just solutionLes communistes chypriotes commémorent le triste 37ème anniversaire de l'invasion turque de Chypre, tout en gardant espoir d'une réunification respectueuse des deux communautés


Communiqué de l'AKEL (Parti progressiste des travailleurs)



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



 

L'AKEL condamne et déplore de la façon la plus véhémente qui soit l'invasion Turque du 20 juillet 1974, les souffrances et les répercussions endurées par notre peuple pendant les 37 dernières années. Nous condamnons et déplorons la visite illégale du premier ministre Turc dans les territoires occupés, tout comme ses déclarations inacceptables, provocatrices et arrogantes. La communauté internationale en particulier doit réfléchir sur les déclarations d'Erdogan car elles révèlent les véritables intention de la Turquie.

 

 

L'invasion barbarie de l'Attila [nom de code de l'opération militaire] Turc a représenté la seconde partie de la conjuration qui a été élaborée dans les centres de décision étrangers en coopération avec Ankara et qui a hélas trouvé des exécuteurs obéissants à Athènes et à Chypre pour la soutenir. Sans les agissements traîtres de la junte Grecque, de Grivas [général et leader historique du mouvement nationaliste EOKA] et de l'EOKA B, les forces et les puissances étrangères n'auraient pas pu mettre en œuvre leurs plans pour dissoudre la République de Chypre et céder la moitié de Chypre à la Turquie. Trente-sept ans après le crime et la trahison, les conclusions du « Dossier sur Chypre » de la Chambre des représentants décrivent de façon la plus officielle qui soit les responsabilités et les liens des centres de décision impérialistes avec la junte de Grèce, les militaristes d'Ankara et EOKA B. Les responsabilités de ceux qui, par leurs actions, ont amené Attila à Chypre restent graves et impardonnables : une trahison pour laquelle personne ne s'est excusé après tant d'années devant le peuple Chypriote et pour laquelle personne n'a été puni. Au contraire, nombre des coupables de la tragédie Chypriote ont l'audace d'apparaître comme les juges et les procureurs. Leurs ascendants politiques et idéologiques insistent pour adopter les mêmes positions idéologiques désastreuses.

 

L'invasion de l'Attila Turc a semé le chaos et la désolation. Elle a causé d'indicibles souffrances humaines : des milliers de morts, de blessés, de personnes disparues et frappées par la guerre. L'invasion a laissé notre patrie divisée en deux, placé 37% de son territoire sous occupation de la Turquie, a déraciné des dizaines de milliers de personnes contraintes de quitter leurs domiciles, des milliers d'entre eux se sont retrouvés enclavés dans les territoires occupés, les ressources productives les plus importantes de notre île ont été perdues. Notre héritage culturel a été détruit. La colonisation a changé dramatiquement la composition démographique de la population Chypriote.

 

Nous honorons la mémoire de ceux qui sont tombés qui, bien que trahis, ont résisté à l'Attila Turc et ont défendu au péril de leur vie l'indépendance de Chypre. Nous exprimons encore une fois notre soutien sans réserves aux proches des disparus, des réfugiés, des personnes enclavées et à celles frappées par la guerre. Nous restons fidèles à la position de principe selon laquelle le sort des disparus de la tragédie Chypriote doit enfin être connu. Nous nous rangeons du côté des réfugiés dans leur lutte pour s'assurer le droit au retour.

 

Le sombre anniversaire du coup d’État et de l'invasion a coïncidé malheureusement avec une autre tragédie qui s'est abattue sur Chypre le 11 juillet en raison d'une explosion meurtrière à Mari. Une fois de plus, nous exprimons notre soutien indéfectible aux proches des victimes et réaffirmons que l'AKEL fera tout son possible pour pointer les responsabilités où qu'elles soient.

 

 

 

Compatriotes,

 

Le 37ème anniversaire de l'invasion Turque trouve le peuple Chypriote en première ligne de la lutte pour la libération de l'occupation et pour la réunification de notre pays. Notre objectif est de parvenir à une résolution du problème Chypriote dès que possible. Les paramètres de la solution existent et on les trouve dans les résolutions des Nations unies et dans les Accords de Haut niveau, dans le droit européen et international et le cadre convenu des pourparlers bi-communautaires. La solution doit être une solution de type fédérale, bi-zonale et bi-communautaire avec égalité politique telle que définie par les résolutions de l'ONU. Nous luttons pour une solution avec un seul État uni, avec une seule souveraineté, une seule citoyenneté et une seule personnalité internationale ; pour une solution qui mette un terme à l'occupation, la colonisation et à toute dépendance étrangère ; pour une solution qui sauvegarde les droits de l'Homme et les libertés fondamentales du peuple Chypriote dans son ensemble, Chypriotes grecs et turcs.

 

L'AKEL soutient de toutes ses forces la lutte menée par le président de la République Demetris Christofias pour trouver une solution au problème Chypriote, à la fois à la table des négociations et sur le plan interne. Malheureusement, aujourd’hui, les négociations n'enregistrent pas l'évolution que nous aurions aimé. A Genève, a été décidée l'intensification des pourparlers. Cependant, quelque intensification que ce ne soit n'enregistrera pas le résultat désiré si le camp Turc continue à présenter des propositions qui n'entrent ni dans l'esprit ni dans la lettre des résolutions de l'ONU et du cadre convenu pour la résolution du problème. La Turquie ne semble pas avoir prise les décisions nécessaires qui permettront une résolution du problème Chypre. D'autre part, cela ne fait aucun doute que la présence d'Erdogan comme leader de fait de la communauté Chypriote Turque complique encore plus ces efforts. En dépit de cela, nous restons fidèles au processus et à son essence car c'est la seule option viable.

 

Le caractère crucial de la situation rend l'unité et le rassemblement de forces impératifs. Le peuple et les forces politiques doivent soutenir le Président et laisser de côté toute autre approche. La rhétorique « patriotique », les slogans creux et l'opportunisme oppositionnel ne peuvent que causer du tort. Il est impératif que le sens des responsabilités, l'attachement à des principes, le militantisme mais aussi le réalisme l'emportent. Ce n'est que par des positions et une attitude prudentes que nous pourrons gagner la bataille de l'internationalisation et exiger de la communauté internationale et de l'Union européenne qu'elles fassent pression sur la Turquie. Un effort commun est nécessaire pour assouplir l'intransigeance Turque et ouvrir la voie à la résolution du problème.

 

akel.jpgL'AKEL persiste dans sa politique de rapprochement et nous adressons nos salutations militantes à nos compatriotes Chypriotes Turcs qui dans des conditions hostiles intensifient leur lutte. La lutte pour le salut de l'identité Chypriote Turque, pour une résolution du problème Chypriote et pour la remise en question de la présence de la Turquie dans les territoires occupés représente une contribution importante à la lutte commune pour le salut de notre patrie commune. L'AKEL rassure nos compatriotes Chypriotes Turcs sur le fait qu'il restera ferme sur la ligne d'une solution fédérale bi-zonale bi-communautaire avec égalité politique tel que cela est fixé par les résolutions de l'ONU.

 

 

Trente-sept années, c'est une éternité. La solution ne peut pas être retardée plus longtemps. Le calvaire de Chypre doit cesser. Les souffrances et les sacrifices de notre peuple doivent obtenir justice. Ils obtiendront justice lorsque les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs seront parvenus à une solution négociée qui transformera notre pays en un pays véritablement indépendant, pacifique, démocratique et prospère ; un pays qui garantira un avenir sûr et paisible à tous ses citoyens, Chypriotes grecs, Chypriotes turcs, Maronites, Arméniens et Latins.

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