OhioMar82Après le Wisconsin, l’Etat de l’Ohio fait passer une loi remettant en cause les droits syndicaux et sociaux des fonctionnaires


Article du Morning Star, quotidien du PC de Grande-Bretagne


 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Le gouverneur républicain de l’Ohio a ratifié jeudi une loi limitant les droits à la négociation collective des 350 000 travailleurs du public. La signature de John Kaisch a suivi l’adoption de la loi par la Chambre de l’Etat et le Sénat qui sont dominés par ses amis Républicains.


 

Les opposants souhaitent mettre cette question au cœur du scrutin de Novembre, donnant aux électeurs une opportunité de mettre en échec la loi. Les syndicats envisagent de descendre dans la rue et de récolter des signatures contre la mesure, qui a provoqué des semaines de manifestations suivies par des milliers de personnes.


 

Des débats sur la restriction des droits à la négociation collective ont explosé dans tous les États-Unis, notamment au Wisconsin, où le gouverneur a ratifié le projet de loi supprimant la plupart des droits des travailleurs concernant les conventions collectives et en diminuant leurs salaires. Mais jeudi un juge a temporairement bloqué l’entrée en vigueur de la loi en Wisconsin.


 

Les Républicains du Wisconsin ont fait pression pour l’adoption du projet de loi tout au long du mois dernier en dépit de trois semaines de manifestations massives qui ont dépassé les 70 000 personnes et d’un boycott par les sénateurs d’Etat démocrates.


 

Les conservateurs soutiennent que de telles mesures sont nécessaires pour équilibrer les budgets et pour réduire les déficits. Mais pour les opposants, il ne s’agit que de mesures anti-syndicales. Le projet de loi a poussé des milliers de manifestants dans la rue, a incité le leader de la défense des droits civiques, le révérend Jesse Jackson, à se rendre dans l’Etat et a rempli des salles d’audience durant des semaines.


 

Cette loi empêche les syndicats de négocier les salaires, elle supprime également les augmentations automatiques de salaires et interdit les grèves. Elle s’applique aux enseignants, infirmières et à de nombreux autres fonctionnaires – y compris les policiers et les pompiers, qui en étaient exemptés dans le Wisconsin. Une commission parlementaire a également ajouté des amendements qui rendent encore plus difficiles la rentrée de cotisations pour les syndicats.


 

Sous le projet défendu en Ohio, les policiers et les pompiers ne seront pas en mesure de négocier sur le nombre de personnes en service. Cela signifie qu’ils ne peuvent négocier le nombre d’agents affectés aux camions de pompiers ou aux voitures de police. Une des plus grosses inquiétudes concerne les voitures de patrouille composées d’une seule personne, a déclaré le président du syndicat des policiers municipaux de Cleveland. Sous la convention actuelle, les agents de police de Cleveland doivent être deux dans une voiture de patrouille quand ils roulent dans certains quartiers dangereux.


 

Les effectifs de la police de Cleveland ont diminué au cours de la dernière décennie. Deux vagues de licenciements ont fait fondre la force de travail de plus de 300 agents depuis 2004. L’unité chargée des crimes de rue, qui enquêtait ordinairement sur la prostitution et le jeu, n’existe plus. Celle qui s’occupait des vols de voiture a été également dissoute. Et une ville qui s’étend sur 35 km le long du lac Erié n’a même plus un seul bateau pour patrouiller dans ses eaux.


 

Cf sur la lutte dans le Wisconsin: Les fonctionnaires du Wisconsin engagent la contre-attaque des travailleurs aux États-Unis: des dizaines de milliers de manifestants contre la casse des droits syndicaux et sociaux

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