luttes de classeLuttes des classes dans l'Union Européenne: Irlande, Grèce...

 

Article de Jorge Cadima, membre du département international du PC Portugais

 

pour le numéro d'Avante (hebdomadaire du PC portugais) du 17 décembre

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Avant son effondrement en 2009, l'Islande était présentée comme l'exemple béatifique de la « mondialisation ». Et on disait la même chose de l'Irlande, dont l'ashésion à l'Union Européenne aurait été à l'origine d'un « miracle économique ». C'était le Tigre celtique, par analogie avec les Tigres Asiatiques, comme la Corée du Sud ou Taiwan. Ces derniers ont été mis en cage en 1997 par la crise régionale. Quand la crise mondiale du capitalisme a éclaté, il est devenu clair que le Tigre celtique était, finalement, un tigre de papier. Le chômage en Irlande est aujourd'hui de 12,5% et le déficit budgétaire de 13,6% du PIB (Economist, 10 décembre 2009). Comme ailleurs, les banquiers ont été sauvés par l'Etat. Mais pour les travailleurs, c'est une autre histoire. Cela fait déjà plusieurs mois que le gouvernement irlandais « a en fait diminué les salaires des travailleurs du secteur public en introduisant une taxe spéciale de 7% pour les retraites » (Economist, 10 décembre 2009). Une fois ce référendum-bis sur le Traité de Lisbonne passé, le gouvernement va maintenant plus loin et effectuent des coupes de 5 à 8% dans les salaires des travailleurs de la fonction publique. Comme l'a écrit l'Irish Times (10 décembre 2009): « les fonctionnaires et les bénéficiaires d'allocations sociales sont les plus touchés par ces coupes qui s'élèveront en tout à 4 milliards d'euros ». Cela soulève l'enthousiasme de la revue du grand capital anglo-saxon, Economist (10 décembre 2009): « L'Irlande montre au reste de l'Europe ce que signifie réellement l'austérité » et « ce budget a donné au gouvernement l'occasion de rassurer les investisseurs internationaux ». « Les investisseurs internationaux » sont les patrons des grandes banques dont les salaires ont été augmentés (Financial Times, 24 juillet 2009) et Wall Street qui ont jugé bon d'attribuer pour l'équivalent de 140 milliards de dollars (Wall Street Journal, 14 octobre 2009) avec les subventions publiques qu'elle a reçu après avoir été les architectes de l'effondrement du système financier. Voilà ce qu'est « la fin de la lutte de classes ».

 

La Grèce est désormais la nouvelle cible de l'Union Européenne. Une agence de rating (ces agences d'évaluation qui sont censées donner des informations sur la santé économique des pays et des entreprises, mais qui assuraient que les grandes institutions financières des Etats-Unis étaient en excellente santé à la veille du krach) a décider de baisser la note de la Grèce. De là a éclaté une énorme campagne, exigeant que des mesures de bon sens soient prises. Le Président de la BCE, Trichet, affirme que les problèmes de la Grèce exigent « des mesures très difficiles, très courageuses, mais absolument nécessaires » (Financial Times, 11 décembre 2009). Visiblement, si les gouvernements ne peuvent pas dire à la BCE ce qu'elle doit faire, l'inverse n'est pas vrai. Angela Merkel se joint au choeur: « quand il existe des problèmes dans un pays avec le Pacte de Stabilité et de Croissance, qui peuvent seulement être résolus par la mise en oeuvre de réformes sociales dans ce pays, alors une question doit être soulevée naturellement: quelle influence doit avoir l'Europe sur les parlements nationaux, de manière à garantir que la marche de l'Europe ne soit pas être arrêtée » (euobserver.com, 10 décembre 2009). Mme Merkel dit en fait que la souveraineté national s'arrête aux frontières des grandes puissances de l'UE. Le Pacte auquel fait allusion la chancelière allemande prévoit des amendes pour les pays qui dépassent le déficit budgétaire de 3%, mais son application a été suspendue quand des pays comme l'Allemagne et la France ont commencé à être pénalisés. Le nouveau gouvernement « socialiste » grec a fit qu'il ne voulait pas diminuer les salaires, mais il se veut menaçant: « Si nous nous trouvions au bord du gouffre, nous réduirions les salaires de moitié, mais nous nous n'y sommes pas et nous battons énérgiquement pour ne pas en arriver là », a déclaré Papandreou (Financial Times, 11 décembre 2009). On ne parle pas ici des profits du grand capital. Naturellement, après les élections, ce sera au tour de l'Angleterre, dont le déficit budgétaire frôle les 14,5%. Et peut-être aussi du Portugal.

 

Cette offensive de classe au sein de l'Union Européenne est indissociable de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. C'est aussi pour cela qu'il a été imposé en cattimini et contre la volonté des peuples en Europe. Mais cette nouvelle mode, qui vise à couper dans les salaires de ceux qui travaillent, ne va faire qu'aggraver une crise qui est, au fond, une crise de sur-production. Le grand capital déclare la guerre aux travailleurs. Ce n'est pas un hasard si en Pologne, on finit par interdire les symboles communistes et que , dans toute l'Europe, on alimente à nouveau le racisme, le fascisme et l'anti-communisme. Pour les travailleurs et les peuples, il ne reste aucune autre voie que celle de la lutte. Dont les travailleurs grecs sont aujourd'hui [17 décembre] les acteurs.

 

Site d'Avante: http://www.avante.pt/

Retour à l'accueil