M. K. Pandhe 300Les communistes indiens déplorent la perte de Madhukar Kashinath Pandhe, figure historique du syndicalisme et du communisme indien

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

C'est avec une profonde tristesse que nos camarades indiens ont appris le décès ce 20 août 2011, à l'âge de 86 ans, de Madhukar Kashinath Pandhe, communiste de toute une vie et grande figure du syndicalisme de classe.



M.K. Pandhe avait adhéré au Parti communiste indien (CPI) en 1943 à l'âge de 17 ans, alors qu'il était le secrétaire du syndicat étudiant de sa ville natale Sholapur. Ce brillant étudiant en économie devient secrétaire de la section du CPI de Sholapur en 1947 et mène un important travail d'organisation dans la clandestinité entre 1948 et 1951, après l'interdiction du CPI. Dans le même temps, il est élu à la tête du Comité de libération de Goa, encore sous domination coloniale portugaise.



A partir de 1958, au vu des remarquables capacités d'organisation constatées à Sholapur, il commence une carrière de dirigeant syndical national à Delhi. Intégré rapidement à la direction du All Indian Trade union congress (AITUC), la centrale syndicale communiste, il devient un spécialiste des questions de formations avant d'occuper le poste de secrétaire-général de l'AITUC à partir de 1966.



Devenu dirigeant syndical national, M.K Pandhe reste totalement impliqué dans les débats qui secouent le mouvement communiste indien de l'époque. En 1964, il prend parti pour la scission anti-révisionniste du Parti communiste d'Inde marxiste (CPI-M).



Dans son action syndicale comme politique, M.K. Pandhe fait le choix de rester fidèle aux convictions communistes sans renoncer à l'unité ouvrière. Ce qui explique pourquoi il refuse dans un premier temps la formation d'un syndicat indépendant de l'AITUC avant d'y être contraint en 1970, avec la fondation du Centre of Indian trade union congress (CITU).



Il n'a depuis cessé de promouvoir des initiatives visant à l'unité syndicale sur des positions de classe.



Dans le syndicat, il est reconnu pour ses capacités organisationnelles hors pair. C'est lui qui contribue au développement de la branche minière et sidérurgique, aujourd'hui pilier du syndicalisme de classe indien.



Il est aussi reconnu pour l'importance qu'il a accordé au travail idéologique. Il a toujours affirmé la nécessité du maintien d'un cadre théorique marxiste et léniniste, de la lutte contre le système capitaliste à partir de la perspective du socialisme.



Secrétaire-général du CITU à partir de 1991, il affronte la vague néo-libérale de privatisations et de libéralisations, ainsi que la montée des positions réformistes dans le syndicat, avec fermeté mais sans sectarisme. Il contribue à la formation d'un Comité de parrainage des centrales syndicales qui mène douze mouvements de grève nationaux unitaires en Inde sous son mandat qui prend fin en 2002, date à partir de laquelle il devient président du CITU.



Après quatre décennies à la tête de l'organisation, le CITU est aujourd'hui un des plus importants syndicats du pays, dépassant même l'ancien syndicat communiste AITUC en nombre d'adhérents. Couronnement de sa politique unitaire, pour la première fois en mars 2010, tous les syndicats indiens participent à une grève générale qui implique plus de 100 millions de travailleurs indiens.



prakash-karat-m-k-pandhe-2009-3-16-5-0-35M.K. Pandhe a toujours été un dirigeant syndical communiste, qui n'a jamais caché son appartenance politique et l'a fait vivre dans sa lutte syndicale quotidienne. Membre du comité central du CPI-M à partir de 1978, du bureau politique depuis 1998, il n'a jamais baissé la garde dans les luttes internes contre les dérives réformistes et a toujours combattu toute dilution des positions de classe dans le parti.



M.K. Pandhe reste d'après les témoignages des camarades indiens qui l'ont connu un grand dirigeant communiste mais aussi un homme d'une remarquable simplicité, un militant de terrain toujours à l'écoute des ouvriers et des salariés, s'enrichissant du dialogue et de l'expérience.



Aujourd'hui, ce ne sont pas seulement les communistes indiens qui déplorent sa perte mais les communistes du monde entier devant un militant communiste de toute une vie qui n'a, contrairement à d'autres, jamais renoncé à son idéal.

 

Légende de la photo: M.K. Pandhe, alors président du syndicat CITU, avec le secrétaire-général du Parti communiste d'Inde marxiste, Prakash Karat présentent le manifeste du CPI-M durant la campagne électorale des législatives de 2009

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