement




Ce n'est pas un hasard si tant dans la grève actuelle, que dans les grèves précédentes dans les entreprises publiques, la revendication d'une revalorisation des allocations-logement a été centrale. La plupart des travailleurs du secteur formel, y compris les travailleurs des services publics dans des domaines-clés comme l'éducation, la santé et la police, se perdent dans les limbes du logement. Ils ne rentrent pas dans les critères pour l'aide gouvernementale au logement (RDP) d'une part, mais ils ne peuvent se payer des prêts-logement privés d'autre part. Le problème s'est considérablement aggravé avec la bulle inflationniste des prix du logement en Afrique du sud – parmi une des pires du monde. Selon l'indicateur des prix du logement de cette année de The Economist, les prix moyens du logement Sud-africains ont augmenté de manière impressionnante de 389% entre 1997 et 2008, faisant de l'Afrique du sud le pire pays parmi les 19 analysés (ensuite viennent l'Irlande avec 193% et l'Espagne avec 184%).



Des augmentations dans les allocations-logement payés aux travailleurs des services publics pourraient contribuer à soulager certains de leurs problèmes à l'échelle individuelle, mais la crise du logement nécessite une approche beaucoup plus globale. La bulle des prix du logement est alimentée par la spéculation sur la propriété foncière et une planification et une régulation urbaine très faible. L'Etat doit exercer un contrôle effectif sur la gestion de la propriété foncière, et l'Etat doit encourager la mise en place de projets immobiliers plus humains et équitables – ce qui comprend un développement de quartiers avec mixité sociale, et la suppression du gouffre physique et sociale entre bidonsvilles (townships) et banlieues aisées (suburbs). Nos institutions financières pour le développement, le PIC (Commission pour l'investissement public) et les banques privées doivent investir dans cette direction afin de transformer nos villes et nos cités. L'appel de longue date du SACP pour une banque du logement publique doit être mis en œuvre.



Nous allons revigorer notre Campagne sur le secteur financier, en se concentrant principalement sur ces questions. Le SACP a lancé la Campagne sur le secteur financier il y a 10 ans, et il est temps de ramener les parties prenantes à la table d'un sommet national, pas seulement pour évaluer et critiquer les progrès réalisés ou non, mais aussi pour planifier comment le secteur financier devrait contribuer à nos objectifs nationaux de développement dans les dix prochaines années.



A bien d'autres égards le sort des travailleurs, y compris des travailleurs du secteur public, doit être traité au-delà des simples augmentations de salaire direct. Il y a un certain nombre de mesures liées au allocations sociales qui doivent trouver une solution – y compris l'accès au soins de santé et à l'éducation supérieure pour les enfants de la classe ouvrière. Même pour ces travailleurs qui ont les moyens d'avoir accès aux soins médicaux, l'argent manque généralement à la fin de l'année pour pouvoir se les offrir. A cet égard, le SACP appelle le gouvernement à avancer plus rapidement vers la mise en place du projet d'Assurance nationale santé (NHI en anglais). Que la mise en place de ce NHI soit un des résultats les plus importants de la grève actuelle.

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