Rail-unions-rally-to-defend-safety-rules largeLes syndicats de cheminots de toute l'Europe ont manifesté à Lille, ce mardi 13 avril, contre la privatisation du rail impulsée par l'Union Européenne



Article du Morning Star, quotidien du PC Britannique, du 13 avril, depuis le compte-rendu de John Mullington à Lille



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les syndicats de cheminots venus de toute l'Europe ont organisé un rassemblement de masse et mobilisé des milliers de travailleurs à Lille, pour protester contre la privatisation du secteur, pilotée par l'UE.



Une forte mobilisation qui a réuni 20 syndicats de toute l'Europe et qui était soutenue par la Fédération Syndicale Mondiale (FSM).



Chauffés par le soleil printanier, les cheminots ont commencé la journée en bloquant les routes, en allumant des fumigènes rouges, et en soufflant dans de cornes de brume tandis qu'une estrade ait été mise sur pied devant le siège de l'Agence Ferroviaire Européenne (ERA – en anglais).



Les travailleurs étaient à Lille pour remettre une lettre demandant à l'ERA de prendre « un engagement clair pour la sécurité ferroviaire » et que l'emploi ne sera pas sacrifié « dans les intérêts de la concurrence et du profit ».



Les syndicats ont exprimé leur inquiétude générale sur le fait qu'une intensification de la libéralisation et de la marchandisation des services ferroviaires, sous les auspices du Traité de Lisbonne « non-démocratique », mènera à une augmentation des accidents sur les réseaux Européens.



Des représentants syndicaux de Grande-Bretagne, d'Irlande, de France, d'Espagne, du Portugal, de Belgique, d'Allemagne, de Suisse, d'Italie, de Grèce, de Chypre et du pays Basque étaient présents.



Une mention spéciale de solidarité a été accordée aux syndicalistes Hongrois qui ont réalisé le déplacement difficile depuis Budapest jusqu'à Lille.



Les pays Scandinaves ont également envoyé des messages de soutien tout comme le syndicat des pompiers Britanniques, le FBU.



Le secrétaire-général du RMT, Bob Crow, qui mené la délégation la plus importante, a affirmé que la Grande-Bretagne avait été utilisée comme un « cobaye » de la privatisation du rail.



« Pour moi 'libéralisation', ça veut dire 'libre' – mais les seules personnes qui ont les moyens de se payer les chemins de fer, c'est le grand capital », a-t-il confié.



M.Crow a suscité des applaudissements nourris et des cris d'encouragement quand il a ajouté: « Ce jour ne doit pas être la fin du rassemblement, mes frères et mes soeurs. Nous devons organiser la grève dans toute l'Europe »



Le secrétaire-général adjoint du syndicat-frère des transports, TSSA, Manuel Cortes a mis en garde contre le fait que des accidents en Grande-Bretagne, comme ceux de Potters Bar et de Hatfield, surviendraient partout si on « continuait à privilégier le profit sur la sécurité ».



« Le profit et la sécurité ne vont pas ensemble », a déclaré M.Cortes.

 

« Nous devons lutter contre un ennemi commun d'une voix commune »



Le coordinateur national de la fédération du rail du syndicat portugais CGTP-IN, Manuel Alexandre Cruz, a salué l'action menée, mettant en cause le Traité de Lisbonne et le réinsérant dans les « politiques anti-sociales » de l'Union Européenne.



Et il a insisté sur le fait que « les organisations syndicales de divers pays doivent unir leurs efforts pour combattre le néo-libéralisme ».



M.Cruz a déclaré que le voyage par train était un service social important et que les plus hauts standards de sécurité devaient être mis en oeuvre.



« En ce moment, au Portugal, l'offensive contre les chemins de fer publics et les cheminots s'intensifie », a-t-il affirmé.



« Au Portugal, nous luttons, comme vous luttez ici aujourd'hui dans cette mobilisation Européenne, pour affirmer que la lutte continue. »



Le porte-parole du syndicat cheminot de base Bahn von Unten, Hans-Gerd Oefinger, a déclaré que le seul moyen d'assurer la sécurité était l'appropriation « démocratique, par les travailleurs, de l'ensemble du secteur ferroviaire. »

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