Le PC Tchèque représente la seule force d'opposition à la politique de casse sociale du gouvernement soutenu par le Parti Social-Démocrate


Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 


Rappel de la situation tchèque: Le Parlement Tchèque étant composé de 200 membres, une majorité de 101 membres est nécessaire à la formation d'un gouvernement stable.

 

Or, le panorama des élections de 2006, en ne donnant aux partis de droite conservatrice (Parti démocrate civique/Union des démocrates chrétiens) 94 sièges, auxquels on pourrait ajouter les 6 sièges des Verts, allié traditionnel de la droite, laissait potentiellement le pays sans majorité (100 sièges à droite/100 à gauche). Car à gauche, le Parti social-démocrate comptait 74 sièges.

 

Et le Parti communiste, avec 12,5% des voix, obtenait 26 sièges.

 

Et bien que certains membres de l'aile-droite du PC aient appelé à la formation d'une « coalition gouvernementale de gauche », le Parti social-démocrate, qui avait déjà mené une expérience de coalition avec la droite (libéraux et démocrates-chrétiens) en 2002, avait exclu cette hypothèse par principe. Finalement, bien que le PSD se soit déclaré officiellement dans l'opposition, l'appui de certains députés socialistes au gouvernement du nouveau premier ministre, l'ultra-libéral Topolanek, a permis à celui-ci de garder le pouvoir jusqu'en mai 2009.

 

En perte totale de légitimité jusque dans sa majorité même, Topolanek a alors été renversé par un vote de confiance. Cette fois, l'hypothèse de la grande coalition a pu voir le jour, le PSD apportant un soutien au gouvernement provisoire de droite de Jan Fischer. Ce dernier a obtenu l'investiture de 153 députés de la chambre. Loin d'être conjoncturelle, cette grande coalition repose sur des accords de principe entre les trois partis (PSD/Parti Démocrate civique/Verts) sur le type de politique – libérale et européiste – à mener.

 

Du côté du Parti Communiste, l'aile droitière qui poussait à l'alliance avec les socialistes tchèques en sort discréditée, d'autant plus que son principal défenseur, le député Jiri Mastalka, a dû démissionner des fonctions après un scandale de corruption.

Cette déclaration reflète la position du Parti communiste vis-à-vis du nouveau gouvernement, et de la caution de gauche que lui apporte le Parti Social-Démocrate: le PC Tchèque s'opposera aux politiques contraires aux intérêts des travailleurs, d'où qu'elles viennent.

 

AC

 

 

 

Déclaration du Comité Exécutif du KSCM sur la situation politique actuelle

 

Sous l'influence de l'aggravation de la crise économique, la situation sociale en République Tchèque se dégrade de jour en jour. Le Parti démocrate civique, le Parti Social-Démocrate et les Verts, qui sont à l'origine de la formation du gouvernement de droite, soi-disant provisoire, de Jan Fischer, sont tous associés à son fonctionnement. Même si ce n'est que par l' indifférence ou l'incompétence de certaines des parties prenantes. Ce gouvernement est également soutenu par les opportunistes du nouveau parti TOP 09. Tous veulent que les travailleurs, les personnes les plus vulnérables, et les jeunes familles, qui ne sont pas à l'origine de la crise, en paient la facture.



Le Parti Communiste de Bohême-Moravie, en tant que seule force d'opposition, s'oppose fermement à cette politique. Nous soutiendrons uniquement les propositions, qui prévoient des moyens financiers supplémentaires, dans le budget de l'Etat, pour augmenter les salaires des enseignants, des pompiers et des policiers.



Nous proposons que soit affectés 3 milliards de Couronnes tchèques pour le permettre le bon fonctionnement des services sociaux et 1,5 milliards pour le soutien aux agriculteurs Tchèques.



Par conséquent, le KSCM pose aux députés du Parti Social-Démocrate la question suivante: Dans quels intérêts avez-vous voté vendredi 25 septembre la proposition gouvernementale du « paquet d'austérité dit Juanita » quand il a été soumis au vote des parlementaires? Certainement pas dans les intérêts de l'immense majorité des citoyens. Le Parti social-démocrate tchèque a bradé, à maintes reprises et à vil prix, ses promesses pré-électorales à la fois pour maintenir la « coalition » avec le Parti démocrate civique et l'accord politique sur le budget de l'Etat 2010. Il a contribué ainsi à l'augmentation de la TVA de 1%, au plafonnement des allocations sociales et à la diminution des prestations d'assurance maladie. Tout ceci aura des conséquences négatives sur le niveau des allocations parentales, le remboursement des soins hospitaliers, les revenus des personnes atteintes de maladies de long-terme, en raccourcissant systématiquement la période et le montant des prestations. Une autre conséquence sera la diminution de 4% du salaire des employés de l'ensemble du secteur public: les enseignants, les travailleurs de la Culture et du social, le personnel de santé et même les policiers et les pompiers. Le Parti Social-Démocrate, qui est prompt à se parer d'une rhétorique de gauche, a choisi une méthode similaire pour revenir sur le paiement des allocations maladies pendant les trois premiers jours d'incapacité de travail, et est arrivé à vendre son idée en dépit de l'avis contraire de la Cour Constitutionnelle. De la même manière, le Parti Social-Démocrate soutient les aventures à l'étranger des « mercenaires » de l 'Armée Tchèque, qui grèvent de trop le budget de l'Etat.



En fait, le Parti Social-Démocrate, par ses hésitations, permet au gouvernement provisoire de Fischer de continuer à défendre ses politiques néo-libérales et à mettre en oeuvre les réformes de droite conçues par le Parti démocrate civique.



Le KSCM a proposé à plusieurs reprises de garantir d'autres sources de revenus: avant tout, en utilisant les profits de la Banque Centrale et des Entreprises Energétiques Tchèques, en mettant en oeuvre une nouvelle forme d'imposition progressive sur le revenu avec des taux d'imposition plus élevés pour les revenus annuels supérieurs à 1 million de couronnes et la limitation de la participation de la République Tchèque à des missions militaires à l'étranger. Nos propositions, qui sont dans les intérêts de la majorité des citoyens Tchèques, visent, par exemple, à augmenter les allocations chômage, à réintroduire le paiement des indemnités maladie à hauteur de 60% du salaire pour les trois premiers jours d'incapacité de travail, la restauration des congés maternité tels qu'ils étaient prévus à l'origine, la fin du gel des allocations sociales et des retraites. Le KSCM poursuit l'objectif de diminution des taxes visant notamment la taxation indirecte, qui fait payer de manière indifférenciée tous les citoyens.



Le Parti Communiste de Bohême et Moravie a un programme politique clair et il s'oppose à la politique menée par la coalition actuelle composée du Parti Social-Démocrate et du Parti démocrate civique.



Site du Parti Communiste de Bohême-Moravie: http://www.kscm.cz/



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