624 341 d572a74e332f8931ddac2cc09f4ef963-1327930072Les ports belges paralysés par un mouvement de grève contre la casse du « régime spécial » des marins et pour la défense de la retraite à 60 ans

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

    La résistance s'intensifie en Belgique contre les politiques d'austérité du gouvernement socialiste d'union nationale d'Elio di Rupo, concertées avec l'Union européenne. Après la manifestation nationale du 3 décembre qui avait rassemblé 50 000 manifestants dans les rues de Bruxelles, après la grève générale du 30 janvier, la plus massive depuis vingt ans, la lutte continue bien qu'en ordre dispersé.

    Ce lundi 13 janvier, ce sont les marins Belges qui ont lancé un mouvement de grève, reconduit mardi et mercredi, contre la réforme des retraites préparée par le gouvernement, qui prévoit notamment la casse de leur « régime spécial », lié historiquement à la pénibilité de leur travail, mais va toucher l'ensemble des travailleurs belges.

    En Belgique, une série de contre-réformes ont conduit au recul de l'âge de départ à la retraite à taux plein à 65 ans, après 45 années de cotisation. Le droit à une pré-retraite n'est possible qu'à 58 ans, avec 38 années de cotisation. Un certain nombre de métiers pénibles ont droit à un départ plus précoce à 60 ans, c'est le cas des mineurs, des cheminots et donc des marins.

    La contre-réforme mise en œuvre par le gouvernement di Rupo prétend « uniformiser le système de retraites », en réalité il le nivelle par le bas, notamment en prenant pour cible les « régimes spéciaux » de travailleurs présentés comme privilégiés, comme les marins ou les cheminots dont l'âge de départ à la retraite passerait de 60 à 62 ans.

    Mais les autres catégories de salariés seront également touchés puisque le droit à une pré-retraite ne serait effectif qu'à 60 ans et non 58 et ce après 40 années d'ancienneté. Par ailleurs, le calcul des pensions des fonctionnaires se ferait sur les 10 dernières années de carrière et non plus les 5 dernières.

    La colère de la base militante des syndicats de marins de la FGTB et de la CSC a créé les conditions d'un mouvement de grève largement suivi chez les marins, en particulier chez les pilotes et les lamaneurs, contribuant à la paralysie des ports de Zeebrugge, Ostende, Gand et surtout Anvers, où 55 navires n'ont pu ni quitter le port ni y entrer au premier jour de la grève.

    Sachant qu'Anvers est deuxième port d'Europe, chaque heure de grève coûte au patronat 1 million d'euros qui crie à la « prise d'otage » du pays. Le climat est de plus en plus tendu entre le patronat, le gouvernement d'un côté et les syndicats de marins de l'autre. Le ministre libéral des Retraites Vincent Van Quickenborne a appelé à l'ouverte des négociations mais a déjà annoncé qu'il ne bougerait pas sur la question du recul de l'âge de départ à la retraite.

    De leur côté, les syndicats de marins ont déjà reconduit la grève, à l'origine prévue pour un jour, deux jours d'affilée et ne semblent pas prêts à lâcher.

    Au-delà de la défense corporatiste de leur « régime spécial », la lutte des marins pourrait être le début d'une véritable convergence des luttes sur la question des retraites et sur l'ensemble de la politique d'austérité du gouvernement.

    Kurt Callaerts, leader du syndicat des marins de la CSC, a déjà fait savoir que « les problèmes allaient bien plus loin que la question des retraites », pointant du doigt également le gel des salaires des travailleurs du secteur public.

    La constitution d'un mouvement de convergence des luttes est entre les mains des directions syndicales belges, cependant les syndicats réformistes de la FGTB et de la CSC, membres de la CES, n'ont donné aucune suite à la grève générale historique du 30 janvier, si ce n'est la « journée d'action européenne »  prévue par la CES du 29 février.

    Quelque soit la suite que prendra le mouvement des marins belges, il pose la question de la convergence des luttes, alors que les cheminots devaient partir en grève ce mercredi 15 février, dans un contexte où plus que jamais existent en Belgique comme ailleurs en Europe les potentialités de lutte pour mettre en échec l'agenda de casse sociale du gouvernement et de l'Union européenne.

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