KKEÉlections municipales et régionales: une progression significative pour le Parti communiste grec (KKE)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



A l'échelle nationale, le KKE frôle les 11%: le KKE est le seul parti qui a connu une augmentation en pourcentage de voix (+ 3,3%) et en votes réels (+ 75 000 voix) par rapport aux législatives de l'an dernier.



Ce 7 novembre se tenait le premier tour des élections régionales et municipales, qui a eu lieu après les réformes administratives qui ont regroupé les 1 300 municipalités en 325 et les 52 comtés en 13 régions. C'était le résultat du regroupement des exécutifs locaux, qui a été mis en place par le plan « Kallikratis », adopté par la majorité parlementaire social-démocrate, qui au-delà du regroupement des municipalités en des entités moins nombreuses et plus grandes et du remplacement des préfectures par des régions, mènera à de nouveaux et profonds changements anti-populaires.



Le KKE a pris part aux élections sur les listes du « Rassemblement populaire », car en Grèce la participation directe des partis aux élections locales est interdite. Le « Rassemblement populaire » a participé aux élections dans les 13 régions du pays, et dans 260 municipalités qui recouvrent tous les grands centres urbains et la majorité du pays.



Il y eut des milliers de candidats sur les listes du « Rassemblement populaire » qui étaient menées par des dirigeants reconnus du KKE, du Front militant des travailleurs (PAME), du Rassemblement militant des paysans (PASY), du Rassemblement anti-monopoliste grec des travailleurs indépendants (PASEBE), du Front de lutte des étudiants (MAS), de l'Organisation des femmes de Grèce (OGE), du Comité grec pour la détente internationale et la paix (EEDYE) etc.



Ces élections ont pris une tournure intensément politique, si on prend en compte le fait qu'elles se déroulent après une dure période de lutte de classe de grande ampleur, contre les mesures anti-populaires que le gouvernement social-démocrate du PASOK, en collaboration avec l'UE et le FMI, impose au peuple. Luttes dans lesquelles le KKE était en première ligne et qui étaient menées par le mouvement syndical sur des positions de classe, le PAME.



Résultats principaux et évaluation politique du KKE:

Régions

(triés en ordre décroissant des résultats obtenus par le KKE)

KKE

(nombre devoix)

KKE (%)

Nord de l'Egée

16877

15.74

Iles ionniennes

17266

15.30

Attique

202612

14.43

Thessalie

57831

13,10

Grèce de l'ouest

43399

11.14

Grèce centrale

35909

10.87

Macédoine centrale

88631

9.08

Sud de l'Egée

15401

9.04

Macédoine de l'ouest

15851

8.22

Macédoine de l'est et Thrace

27852

7.74

Péloponnèse

25660

6.80

Crète

22843

6.93

Résultat national

588898

10.85%



Il convient de prendre en compte le fait qu'il y a tout juste un an, aux législatives, le KKE avait obtenu 517 154 voix, 7,54%, tandis qu'il y a 4 ans, aux élections locales de 2006, le résultat total de ses listes électorales dans les 52 comtés était de 479 812 voix soit 7,22%.



Le KKE note en particulier que:

  •  
    • il y a eu une hausse de 3,3% (75 000 voix en plus) par rapport aux législatives de 2009;

 

  •  
    • il y a eu une hausse de 3,6% (110 000 voix en plus) par rapport aux élections locales de 2006;



Le KKE a eu 40 conseillers régionaux élus et plus de 500 conseillers municipaux. Dans deux municipalités (Icarie et Petroupoli), les candidats du KKE sont parvenus au second tour. Dans certaines municipalités (ex: Ilion, Korydallos) les candidats qui étaient appuyés par le KKE sont arrivés en seconde place, mais le candidat arrivé en tête a dépassé les 50%, et donc il n'y aura pas de second tour.



Le Comité central du KKE s'est réuni le 8 novembre 2010 pour échanger sur la question suivante: « La première évaluation des résultats du premier tour des élections pour les gouvernements locaux à l'échelle régionale et municipale ». Le KKE élaborera ces premières conclusions après le second tour des élections. Il les donnera aux organisations du parti qui en discuteront, à ses amis, sympathisants, alliés et les diffusera aussi largement que possible, afin que les conclusions finales en soient tirées.



1/Concernant le renforcement du KKE



Comme cela a été noté dans sa déclaration, le Comité central du KKE évoque le fait que « les résultats du premier tour des listes qui étaient soutenues nationalement par le KKE sous l'intitulé « Rassemblement populaire » ont démontré être le signe d'une force qui monte, gagnant des milliers de nouvelles voix, et il a donc été reconnu que le Parti était le seul parti qui a augmenté ses voix et son pourcentage. Avec les données qui ont été recueillies jusqu'alors, en comparaison avec les législatives de 2009, il y a eu un gain de 75 000 voix. Près de 11% soit une augmentation de 3,3%. Le Comité central est d'opinion qu'indépendamment des voix obtenues, le nombre de personnes qui ont une opinion positive des positions et des analyses du KKE, qui sont intéressés à en apprendre davantage sur nos propositions politiques alternatives, qui reconnaissent le rôle politique militant et la contribution du parti, a augmenté ».



Dans le même temps, le Comité central du KKE « remercie et salue tous ces hommes et ces femmes qui pour la première fois ont voté pour les listes soutenues par le KKE, qui ont résisté aux diverses intimidations, chantages, provocations ainsi qu'aux diverses listes indépendantes soutenues par la classe dirigeante. Cette progression importante en voix nous donne de nouvelles responsabilités et de nouveaux devoirs. Nous comprenons la nécessité pour nous de relever ce défi en organisant la lutte et en construisant le rassemblement du peuple et des travailleurs, d'exprimer la colère et la volonté de lutte de masses populaires toujours plus larges qui apprécient notre rôle et notre contribution, tout en ayant dans le même temps leurs propres opinions sur différentes questions ».



Le Comité central du KKE estime que « le renforcement aux élections locales induit un certain dynamisme, signale une nouvelle voie pour le rassemblement de forces populaires toujours plus larges contre les politiques qui ont mené à la détérioration de la vie du peuple, ont contribué à l'aggravation de la crise et ont mené à l'élaboration de ce Mémorandum barbare qui continuera pendant la crise tout comme pendant la reprise, qui, quand elle arrivera, sera anémique et sera suivie par une nouvelle vague de crises. Le courant anti-monopoliste et anti-impérialiste s'est renforcé, l'alternative qui propose une solution se fixant comme objectif le pouvoir et l'économie populaire, a gagné du terrain. »



2 – Les autres forces politiques



Le fait qu'aucune autre force politique n'ait augmenté son score, hormis le KKE, est une donnée politique importante:



  • L'influence électorale du gouvernement social-démocrate PASOK est passée de 43,92%, obtenues aux élections de 2009, à 34,67% (une baisse de près de 10%, la perte de plus d'1 million de voix);

 

  • L'opposition conservatrice de la ND a recueilli 32,82% des voix (1% de moins par rapport aux résultats de l'an dernier et la perte de près de 500 000 voix)

 

  • Le courant opportuniste (SYNAPSISMOS/SYRIZA) traverse une crise idéologique et politique, et pendant la période précédente a démontré son manque de fiabilité, collaborant dans plusieurs municipalités avec les sociaux-démocrates du PASOK et soutenant les choix du gouvernement PASOK, a obtenu 4,5% quand il avait obtenu l'an dernier 4,6% des voix et il a donc perdu 50 000 voix en comparaison avec les élections de l'an dernier;

 

  • Le parti nationaliste et anti-communiste LAOS a recueilli 4% (près d'1,5% et 150 000 voix de moins qu'en 2009). Il convient de noter que dans trois régions où ce parti n'avait pas de candidat il a soutenu la ND et dans une région le PASOK.

  • Les « Écologistes » ont obtenu 2,9% des voix, une petite augmentation par rapport à 2009, mais il a perdu des voix (20 000 en moins).



Comme le Comité central du KKE l'a souligné dans sa déclaration, « le PASOK a perdu une part importante de ses forces, tandis que la ND ne pouvait pas convaincre le peuple Grec qu'elle constituait une opposition populaire au gouvernement, en dépit de ses manœuvres en vue de se faire passer pour une force opposée au mémorandum. La condamnation du PASOK est claire et sans équivoque, en dépit du fait qu'il ait utilisé dans la période pré-électorale des listes « alternatives » dans certains cas, afin de « voler » des voix, de masquer son déclin, en usant dans le même temps de vieilles calomnies concernant un soi-disant front uni anti-PASOK de toutes les forces politiques de l'opposition ». De plus, le Comité central du KKE « appelle ceux qui ont souhaité exprimer leur opposition à la ND et au PASOK en votant pour les autres listes à y réfléchir à deux fois, car ces voix n'apportent pas de solution politique, puisque l'opposition rhétorique de ces partis n'affectent pas le cœur de la stratégie des principaux partis mais certains aspects et certaines tactiques dont ils usent. Les contradictions réelles dans l'économie, dans la société plus généralement, sont entre les monopoles, les intérêts du capital d'une part, et les travailleurs d'autre part. »



3/ Les caractéristiques qualitatives importantes des résultats



Le KKE a obtenu un soutien important pas seulement nationalement mais plus particulièrement dans les grands centres urbains, où la classe ouvrière de Grèce vit et travaille. C'est quelque chose qui constitue un élément particulièrement important pour le KKE, parti de la classe ouvrière.

Municipalité

KKE

  1. Athènes

13.73%

  1. Salonique

9.50%

  1. Le Pirée

14.79%

  1. Patras

16.42%

  1. Iraklio

12.13%

  1. Larissa

13.68%

  1. Volos

15.23%

  1. Peristeri

12.52%

  1. Kallithea

18.40%

  1. Corfou

26.90%

  1. Nikea

18.38%

  1. Lesbos

13.25%

  1. Keratsini

19.36%

  1. Aigaleo

16.90%

  1. Glyfada

9.56%

  1. Ilioupoli

13.33%

  1. Nea Smyrni

10.63%

  1. Halandri

15.00%

  1. Ilion

20.16%

  1. Zografou

12.83%



Le KKE a amélioré significativement ses résultats dans les grandes villes où le plus grand nombre de travailleurs et de salariés des couches populaires résident. C'est un fait d'une importance particulière que nous notions une augmentation de l'influence électorale du KKE en Attique (de 10.2% à 14,4%), ce qui comprend la capitale Athènes, le Pirée, ainsi que les concentrations industrielles autour de la capitale. Dans la région de l'Attique, 4 millions de personnes vivent et travaillent. Dans 67 villes Grecques (sur les 260 où le « Rassemblement populaire » a participé), le KKE a obtenu plus de 11% des voix.



Le KKE note dans sa déclaration que « l'augmentation en voix et en pourcentage des scores du KKE comporte des éléments qualitatifs importants; la hausse a été plus importante dans l'ensemble dans les grands centres urbaines et dans les régions les plus peuplées. La base de cette augmentation se trouve dans les quartiers populaires et ouvriers, dans les régions où les agriculteurs et les petits commerçants ont connu de graves problèmes, dans les régions où existent de meilleures conditions préalables pour un front socio-politique de la classe ouvrière en alliance avec les travailleurs indépendants et les petits et moyens agriculteurs qui se dessine et acquiert de solides fondations ».



4/Le phénomène de l'abstention



Durant les dernières décennies, la Grèce a eu un niveau élevé de participation électorale comparé aux autres pays Européens. Toutefois, la participation lors de ce scrutin n'a atteint que 61% (comparés aux 71% de 2009). Il convient de prendre en compte également le fait que les listes électorales n'ont pas été mises à jour tandis certains estiment qu'il y aurait de 15 à 20% d'électeurs décédés que personne n'aurait effacé des listes électorales.



La montée de l'abstention par rapport aux élections de 2009 a donné lieu à diverses analyses et interprétations politiques. A cet égard, le Comité central déclare que « une grande part de l'abstention, c'était évident en particulier en Attique et dans la ville d'Athènes, reflète l'indignation populaire et la condamnation des politiques du PASOK et de la ND tandis qu'elle a pris un caractère relativement plus politique par rapport au phénomène analogue constaté aux élections européennes. Cela reflète des évolutions positives, qui sont encore en cours, vers la libération du peuple des partis bourgeois et de leur logique de gestion de la crise du système.



De plus, cette abstention reflète, dans une large mesure, la condamnation et l'aversion envers les pratiques de chantage et d'intimidation du gouvernement au cours de la dernière période.



Le Comité central estime qu'une partie de l'abstention, en particulier parmi la jeunesse et les masses qui n'ont pas participé aux luttes, résulte de l'impact de la propagande systématique et de la calomnie de la lutte organisée, la lutte de classes, de la propagation d'un individualisme à multiples facettes et de la poursuite de solutions individuelles aux problèmes aigus qui se posent à eux



Le KKE fera tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à ce que le peuple comprenne que l'abstention n'exerce aucune sorte de pression sur les politiques anti-populaires et anti-ouvrières. Au contraire, cela réduit les possibilités qui existent aujourd'hui, précisément d'avancer encore plus vite vers le renversement du rapport de forces négatif qui est basé principalement sur le pouvoir du PASOK et de la ND. Le KKE appelle les travailleurs à participer activement à la lutte contre les monopoles, contre l'impérialisme et à lutter avec le KKE à un Front populaire radical qui lutte contre les politiques dominantes en vue de la contre-attaque, de la rupture révolutionnaire. En outre, pour le peuple comprenne que le soutien pour les autres partis de l'opposition ne contribue pas au renforcement du Front populaire radical qui lutte contre les politiques dominantes avec résolution et consistance sans hésitation et sans faire diversion. »



5/Les nouvelles responsabilités du KKE à la lumière des derniers développements



Par ailleurs, dans la déclaration il est affirmé que « le Comité Central réaffirme que le KKE répondra à ses responsabilités redoublées, qu'il luttera pour surmonter les limites identifiées dans son activité. Il se concentrera sur l'élévation de l'esprit militant du peuple, sur la participation des masses et des jeunesses dans la lutte; il fera de nouveaux efforts pour rassembler le peuple et former une alliance de la classe ouvrière avec les travailleurs indépendants, les pauvres paysans, les jeunes et les femmes.



Les travailleurs devront affronter une nouvelle vague de mesures anti-ouvrières, anti-populaires, une nouvelles vagues de mesures autoritaires au fur et à mesure que la crise s'intensifiera à la fois en Grèce et en Europe. Ils auront à faire face à l'exploitation commune dans la mer Egée, qui a déjà été prévue, l'intensification des contradictions inter-impérialistes dans la région.



Au vu de ces développements, nous chercherons à créer un courant populaire et radical encore plus fort capable de mettre en échec les pires mesures et d'ouvrir la voie à une alternative politique nécessaire pour le peuple et le pays.



Le rassemblement de forces populaires contre les politiques du PASOK et de la ND, contre ce Mémorandum barbare, contre les choix du FMI et de l'UE qui guident les principes du mémorandum (dont les mesures ne sont pas temporaires) doit s'étendre également au second tour. Pas de soutien aux listes du PASOK et de la ND dans les municipalités et les régions où ils seront au second tour des élections. Ni le PASOK ni la ND ne sont capables, et n'ont la volonté, de changement. En conséquence, la libération de ces deux partis est le meilleur et le plus efficace des moyens d'ouvrir la voie à des évolutions positives pour la vie des gens. Le second tour des élections locales doit signaler un nouveau départ pour la réorganisation du mouvement, pour la contre-attaque.



Le Comité central recommande de déposer des bulletins blancs ou nuls dans les cas où des représentants d'autres forces politiques ou supposément de forces indépendantes qui soutiennent les politiques du pouvoir, par leur ligne et leurs positions politiques et freinent la radicalisation du peuple, participent au second tour.



Le bilan de ces forces et de leurs cadres dans les institutions régionales et municipales jusqu'ici montrent qu'ils n'ont pas de volonté de désobéir et de résister aux choix anti-populaires de la réforme « Kallikratis » peu importe qu'ils apparaissent comme des candidats indépendants ou « rebelles ».



6/ Manifestations du 15 novembre



Dans le même temps il note que « la prochaine étape pour le peuple doit être sa participation au 15 novembre, dans le cadre de manifestations extrêmement importantes convoquées par le KKE afin que l'opposition de la grande majorité du peuple au mémorandum puisse être affichée, ainsi que le mot d'ordre selon lequel la charge de la crise doive être payée par les coupables: les monopoles et la ploutocratie, et non les travailleurs.



Le CC salue les efforts inlassables des membres, sympathisants et amis du Parti ainsi que des membres et amis de la KNE afin que la voix, les analyses, positions et propositions du KKE puissent avoir une audience plus large auprès de la classe ouvrière et des masses populaires, afin que le militantisme populaire, la volonté de résister et la lutte pour l'avenir puissent s'exprimer dans les urnes. Nous devons continuer à lutter avec le même infatigable esprit militant pour la libération des masses populaires du dilemme PASOK/ND en vue du second tour des élections locales, pour le succès des rassemblements de masse contre la troïka à Athènes et Salonique.



Le CC appelle sa centaine de conseillers régionaux et municipaux à être aux côtés de ceux qui souffrent, à lutter pour les problèmes du peuple et des travailleurs aux côtés des organisations de masse, des militants sur les lieux de travail et dans les quartiers.

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