« Renforcer le Parti à Madrid: travail militant, organisation et démocratie interne »



par Felicitas Velazquez, secrétaire aux Mouvements sociaux du Parti Communiste d'Espagne


 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

C'est avec le regard tourné vers la reconstruction organisationnelle et idéologique du Parti Communiste d'Espagne que nous préparons le prochain congrès. Et c'est bien cette reconstruction qui est en jeu, et rien d'autre, et c'est vers cet objectif que doivent se concentrer l'essentiel des efforts de l'organisation dans les prochaines années.

 

C'est que la faiblesse actuelle, organisationnelle, du PCE trouve son origine fondamentalement dans l'abdication dans la pratique de presque toutes ses compétences, surtout de son contact avec la société, à Izquierda Unida.

 

C'est pour cela, qu'en ce moment, le Parti existe uniquement où il travaille de manière organisée, où sont menées des initiatives politiques. Et c'est là où on continue à mener les luttes dans la rue, à porter la lutte idéologique jusqu'aux institutions, qu'existe un Parti plus fort.

 

Pour les communistes, la question institutionnelle ne peut jamais l'emporter sur l'action militante, sur le travail militant des organisations de base et l'implication dans les luttes. Si on abandonne ces questions, l'organisation se divise et s'affaiblit, et les militants dans leur ensemble abandonnent la lutte. Cependant, il est vrai que depuis le XVIIème Congrès, où le PCE a récupéré toutes ses compétences propres, exceptées celles électorales, nous communistes avons été massivement présents dans les mouvements sociaux dans de nombreuses régions d'Espagne, ainsi qu'à l'échelle nationale, bien que nous n'ayons pas atteint tous les objectifs souhaités.



Et c'est aussi que nous nous sommes trouvés – et nous nous trouvons encore – dans une situation où il est très difficile de militer et d'animer les mouvements sociaux et où d'autres groupuscules les infiltrent, en propageant des positions opposées à celles de notre parti, et tentent d'en tirer profit. En ce moment, il devient de plus en plus nécessaire qu'une force organisée prenne l'initiative; et elles sont nombreuses les personnes qui attendent un pas en avant d'un PCE fort et organisé pour rejoindre ses rangs, ou pour se placer à ses côtés dans la lutte.

 

Pour reconstruire le PCE, il est fondamental de retrouver toute la valeur de l'action militante, et il est nécessaire de se fixer une stratégie de reconquête des intellectuels, qui peuvent et doivent jouer un rôle important dans cette reconstruction cruciale qu'est la reconstruction d'ordre idéologique. Nous devons reconstruire un PCE sans complexe, apprenant des erreurs du passé, et des succès.

 

Quand nous parlons de la reconstruction du Parti nous parlons de rupture avec le réformisme.

 

Il faut mettre sur pied une force politique capable de prendre la tête du processus de transformation et cette force est le PCE.

 

Les membres du PCE n'ont pas agi, pour nombre de nos responsables politiques, en vue de la transformation sociale, mais en fonction de leurs intérêts personnels, ce qui a fait, que dans ces mille et une querelles de boutiquier, nous avons perdu des milliers de militants en chemin, au cours des dernières années. Parfois par un sentiment d'impuissance, d'autres fois par la démoralisation, ou encore par des coups de force anti-démocratiques, et on passe ici sur bien d'autres raisons qui en ont été à l'origine.

 

Et le processus de reconstruction du PCE passera, comment cela pourrait-il être autrement, par Madrid. Un PCE fort est impossible avec un Parti Communiste de Madrid (PCM) n'existant que sur le papier, comme c'est le cas actuellement. La gravité de la situation au sein du Parti à Madrid rend urgente une stratégie qui passe par la réactivation effective des différents secrétariats du PCM, avec une direction qui émerge du prochain Congrès du PCM à partir de trois principes: travail militant, organisation et démocratie interne. Mais surtout, avec une direction composée de gens représentant les différentes sensibilités du Parti à Madrid disposées à travailler dur, à travailler à la reconstruction d'une organisation saignée jusqu'à la mort ces dernières années.

 

Et ce qui a saigné ce Parti pendant de nombreuses années, en particulier à Madrid, ce sont les pratiques anti-démocratiques et sectaires de la direction, qui a manipulé les uns et les autres, ou on s'est servi de camarades – principalement les plus jeunes – comme monnaie d'échange dans les batailles internes.

 

C'est le cas à Leganes avec 17 jeunes camarades venant à l'origine de Alcorcon, une cellule dans laquelle ils ne pouvaient pas militer à cause de la direction du PCM, et pour lesquelles de nombreuses personnes – parmi lesquelles moi-même –, se sont battus pour défendre leurs droits. Ces jeunes devraient logiquement militer dans leur ville, à Alcorcon, mais au lieu de cela on les a fait adhérer à une autre cellule, celle de Leganes, changeant ainsi totalement le rapport de forces, même si les jeunes camarades ne militeront pas activement là-bas. Pendant ce temps, Alcorcon a été « offerte sur un plateau » à ceux qui ont truqué les nouvelles adhésions et manipulé les 17 jeunes, comme ils l'ont fait pendant toutes ces années.

 

C'est seulement un exemple, parmi tant d'autres, de ce qui s'est passé et de ce qui se passe en ce moment. Un exemple de la décomposition dont souffre le PCM et qui reflète la nécessité urgente de reconstruire un Parti Communiste de Madrid qui soit en contact direct avec la société, dans les mouvements sociaux, dans les luttes, et qui renforce et sauve de leur dégénérescence la base nécessaire à la reconstruction du Parti Communiste d'Espagne: le Parti Communiste de Madrid.

 

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