dirigentes-jjccFaire converger les revendications des étudiants avec celles des travailleurs

Article initial de Modaira Rubio, pour Tribuna Popular, organe du PC Vénézuelien



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



 

Dans le cadre de la 1ère Rencontre des correspondants sud-américains, qui s'est tenue à Santiago du Chili, nous avons pu avoir un échange avec Camila Vallejo, présidente de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (FECH), Karol Cariola, secrétaire générale des Jeunesses communistes du Chili (JJCC) et Camilo Ballestero, présidente de la Fédération des étudiants de l'Université de Santiago du Chili (USACH).

 

Les jeunes dirigeants communistes ont répondu franchement à la presse internationale, en exposant les raisons de la révolte étudiante que connaît leur pays.

 

« Il ne s'agit pas de quelque chose de spontané, cela vient d'un processus de maturation qui a accumulé toute une expérience depuis les années 1980, lorsque a été lancée la réforme de l'éducation supérieure puis celle du secondaire »,affirme Camila.

 

Les trois ont convenu du fait que c'est à partir de ce moment-là qu'a été mis en place le « modèle chilien » dans l'éducation, qui fait passer la « liberté d'enseignement » avant le droit à l'éducation.

 

« Nous voulons comme peuple chilien, comme peuple mapuche, la démocratisation de nos institutions, réaliser notre bien-être social, le bonheur, l'égalité des chances, notre liberté et dépasser les inégalités », a déclaré l'emblématique dirigeante étudiante.

 

Pour Camila,« le programme porté historiquement par le Parti communiste chilien (PCCh) met avant les besoins du peuple chilien, ses revendications, et les gens se sont rendus compte qu'il faut avancer dans cette direction, qui n'est rien d'autre que la construction d'une société plus juste ».

 

En ce sens, elle affirme que « être communiste a encore plus de sens actuellement que dans le passé. Ce n'est pas que les propositions communistes se sont renouvelées en raison d'un changement générationnel, les idées des communistes plus âgés ou jeunes prennent aujourd'hui tout leur sens car elles permettent la prise de conscience des inégalités sociales et incitent à les combattre de manière organisée ».

 

 

Vallejo, Ballesteros et Cariola assurent qu'au-delà d'un mouvement conjoncturel, le mouvement étudiant qu'ils représentent va faire irruption dans la politique, et cela se verra lors des prochaines élections : « Il est indéniable que toute candidature au niveau municipal ou national devra incorporer les revendications du mouvement étudiant chilien. A moins qu'elle soit de droite », a défendu Vallejo.



« Nous devons faire converger les revendications des étudiants avec celles des couches qui souffrent également des inégalités, il faut entretenir le lien avec la classe ouvrière et avec les syndicats », a-t-elle souligné.



L'éveil des consciences



De son côté, Cariola a affirmé que, grâce au mouvement étudiant: « l'ensemble de la population chilienne a une conscience différente des choses. Désormais, nous nous autorisons à penser à nous donner l'opportunité d'une éducation gratuite, de qualité, juste et égalitaire. Les chiliens remettent en cause le système éducatif et refusent qu'il réponde de la logique du profit. C'est déjà une réussite, cette prise de conscience. »



« Nombreux sont ceux parmi les dirigeants étudiants, et pas seulement les plus connus, sont militants de la JC mais aussi d'autres organisations. Nous avons réussi à créer le lien entre les organisations de jeunesse, liées au parti ou non, avec le mouvement social », s'est exprimée Cariola.



Criminalisation et anti-communisme

 

 

Tout juste élue secrétaire-général de la JC Chilienne, elle a à son tour dénoncé la criminalisation du mouvement et des dirigeants par le gouvernement fasciste deSebastián Piñera: « La police chilienne s'est mise à réaliser des coups montés afin de salir notre image. Les Jeunesses communistes ont apporté et appris beaucoup avec ce mouvement, et nous sommes clairs sur le fait qu'il ne s'agit pas du travail d'une seule organisation. Il y a des volontés anti-communistes de dénaturer notre rôle au sein du mouvement, et nous avons également subi des attaques matérielles contre nos locaux. Et nous croyons que cela rentre dans un terrorisme d'Etat qui s'exerce contre nous. »

 

Ballesteros, de son côté, a indiqué que selon lui ce qui se passe actuellement n'est pas une lutte générationnelle, des jeunes contre les adultes plus âgés, mais il s'agit de comprendre que chaque groupe joue un rôle dans la société. « Avant, ils critiquaient la jeunesse qui ne partcipait pas à la politique. Désormais, nous y participons », souligne-t-il.

 

Il a également indiqué que le mouvement étudiant chilien reflète la bataille que livrent les étudiants d'Uruguay, d'Equateur, de Colombie, contre le modèle néo-libéral qui fait passer le profit avant le droit à l'éducation et dont le Chili est à l'avant-garde dans la région.

Retour à l'accueil