Libya3Le Parti Communiste des Etats-Unis dénonce le bombardement de la Libye et exige un cessez-le-feu immédiat

 

Communiqué du Parti communiste des États-Unis (CPUSA)


Aux partis frères, aux progressistes et au grand public

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le Parti communiste des États-Unis (CPUSA) déplore les attaques des forces Etats-uniennes, françaises et britanniques contre la Libye. Avec la projection de forces par les gouvernements des États-Unis et des autres pays de l’OTAN, la crise a été déclenchée par le gouvernement de la Libye quand des forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants désarmés appelant à la démocratisation, risquant de la transformer en une véritable guerre civile avec intervention impérialiste massive. En vertu d’une interprétation osée, intéressée du vote du Conseil de sécurité de l’ONU de jeudi, le 17 mars, plusieurs Etats-membres de l’OTAN, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, ont entamé un bombardement aérien et naval de la Libye, accroissant le danger de pertes civiles et militaires de tous les côtés, et menaçant l’intégrité de la Libye en tant que nation souveraine contrôlant ses ressources. Pendant que les avions de chasse Français et Britannique ont pilonné les cibles Libyennes, les États-Unis lors du premier jour ont frappé la Libye avec pas moins de 100 missiles tomahawks lancés depuis des navires de guerre, avec aucune issue à l’horizon.

 

En dépit des crimes et abus que trop évidents du régime de Kadhafi, une guerre civile avec intervention étrangère n’est pas dans les intérêts ni du peuple Libyen ni de celui Américain, ou de l’humanité en général, qui n’a besoin que de paix et de coopération entre les nations. La région du Moyen-Orient est une des plus conflictuelles et des plus instables au monde, et il existe un réel danger qu’une guerre civile en Libye puisse mener à l’extension du conflit. Cette situation doit être désamorcée également à cause du précédent dangereux qu’il crée pour une intervention de l’OTAN et/ou des États-Unis dans des situations de conflit interne dans le monde entier. Il suffit de rappeler les situations en Irak, en Afghanistan et en Yougoslavie pour percevoir comment de telles interventions militaires, menées sous des prétextes humanitaires, finissent par causer plus de morts, de souffrance et de destruction que les situations qu’elles étaient censées apaiser. Lors de son récent sommet à Lisbonne, au Portugal, l’OTAN a annoncé au monde entier qu’il projetterait ses forces armées bien au-delà de la région de l’ « Atlantique nord ». Clairement, la raison d’être de cette force n’est ni défensive ni humanitaire, mais plutôt de servir les intérêts économiques des pays capitalistes riches et des multinationales. Pour comprendre toute l’hypocrisie de la campagne belliciste actuelle, il suffit de demander : pourquoi pas d’intervention dans aucun des autres pays du Moyen-Orient dirigés par des tyrans et connaissant actuellement des révoltes populaires ? Pourquoi pas au Yémen, ou au Bahreïn ?

 

Nous sommes d’avis que l’intérêt particulier que trouve l’impérialisme à intervenir en Libye n’a à voir qu’avec la politique du pétrole. La Libye est un fournisseur majeur en pétrole de plusieurs pays de l’OTAN (en particulier l’Italie), et gère un secteur pétrolier nationalisé depuis 1969. L’insurrection actuelle en Libye est centrée sur la partie orientale du pays, où une grande partie de la production pétrolière de la Libye se trouve. Pour les puissances de l’OTAN, le fait de parvenir à contrôler substantiellement la production pétrolière de la Libye, même si ce n’est pas en la privatisant pour la livrer aux multinationales, pourrait avoir un impact sur des mécanismes tels que les quotas de production de l’OPEC. Les choses telles qu’elles sont, l’instabilité en Libye contribue à la hausse des prix du pétrole qui nous touchent aux États-Unis aussi.

 

Par ailleurs, la chute des régimes clients de Tunisie et d’Egypte, et l’ébranlement d’autres régimes dans la région comme au Bahreïn, au Yémen, au Maroc et ailleurs, affaiblit l’influence de l’impérialisme dans cette région cruciale. Nous ne pouvons pas exclure la possibilité que l’impérialisme voit dans la crise Libyenne un moyen de rétablir partie de son influence au Moyen-Orient.

 

Plusieurs Etats et organisations internationales, certaines d’entre elles ayant voté la Résolution du Conseil de sécurité, ou s’étant abstenu quand ils auraient dû voter « non » ou même opposer leur veto, ont désormais des doutes sur la sagesse des actions qui sont actuellement menées. La Chine, la Russie, la Turquie, l’Inde et la Ligue arabe, tout comme l’Alliance bolivarienne en Amérique latine ont tous critiqué les attaques contre la Libye. Nous espérons que le gouvernement états-unien, qui ne s’était à l’origine pas montré enthousiaste sur une action militaire afin de créer une zone d’exclusion aérienne en Libye, aura également de tels doutes.

 

Par conséquent, le CPUSA demande:

 

1 – Un cessez-le-feu immédiat entre toutes les parties concernées (le gouvernement Libyen, les insurgés et les puissances étrangères), sous surveillance de forces neutres.

 

2 – Un accord négocié qui préserve la souveraineté nationale Libyenne et le contrôle sur ses ressources naturelles, en particulier ses réserves et sa production de pétrole et de gaz, tout en répondant aux revendications du peuple Libyen de transformation démocratique de leur société et de leur système politique, et la fin de la répression contre les contestataires.

 

3 – Une protection pour la sécurité des couches vulnérables de la population de Libye, dont  les travailleurs immigrés étrangers piégés dans une situation dans laquelle ils ne sont pour rien.

 

4 – Une action internationale pour permettre la sortie de Libye des réfugiés dont la survie est menacée par la situation actuelle, plus l’accès à une aide humanitaire pour toutes les régions de la Libye, et le rétablissement des services d’électricité, d’internet et autres.

 

5 – Soutien de toutes les progressistes à la lutte du peuple Libyen pour ses droits syndicaux, des élections libres et démocratiques, la liberté d’expression, de presse et d’association et la fin de la répression.

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